Archéologie, Généalogie

Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /Sep /2008 00:00



Un travail minutieux et de longue haleine, comme cette jambière
en cours de restauration (Photo Var matin)

Le laboratoire de conservation, restauration et recherches du centre archéologique du Var, installé à Draguignan, sous la direction de Jacques Rebière, accomplit des miracles scientifiques alors que lui sont confiés des objets du passé, en provenance du monde entier, qu'il lui faut faire jaillir hors des outrages du temps.
Le laboratoire, qui va ouvrir ses portes au public lors des Journées du patrimoine, comprend cinq personnes. Mais tout le travail n'est pas accompli sur place. Ainsi, Frédérique Nicot, conservateur et restaurateur des métaux, est-elle actuellement, pour plusieurs mois, en mission à Arles, afin de travailler sur des objets prestigieux trouvés dans les eaux du Rhône et notamment un buste en marbre attribué à César (voir l'article du bas qui concerne cette découverte).

Les mêmes fouilles, datant de 2007, ont permis de mettre à jour des glaives romains dans leurs fourreaux, une barque en bois, de la vaisselle en bronze, une statue de prisonnier en bronze de 70 cm avec un genou à terre... Une exposition sera consacrée à la découverte, l'an prochain, en Arles. Ce trésor a été confié à la restauration du laboratoire dracénois. Quelle vitrine pour cet établissement !

Jacques Rebière envisage, avec la collaboration de la ville de Draguignan, d'organiser des visites de l'exposition pour le public. Puisqu'on ne peut pas voir à Draguignan les travaux du laboratoire effectués à Arles, autant transporter les Dracénois sur place. Le laboratoire s'assure désormais le partenariat de nombreuses structures et, localement, c'est le cas avec le musée des Arts et traditions populaires, dirigé par Alexandra Allione.
 (Note : un article sur ce musée paraîtra lundi dans mon blog).

"On veut aboutir à la conservation des savoir-faire, les ATP et notre laboratoire pourraient constituer des lieux de recherche et de référence", ajoute Jacques Rebière, très intéressé par les collections du musée provençal. Le laboratoire de restauration et de conservation constitue une vitrine fabuleuse du savoir-faire de ses spécialistes et s'il fallait le démontrer, il suffirait de voir le travail effectué par Françoise Mielcarek. Elle passe des heures à restaurer des objets découverts sur un site de fouilles à Aléria en Corse, dont des pièces étrusques (600 avant JC) et notamment les jambières d'un guerrier, qu'elle dégage, millimètre par millimètre, d'une couche couleur vert-de-gris. Elle révèle patiemment des motifs ciselés fabuleux. Les restaurateurs de métaux travaillent aussi sur des armes redoutables, des "machairas" d'origine ibère. Ces sabres en fer avec des inserts en acier, datés également de 600 avant JC, devaient être étudiés par les restaurateurs. C'est pourquoi ceux-ci se sont assuré la collaboration de forgerons marseillais contemporains, afin de reconstituer un fac-similé de l'arme, sur la base des objets d'origine, très abîmés. Les forgerons ont réussi à forger un "machaira", qui permettra au laboratoire de comprendre comment les guerriers de l'époque pouvaient manier ce sabre. Le fac-similé sera présenté à des escrimeurs actuels spécialisés dans les combats de gladiateurs.

"On va et on veut solliciter tous nos réseaux", martèle Jacques Rebière, qui veut faire connaître le travail et les compétences du laboratoire. Il faut savoir que les conservateurs et restaurateurs du centre archéologique s'interdisent, par déontologie, de modifier la structure même des objets qui leur sont confiés. Ils doivent faire apparaître la vérité sous la rouille et l'usure du temps, mais ne rajouteraient jamais une pièce à une relique du passé ou ne redresseraient jamais un sabre courbé ou ne superposeraient d'éléments modernes sur une structure antique.
On ne fait pas du neuf avec du vieux.
C'est une question de respect. Ce serait faire mentir l'histoire.

Dans le cadre des Journées du Patrimoine, le laboratoire de conservation, restauration et recherches du centre archéologique du Var, 19 rue Frédéric Mireur, accueillera le public samedi 20 de 14 à 17 heures et dimanche 21 septembre à 11 heures (visite guidée) et de 14 à 17 heures.

Source: Var-Matin - Edition du mercredi 17 septembre 2008.

Si vous désirez en savoir plus sur le Centre Archéologique du Var :
http://www.varcheologie.com/


Les trésors découverts par le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), il y a six mois dans le Rhône, sont désormais au Musée départemental de l'Arles antique. Notamment, le fameux buste de Jules César, probablement le plus ancien jamais découvert, réalisé de son vivant, grandeur nature. "C'est un César très réaliste, marqué par le temps. On voit une calvitie naissante et ses traits sont durs" explique Luc Long, le découvreur. "Il a probablement été jeté là après son assassinat."
Ce n'est pas la seule découverte majeure effectuée par son équipe. Il y a aussi des bronzes exceptionnels et d'autres marbres monumentaux. Une statue de Marsyas, plus tardive (IIIe siècle après J.-C.) et une autre, de Neptune, ont aussi été retirées de la vase. D'autres fragments, témoignages de la richesse arlésienne, tels des chapiteaux corinthiens ou un autel, ont également été sortis du fleuve. Dans quelques mois (en 2009, à l'occasion d'une exposition), le Musée départemental de l'Arles antique les présentera au public, en même temps que d'autres trésors, découverts au fil du fleuve : un casque de légionnaire, un glaive de bronze...


Le musée de l'Arles antique.
Note de Nadine : Ce musée est magnifique.
Je l'ai visité il y a quelques années, on y passerait des heures...

Car pour ces trésors qui ont dormi plus de 2000 ans dans le limon, le temps est venu, de passer entre les mains des experts. Immergés depuis des siècles, ces vestiges ont aujourd'hui un ennemi : l'air qui accélère souvent le processus de corrosion. C'est ce qui arrive au buste de Jules César, dont on sait aujourd'hui qu'il est en marbre de Paros. Ce qui permet d'envisager très sérieusement qu'il ait été contemporain de son modèle : "il y a des fissures, sans doute liées à des ferrures qui le maintenaient en place et qui, dans l'eau, se sont corrodées", relève Jean-Bernard Memet, docteur en corrosion marine, spécialiste de conservation préventive. Arlésien, il a installé ici l'un des rares laboratoires spécialisés en la matière, avec celui de Draguignan. Son rôle est de renseigner les restaurateurs sur les techniques utilisées et prévoir le temps de traitement. Et puis, comprendre comment, quand, et où ils ont été conçus".

Un vrai boulot d'enquêteur, qui utilise les techniques de la médecine de diagnostic et celles de la police scientifique : radiographie, scanner, endoscopie, biopsie, tout y passe, avec la complicité du Commissariat à l'énergie atomique du Centre de Cadarache, qui apporte aussi sa technologie de "mesures nucléaires non intrusives".


Car il n'est pas question de dégrader d'un poil ce buste de Jules César, ou ce Marsyas en bronze d'une finesse hallucinante par exemple, dont on ne peut dater le métal. "Mais on sait qu'il a été fait selon la méthode de la cire perdue, sur une base d'argile. Il est donc possible qu'il y ait encore d'infinies particules de terre que l'on peut dater ou localiser. On peut aussi, analyser le métal : selon la teneur en plomb ou en antimoine, on peut avancer une époque de fabrication", dit Jean-Bernard Memet. Ce travail va prendre de longs mois, avant que les restaurateurs ne se mettent à l'ouvrage pour protéger des temps modernes, ces vestiges précieux que l'on doit, pour l'heure, arroser sans cesse. Puis, courant 2009, Jules César, Marsyas, Neptune et autres seront en pleine lumière au musée. Les experts eux, resteront dans l'ombre : il reste des centaines de trésors à découvrir dans le fleuve.

Source: D'après un article paru sur La Provence.com

Note de Nadine: Un reportage sur ces découvertes dans le Rhône
doit passer à l'émission "Des racines et des ailes" prochainement.
Une première émission sur le même sujet avait été diffusée il y a quelques temps.


Par Nadine - Publié dans : Archéologie, Généalogie - Communauté : Passion Histoire
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Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /Juil /2008 00:00

Dans les minutes du notaire Jacques Garcin qui exerçait à Trans au début du XVIIe siècle, on trouve à la date du 21 septembre 1639, l'inventaire des biens d'un propriétaire transian, Isnard Pic qui venait de décéder.
C'était un propriétaire important qui possédait trois maisons, plusieurs "ferrages" (les ferrages sont des terrains fertiles destinés au blé ou aux plantes fourragères), des vignes, des oliviers et plusieurs jardins.


Au cadastre de 1640, il vient au neuvième rang parmi les plus imposés. Encore jeune, puisqu'à son décès la plupart de ses enfants étaient encore en bas âge, il avait été premier consul en 1627 et il avait exercé en 1636 les fonctions de trésorier, ce qui confirme sa situation aisée.

La maison où il vivait était située sur la place, en face de l'église. Elle se composait d'une étable au rez-de-chaussée, une "salle" et une petite chambre au premier, trois petites chambres au second, dont l'une servait de grenier et l'autre de fénière (grenier à foin).
La "salle" était non seulement la pièce où l'on prenait les repas, mais aussi celle où, à l'occasion, on recevait les amis et parfois le prêtre ou le notaire. Voici quel était son mobilier : une grande table en noyer avec ses tréteaux (les tables de l'époque étaient formées d'un plateau posé sur des tréteaux), une petite table avec un tiroir, trois tabourets et trois quaquetoires de noyers (les quaquetoires sont des chaises basses à dos très élevé et sans bras), deux "bancs escabeaux" et deux "escabelles" en noyer (sièges sans bras, bas et à trois pieds), deux grands chandeliers dont l'un avec villole (la villole ou vilhole est un lampion en verre qu'on place dans la bobèche d'un chandelier), un coffre et trois caisses, avec clefs et serrures.

Dans le coffre, il y avait la comptabilité "livre mémorial des affaires" et les papiers relatifs aux affaires traitées par Isnard Pic : vente ou prêt de blé, vente d'huile, encaissements de loyers, prêts d'argent... Le "livre mémorial" était écrit de la main d'Isnard Pic qui savait donc parfaitement lire, écrire et compter, ce qui était rare à Trans à l'époque.

Les trois caisses contenaient les vêtements du défunt et du linge : draps, nappes et serviettes, rideaux de lit, étoupe.
L'inventaire dénombre aussi le matériel de cuisine : une broche en fer, un jeu de landiers en fer (les landiers sont des chenêts), un "cumascle" (crémaillère) à trois branches, deux "oulles" en fer (marmites), une petite et une grande, deux "sartans" (poêles), un broc, une "dourgue" (cruche à bec), douze plats étain, douze "siettes étain" (assiettes) et huit "escudelles étain" (écuelles), un gros pot étain, deux autres pots et un demi pot, une "gresille" en fer (gril), une "ambre" (grosse bouteille) à tenir vinaigre, un "escandailh" à balance (balance romaine) et un gros "escandailh à vergue" (balance qui n'a qu'un bassin et dont le contrepoids marquait les "livres" sur le fléau tirant un quintal).
Dans une petite chambre, tout contre la salle il y avait un lit avec paillasse, matelas et "traversier" (traversin), ainsi qu'une couchette de pin avec paillasse, traversier et "couverte" (couverture) de laine demi usée.

 

Balance-romaine.jpg

 

Dans cette pièce, on trouve en outre pèle-mêle : une caisse contenant quelques figues sèches, une mesure pour le blé, douze vieux sacs, huit chemises du défunt, une "mastre avec son crabesel" (un pétrin avec son couvercle), deux chaudrons, un tamis, une jarre, deux demi tables à pain, soixante livres de chanvre, un "banaston aumarine" (une corbeille d'osier) avec quelques figues dedans, quatre livres de graisse...

Des trois pièces de l'étage supérieur, l'une servait de chambre à coucher, l'autre de grenier et la troisième de fenière (grenier à foin).
Dans la chambre à coucher, il y avait un lit de pin avec paillasse, matelas, tranversier et couverte de laine. On y trouvait aussi un sac avec deux charges de fruits et six jarres contenant onze coupes d'huile (soit 350 litres).
Le grenier contenait douze charges (environ 20 hectolitres) de blé, une charge (environ 160 litres) de "paumoule" (la paumelle est une espèce d'orge), de la graisse et des haricots secs.
Enfin, dans la fenière, se trouvait un peu de paille et différents petits objets. Le matériel agricole était entreposé dans une autre maison, rue du Pont (actuellement avenue de la Gare). C'étaient les outils habituels : "margau" (houe), "eyssade" (genre de houe), hache, "vibou" (grosse serpe).
Dans la cave, il y avait un matériel vinaire assez important, mais pas de vin pour "être sur la saison de vendange". Pour compléter le tableau, il faut signaler qu'Isnard Pic possédait deux ânesses et deux petites mules (citées dans l'inventaire).
 
Source : D'après un article de Maître Guillaume Barles paru dans la revue sur les traditions provençales Lou Terraïre. Article complété de mes propres connaissances.
 

 

Par Nadine - Publié dans : Archéologie, Généalogie - Communauté : Trans en Provence
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Mardi 1 juillet 2008 2 01 /07 /Juil /2008 00:30




A la vidaubade de dimanche dernier, j'ai rencontré ou retrouvé des ami(e)s généalogistes, je vous l'ai déjà dit dans mon article sur le sujet.
Or, je me suis rendue compte que beaucoup ont un site sur internet
et j'ai eu envie de vous en parler.
Je ne les mets pas dans un ordre particulier. C'est comme ils me viennent à l'esprit.
Je m'aperçois cependant qu'il y a beaucoup plus de messieurs que de dames.
Alors je commence par les dames.


Colette, Marie, Pierre, Mido et en arrière-plan, Marc Mathieu.

Marie qui nous a proposé cette vidaubade chez elle au coeur du massif des Maures.
"Au commencement du monde et non pas au bout du monde" comme dit Robert son mari.
Si vous voulez voir la généalogie de son mari qui est aussi mon cousin.
Et oui, entre généalogistes, quand on a des ancêtres communs, on dit qu'on est cousins ou cousines. Une réunion généalogique entre gens ayant les mêmes ancêtres s'appelle une cousinade.
Gros bisous à toi Marie.
http://gw5.geneanet.org/index.php3?b=rvms


Marie-Dominique dite Mido a fait un site tout récent sur
Les familles de Seillans
http://famillesdeseillans.free.fr/accueil.php
où tous ceux et celles qui ont des ancêtres à Seillans (83) pourront les y chercher.
Il est super ton site, je te l'ai dit.
Gros bisous à toi Mido.

Denise Benazet
a un blog sur over-blog qui s'étoffe de jour en jour.
Elle écrit des chroniques et raconte la vie de ses ancêtres.
Bravo Denise et bises à toi.
http://roukyben.over-blog.com/

Françoise dite Framboise de Méailles (04)
nous parle de la vie d'avant, de son village.
J'ai des ancêtres à Méailles et je la soupçonne d'en avoir de communs avec moi.
http://terredelumieres.hautetfort.com/
mais encore son nouveau blog
http://meailles.hautetfort.com/

Numa Vial vous accueille dans le site de sa généalogie familiale.
Il y a de très nombreuses rubriques très intéressantes qui valent le coup d'être parcourues et lues.
Petit clin d'oeil à toi Numa et bises de Trans.
http://numavial.club.fr/GENEAsite/index.htm

Philou de Marseille est partagé entre la généalogie et l'astronomie.
Il y avait Philippe d'un côté et Claudine de l'autre, la génalogie les a rapprochés
Et une superbe petite Manon est arrivée.
Gros bisous à tous les trois sans oublier Charles.
http://www.verlaque.com/philou

Claude de Cotignac que je ne connais pas mais
qui met gentiment des commentaires sous mes articles.
"Macao, Cotignac, Région, Provence, Littérature et... fantaisie !"
A découvrir en cliquant sur les écussons
et puis dans les différentes parties sur les abeilles.
Si vous voulez de la lecture, vous serez servis.
Avec de belles musiques.
Bravo à toi Claude.
http://www.cmacao.net/index.htm

Sébastien Avy, un cousin dont j'ai enfin fait la connaissance à la vidaubade.
Son site s'appelle : La page de Sébastien.
Histoire et généalogie en Provence et Comtat Venaissin.
Il est complet. On ne sait plus où donner de la souris tellement il y a de choses.
Bises à toi Seb.
http://sebastien-avy.phpnet.org/

Didier Verlaque vous permet de découvir son arbre et de parcourir ses relevés.
Une mine !
Bises à toi Didier.
http://releves.hd.free.fr/

François Barby dit le Grand Bwana
vous accueille sur son site de relevés.
Une autre mine !
http://fbarby.lagenealogie.org/


Marc Mathieu de la Cadière d'Azur
vous souhaite la "benvengudo" sur son site.
Il y présente une visite historiée de la Cadière ainsi que ses relevés en ligne.
Marc est mon cousin aussi.
Bises de Trans.
http://www.chez.com/borodur/

Francis Pelotier vous annonce d'entrée que vous êtes sur sa page.
Il se propose de "rapprocher de leurs racines ceux que la vie à éloignés".
Des tas de relevés à découvrir, des tas de trouvailles à faire.
Amitiés Francis.
http://francis.pelotier.free.fr/francis.html

Jean-Marie Desbois fait carrément un site sous forme de journal
en vous parlant des faits divers et des anecdotes relevés dans les archives.
Vous êtes sur "Généprovence".
Histoire et généalogie en Provence et dans les Alpes.
Très intéressant.
Amitiés Jean-Marie
http://www.geneprovence.blogspot.com/

Et enfin, Jean-Pierre Mesureux qui m'a demandé de mettre son site dans mes liens ce que j'ai fait bien volontiers.
Il vous accueille avec une citation de Jean-Jacques Rousseau :
"Nos passions sont les principaux instruments de notre conservation".
http://pagesperso-orange.fr/jpmesu/
Sans oublier le site de la Respelido Valetenco dont il s'occupe
http://www.respelido.new.fr/
Vous découvrirez que je suis tout en bas de sa page.
Amitiés à toi Jean-Pierre.


Numa Vial et Didier Verlaque discutant à la vidaubade

Je veux finir avec un texte que j'avais relevé à Manosque lors d'une exposition généalogique faite par le Cercle Généalogique des Alpes-de-Haute-Provence dont je fais partie. Ce texte raconte notre passion commune pour la généalogie.
Personnellement, cela fait 21 ans que je recherche mes aïeux. Je n'ai pas fini mon arbre généalogique et je sais bien que mes recherches ne seront jamais terminées, sauf le jour où je déciderai d'y mettre un terme. Mon grand-père maternel, Louis Rambaud est mort trop jeune pour l'entreprendre. Mais sa petite-fille a suivi son idée. Je sais que là où il est, il me voit et il est fier de ce que j'ai accompli. Il sait à présent que les ancêtres de ses grands-parents paternels se rejoignent au Revest-des-Brousses.
Louis Rambaud son grand-père a rejoint Philomène Michel sa grand-mère.
Sachez que la généalogie n'est pas une collection de noms et de dates mais bien la vie des hommes et des femmes qui ont fait ce que je suis, qui ont fait ce que nous sommes.
Pensez-y...


Voilà à présent le texte en question :



L'ARBRE


Comme un arbre qui s'enracine au plus profond de la terre, l'être humain a poussé à travers les siècles, issu d'une longue suite d'hommes et de femmes.
Avec ses feuilles, ses branches, son tronc et ses racines plongeant résolument dans les vieux terroirs d'autrefois, l'arbre généalogique fait rêver !
Chacun de nous est un rameau de cet arbre immense qui nous relie à tous ceux qui nous ont précédés.
Nous sommes frères par nos ancêtres communs et le souci de rechercher ses propres racines est une célébration de cette fraternité naturelle.
Nul ne pouvant ré-écrire l'histoire jamais la généalogie ne nous permettra
d'obtenir des aïeux "à la carte".
Mieux vaut donc se préparer à les accepter tels qu'ils furent. Et ils sont bien plus souvent parmi les "petits et les sans grades" que parmi "les grands".
Même si La Bruyère a écrit que... dans toute lignée, nous descendons d'un roi et d'un pendu".
Que nos prédécesseurs en ce monde aient été saints ou pécheurs, qu'ils aient été célèbres ou obscurs, nous leur devons le même respect, nous leur devons fidélité !




 

Par Nadine - Publié dans : Archéologie, Généalogie - Communauté : Généalogie Provence-Languedoc
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Mardi 24 juin 2008 2 24 /06 /Juin /2008 00:00

 

Une partie des généalogistes présents (Photo Nadine)


Que faut-il pour faire une bonne vidaubade ?
Vous prenez... des passionnés de généalogie.
Vous les mettez dans un endroit tranquille, à l'ombre, dans la campagne.
Vous les réunissez chez des gens charmants : Marie et Robert.
Vous leur dites que ce jour-là généalogie et pique-nique feront bon ménage.
Vous convenez donc d'un jour et vous lancez les invitations.
Ensuite, vous n'avez plus qu'à attendre qu'ils arrivent.
A partir du moment où ils sont là,
vous êtes sûrs que plus rien ne compte pour eux.
Le monde peut s'arrêter de tourner.
Eux, ils sont dans le leur.
Ils se retrouvent, ils se reconnaissent ou font connaissance.
Puis, ils branchent leurs ordinateurs, ils se mettent à parler de leurs ancêtres,
ils échangent des renseignements, des tuyaux... Ils parlent informatique.
Et les voilà partis pour passer une excellente journée.
Et ça papotte, et ça papotte et surtout ça travaille !
Et hop, une pincée d'ancêtres par-ci et hop, une autre par-là.
Bienvenue chez les mordus de la généalogie.

 

Diaporama réalisé avec mes photos
mais aussi avec celles des participants à cette réunion


Dimanche 22 juin, nous nous sommes donc retrouvés quarante cinq à Vidauban.
D'où le nom de Vidaubade. Il faisait un temps magnifique, il faisait chaud. Marie et Robert habitent en pleine campagne. Croyez-moi qu'ils n'ont pas intérêt à oublier le sel quand ils vont faire les courses. Au programme, généalogie et pique-nique, je vous l'ai déjà dit. Il y avait des varois, des marseillais (terme général que j'emploie ici pour qualifier les habitants des Bouches-du Rhône pour ne pas dire bucco-rhôdaniens, je ne veux pas froisser les susceptibilités), des gens des Alpes-Maritimes et même une dame qui venait de l'Isère et oui, il faut être mordus comme nous, je vous le dis, n'est-ce pas Jacqueline ?). Chacun avait apporté ses affaires, son ordinateur portable et surtout ses données généalogiques. Car comment faire des échanges et des trouvailles sans cela ? En préambule : généalogie à gogo.
Ensuite, à midi, ce fut l'apéritif offert par nos hôtes, puis le pique-nique proprement dit. Croyez-moi, on pouvait tenir le coup ! Le clou : les gâteaux préparés avec amour par Robert, Marie et d'autres invités. Voir la photo ci-dessous, miam, miam...
Au cours de l'apéritif, Philippe nous a présenté la généalogie de Lili des Bellons d'après les recherches faites par lui-même et Didier.
Pour savoir qui était Lili des Bellons et voir sa généalogie, cliquez (ici)


Oh, les beaux gâteaux ! (Photo Nadine)

Après le café et le pousse-café pour certains, re-généalogie. Car après tout, nous étions venus pour cela. Trouvailles, découvertes et bavardages furent au rendez-vous.
Vers 17 heures, les premiers ont commencé à partir.
Nous, nous sommes restés jusqu'à la fin et nous avons repris le chemin vers 18 heures.
J'étais heureuse et ravie d'avoir revu des ami(e)s, des cousin(e)s, fait la connaissance de personnes avec qui nous discutons sur les forums de généalogie sans se connaître, d'avoir mis enfin un visage sur un nom...
J'ai repensé aux réunions que j'organisais moi-même à Trans, dans une salle prêtée par la mairie. C'était il y a quelques années... J'ai la nostalgie de mes activités passées.

Conclusion : tout le monde a été enchanté de cette journée conviviale et sympathique.
Merci infiniment à Marie et Robert pour ce formidable rassemblement et surtout merci pour toute la peine que vous avez eu à préparer tout cela.
Je sais de quoi je parle.
Gros bisous à mes cousins et cousines,


Par Nadine - Publié dans : Archéologie, Généalogie - Communauté : Généalogie Provence-Languedoc
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Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 00:00

 

Voici la suite du récit de ma cousine Marie-Madeleine AGNES concernant un autre épisode de l'histoire de notre famille :

"En direction de Draguignan, sur la rive gauche de la rivière, c'est la colline qui borde le Plan, nom que porte la vallée à partir de la presqu'île lorsque les eaux de la Foux rencontrent celles de la Nartuby.
L'après-midi, je vais à Saint-Victor avec ma grand-mère. Saint-Victor, c'est d'abord pour moi "un oratoire" à la bifurcation d'un chemin de la colline avec celui du Peybert. Une peinture naïve réprésente le jeune saint revêtu de la robe blanche des élus. Une auréole atteste sa gloire dans le ciel. Nous l'honorons d'une halte et je renouvelle volontiers, par des scabieuses et des immortelles, les fleurs fanées, oubliées devant son image.


Oratoire de Saint-Victor (Photo Nadine)

A deux kilomètres de là, en lisière des oliviers, une chapelle lui est dédiée. Soldat de la légion romaine, Victor subit le martyre au début du IVe siècle et ses reliques reposent toujours dans la crypte de l'abbaye de Marseille qui porte son nom. Nous ne montons jamais jusqu'à la chapelle pourtant si attirante avec sa façade blanche, son bouquet de pins et le pur élan d'un cyprès.
Notre Saint-Victor à nous est beaucoup plus près. A moins de trois cents mètres de l'oratoire. Arpent de colline ensoleillé, aménagé en terrasses (restanques ou faïsses) par les anciens pour apprivoiser l'olivier, accueillir le figuier et maîtriser le pin sur les hauteurs.
Le printemps y renouvelle la sauge et le thym. Août y voit fleurir la sariette qui porte en provençal le joli nom de pèbre d'aï, poivre d'âne. Illuminé par la gloire d'un chêne, l'automne s'y attarde, calme et serein. L'olive y mûrit en décembre et, au fil des saisons, le mistral y respire tout à fait chez lui. L'horizon s'élance à l'ouest vers le haut pays de Montferrat, toujours bleuté dans les lointains. A l'est, au-delà du village, il annonce discrètement la mer. Sur la plus haute terrasse, face au midi, s'élève une petite bâtisse en pierre. Elle regarde la rivière et le Plan. Ses dimensions sont fort modestes : 3 mètres sur 2.50 mètres. Sa toiture, recouverte de tuiles provençales, est inclinée sur une seule pente à l'italienne.
Une étroite fenêtre sans vitre ni volet n'a d'autre protection qu'une branche de chêne en guise de barreau. Un seul luxe : la clé magnifique de sa lourde porte. La petite bâtisse sert d'abri pendant un orage. Grand-mère y range les outils, y rassemble les claies pour sécher les figues. L'hiver elle y dépose les sacs d'olives avant de les transporter au moulin. L'été venu, elle lui confie la "dourgue que gardo fresco l'aigo dou pous" (la cruche qui garde fraîche l'eau du puits). Cependant, contre toute apparence, cet arpent de colline, terre de labours est un Haut Lieu. Et la petite bâtisse aux outils un Sancturaire. Comme autrefois en l'étable de Bethléem, Notre-Dame y a trouvé refuge et y demeure. Sculptée dans du noyer, oeuvre du XVIe siècle, cette vierge couronnée porte l'enfant sur son bras gauche. En robe pourpre et manteau bleu, elle transfigure l'humble bastide provençale où, de sa niche elle regarde paisiblement couler le temps. Sa présence, à la fois mystérieuse et familière, m'attire.
Liée aux évènements de l'Histoire, son arrivée sur la colline est un exploit digne de ceux de "l'armée des ombres" et pourrait figurer sur le livre d'or de la Résistance. Il remonte aux jours cruel de la Révolution et grand-mère, consciente de ma transmettre un héritage me le raconte sans oublier aucun détail.
Son jeune héros appartient à la lignée des Bertrand. Pour m'éclairer, elle précise :
- Ero moun segne grand (c'était mon grand-père)".


Nadine
: Pour moi, c'est le grand-père de François Bertrand dont je vous ai parlé hier, donc mon septaieul. Il s'appelle Jean Bertrand. Il est né le 22 février 1763 à Draguignan et est décédé le 24 août 1820 à Trans. Tiens, je suis née un 24 août...



Notre-Dame de Saint-Victor

"De quoi m'abasourdir ! Comment imaginer un jeune homme vieux car il était vieux puisque c'était un grand-père... Je n'ai pas le temps de résoudre la problème...
Grand-mère évoque comment sous l'impulsion de Paris, en vagues terrifiantes, les violences et les profanations ont gagné les campagnes. La statue de la vierge à l'enfant est enlevée de l'église et abandonnée dans le canal des Vignarets. Pour "Elle" vont s'affronter les fils du même village : ceux qui défendent l'honneur de Dieu en dépit de l'injustice des hommes. Et ceux qui défendent la justice au mépris de l'honneur de Dieu. En pleine nuit, bravant les risques et déjouant les rondes, le jeune Bertrand se dirige vers le canal, rampe sur la berge et à tâtons retrouve la statue. Il la dissimule dans un sac et réussit à la transporter sur la colline. Arrivé à la pauvre bâtisse, il l'enfouit sous un tas de foin. le jour suivant pour plus de sécurité, avec une provision de bois d'olivier, il masque le refuge et le rend inaccessible.

Tournent les ans, passe le temps.

A l'abri des révolutions parisiennes et de leurs remous dans les provinces, ignorée de tous, Notre-Dame vécut hors du temps et son souvenir s'effaça de la mémoire des gens du village. Ceux qui avaient participé aux évènements de 1793 s'étaient l'un après l'autre endormis. Grand-mère sait tout cela mais elle ignore qui de son grand-père (Jean Bertrand) ou de son père (Louis Bertrand) a pris la décision de libérer la statue et d'aménager le refuge en sanctuaire. Elle ne saurait dire qui a creusé la niche et décoré les murs de fleurs de lys et d'égantines dont je devine encore quelques coroles à demi effacées. Depuis son enfance, elle a toujours vu Notre-Dame régner à la même place et la petite bâtisse rendre les mêmes services qu'aujourd'hui.

Tournent les ans, passe le temps.

A la mort de son père, le patriarche aux douze enfants, dans l'émiettement de l'héritage, Madeleine Bertrand reçoit la terre de la colline. Ses enfants, Julie, Auguste et Fine (Joséphine Testa, sage-femme à Draguignan) y cueillent à leur tour les olives et ce sont eux qui renouvellent au pied de Notre-Dame, le bouquet d'immortelles de la Saint-Jean.

Tournent les ans, passe le temps.

Madeleine Bertrand est devenue ma grand-mère et me voilà aujourd'hui insérée à ma place, dans le cortège des générations".



 

 

Notre-Dame de Saint-Victor (Photo Nadine)

Nadine : J'arrête là le récit de la cousine Marie-Madeleine. Sachez que par la suite, à la vente du terrain, elle a emporté la statue de Notre-Dame chez elle à Toulon. Puis, à son décès, ses enfants, ont décidé de restituer la statue à la paroisse de Trans en Provence. Deux cents ans plus tard, en mai 1993, au cours d'une cérémonie à laquelle nous avions été conviés en tant que descendants de Jean Bertrand, la statue a réintégré sa place dans l'église. Elle porte désormais le nom de Notre-Dame de Saint-Victor. Je suis fière de cet acte de bravoure accompli par mon ancêtre et je ne manque pas de temps à autre, de rendre visite à Notre-Dame.

Par Nadine - Publié dans : Archéologie, Généalogie - Communauté : Généalogie Provence-Languedoc
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