Architecture, Habitat

Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /Avr /2009 00:00



Qui mieux que le cabanon symbolise l'habitat traditionnel provençal ?
La majorité des cabanons apparaissent implantés en lisière des espaces cultivés ou en frontière des parcelles. Ils se présentent, soit trapus ou étirés mais sur un niveau, soit avec un étage qui sert presque invariablement à l'homme. Qu'ils soient exigus ou presque spacieux, ils cumulent souvent les fonctions d'étable, de remise, de resserre et d'abri. Une zone ombragée, une réserve d'eau, se trouvent à proximité immédiate de ces cabanons. Là s'arrêtent les certitudes car tout édifice isolé qui présente ces caractéristiques n'est pas obligatoirement conçu comme un cabanon. Tel propriétaire vous dit : "c'est ma campagne" et une aura de résidence secondaire enveloppe aussitôt les lieux dans votre esprit.
La confusion règne aussi entre petite bastide et grand cabanon et le critère d'habitat permanent ou temporaire n'est pas assez fort pour résoudre le problème...
Il faut en fait se placer du point du vue de l'utilisateur pour évaluer l'ampleur des statuts revêtus par le cabanon. Refuge pour le cultivateur et ses bêtes, unité de production secondaire (pigeonnier, potager, verger...), halte pendant la période de chasse, base pour des opérations importantes comme la moisson ou les vendanges, but de sortie pour la famille et les amis... c'est tout cela le cabanon.
La vocation agricole première se voit doublée de vocations multiples qui en arrivent à la supplanter, surtout aux abord des villes (par exemple les cabanons marseillais). Quoiqu'il en soit, le cabanon reflète son bâtisseur, son rang, son esthétique, sa conception du confort et du travail.


S'ils se raréfient en terrain accidenté ou en milieu forestier, les cabanons sont toutefois présents jusqu'à l'orée du territoire du village. Des vestiges de terrasses de culture (restanques) justifient souvent cette présence même en des quartiers encaissés ou perchés, d'accès difficile ou d'approche longue. Selon les endroits, les dispositifs qui facilitent le séjour (citerne, silo, placards, lavoir, enclos pour les bêtes) se multiplient. Ce n'est pas une règle systématique bien sûr. Il y a alors des cas où l'unité cabanon se trouve noyée dans des structures annexes ou complémentaires d'où les noms de jas (je vous en ai parlé dans cet article, cliquez ICI) ou de bergerie qui s'appliquent au bâtiment.


Il faut donc admettre que le cabanon typique de la plaine colonise aussi des endroits considérés comme ingrats à la culture et même impropres à l'élevage tels que les vallées profondes et obscures. Il suffit d'un replat mieux exposé au soleil, d'un lopin de terre facile à cultiver pour qu'un cabanon y soit érigé.
Celui-ci peut alors devenir troglodyte en tirant profit des rochers, fissures ou parois de falaise, mais aussi implanté dans les murs des restanques. Ces cabanons sont souvent plus aptes à être utilisés pour les activités artisanales (coupes de bois), les activités secondaires (pour la chasse) ou ludiques (pour des réunions masculines). Il n'est pas rare de découvrir en pleine colline un de ces refuge avec sa cheminée à manteau mouluré, ses crépis peints, ses placards et ses réserves d'eau.


Hélas, le sort de ses constructions est actuellement voué à l'abandon, la démolition ou la transformation en hangar ou maison de vacances.
Il disparaissent physiquement ou bien perdent leur forme et leur âme. Tout cela est bien dommage. Personnellement, je déplore cet état de chose. Il faudrait pouvoir les conserver, les rénover si nécessaire, car ils font partie du patrimoine légué par ceux qui nous ont précédés.
Ils font partie de nous. Ils sont notre culture.

Source : D'après un article paru dans l'Almanch pittoresque et pratique du Var - 1996. Texte arrangé par moi-même.



Par Nadine - Publié dans : Architecture, Habitat - Communauté : Petit patrimoine
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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /Avr /2009 00:00



Il fut un temps où la blancheur du linge avait plus d'importance que l'hygiène corporelle. Si l'on cachait sa crasse, l'on se devait d'exhiber des chemises immaculées. Autour des lavoirs publics, les blanchisseuses encore appelées bugadières (du provençal bugadiero) avaient la meilleure arme : le savon de Marseille (lire mon article sur le savon de Marseille ICI). S'il n'a pas été inventé dans cette ville, ce savon y a cependant acquis sa réputation dès le XVIIe siècle, en particulier grâce à l'huile d'olive qui participe à sa composition.


Pauline Bonaparte par François-Joseph Kinson (1808)

Au milieu du XVIIIe siècle, le bain entrait dans les moeurs grâce à l'élite aristocratique qui copiait Versailles, renouant ainsi avec les habitudes romaines des thermes publics en vigueur jusqu'au Moyen Age. On venait même de loin prendre les eaux à Gréoux (aujourd'hui Gréoux-les-Bains dans les Alpes de Haute-Provence) comme Pauline Borghèse, la plus belle des soeurs de Napoléon Bonaparte et sa préférée, qui exigea l'installation d'une baignoire en marbre au château de la Mignarde, bastide axoise où elle logeait (lire le complèment à propos de la Mignarde en bas de l'article).


La baignoire de Pauline Borghèse à la Mignarde

Les pièces particulières dévolues aux douches, cabinets de toilette et baignoires commencèrent à se généraliser au début du XXe siècle et, avec elles, de nouveaux meubles et de nouveaux accessoires.
Parallèlement, les machines à laver se sont développées, reléguant lavoirs et bugadières à la mémoire collective alors qu'on use et abuse de la poudre à laver qu'un savonnier marseillais adapta à cet usage. Nos voisins grassois, longtemps spécialisés dans les extraits de parfum, prirent le tournant de cette nouvelle mode en lançant de nouvelles gammes de cosmétiques aux arômes de Provence (lire mon article sur "L'histoire du parfum" et Grasse ICI).

Source : D'après le livre L'âme des maisons provençales - Editions Ouest-France.

Complèment sur la bastide de la Mignarde

 Sur la route des Pinchinats (quartier situé au nord-est de la ville d'Aix-en-Provence) se trouve le château de la Mignarde, construit vers 1670. Il fut acquis par Gabriel Mignard, confiseur du maréchal de Villars, en 1766. Après sa mort, sa veuve sollicita du fontainier Féraud de trouver une source, ce qu'il fit à l'est du domaine. Son fils, Sauveur Mignard, fut ainsi en mesure d'aménager un jardin à la française et de faire de la propriété une "villa à l'italienne".


Ce château est surtout réputé pour avoir abrité la liaison entre

Le château de la Mignarde fut acquis en 1858 par Émile Rigaud maire d'Aix-en-Provence (18491863).

Pinchinats : l'étymologie du nom de ce quartier vient du provençal penchinat, désignant les ateliers de peignage qui y étaient établis au Moyen Âge. Ces ateliers nécessitaient une eau abondante et pure. La vallée des Pinchinats est considérée comme le "château d'eau de la ville d'Aix".
A noter que Pinchinat est aussi un nom de famille très ancien.

Source : Wikipédia - l'encyclopédie libre


Pauline Borghèse, la soeur de Napoléon, et Auguste de Forbin, jeune aristocrate aixois. La tradition veut que, au château de la Mignarde, Pauline Borghèse ordonnait de faire battre les mares pour effrayer les grenouilles dont les coassements gênaient son repos. En outre, elle prenait des bains de lait d'ânesse (dans la fameuse baignoire). Lors d'un nouveau séjour à Aix, en 1813, elle rompit sa relation avec Auguste de Forbin. Celui-ci devint directeur des Musées royaux, fonction qu'il exerça jusqu'à sa mort, en 1841.

Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Architecture, Habitat - Communauté : Provence Passion
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Vendredi 9 janvier 2009 5 09 /01 /Jan /2009 00:00



La porte aux atlantes (Photo Nadine)


C'est au cours d'une promenade à Fréjus, un dimanche après-midi, que j'ai découvert cette magnifique porte. Elle témoigne de la richesse de notre patrimoine architectural. Il faudrait cependant la restaurer pour lui rendre son allure d'antan.
On l'appelle "la porte aux atlantes". Il s'agit de la porte d'entrée monumentale d'un hôtel particulier du XVIIe siècle, construit par le Lieutenant Général de l'amirauté de Fréjus, François Vaixière qui occupa cette charge de 1665 à 1687.
Elle tient son nom "atlantes" (du nom du géant Atlas qui fut condamné par Zeux a porter la voute céleste sur ses épaules pour toute l'éternité) des deux personnages masculins qui supportent l'entablement de style baroque, rappelant l'art monumental de la mode aixoise (de la ville d'Aix en Provence). Ces figures sont dites "engainées" car leur partie inférieure est prise dans une gaine, socle plus large en haut qu'en bas.
En architecture, le cariatide ou caryatides est une statue de femme ou d'homme servant de support, de colonne. Lorsque ce rôle est tenu par une statue d'homme, on la nomme plutôt atlantes comme cette porte.

Par Nadine - Publié dans : Architecture, Habitat - Communauté : Gargouilles, cariatides....
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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /Nov /2008 18:12

 

 


Carte postale Provence - Collection personnelle de Nadine 

 

Le bleu charrette n'est pas vraiment originaire de Provence, mais il y est tellement présent qu'on pourrait le croire. Venant d'une région comprise entre les villes de Toulouse, d'Albi et de Carcassonne, un "triangle d'or" en quelque sorte, il est tiré d'une plante crucifère appelée Isatis tinctoria ou pastel. On le prépare en trois étapes. D'abord, on fait macérer le feuillage, puis ensuite on laisse la décoction s'oxyder, et enfin on recueille le précipité.

Les paysans d'autrefois, à défaut de fabriquer eux-mêmes leur couleur, récupéraient les fonds de cuve des teinturiers et en badigeonnaient les charrettes, les volets, les fenêtres et les portes des bastides. Encore plus que l'effet décoratif, c'est la vertu répulsive de la peinture qui était recherchée car elle éloigne en effet les insectes et les moustiques.

 

Source : Un an en Provence - Almanach 2009 - Edisud

 

Voir mon album-photos Provence bleue  

N'oubliez pas les commentaires sous les articles

cela me fait plaisir et me remonte le moral.

Merci à vous !

    

 

 

 

Par Nadine - Publié dans : Architecture, Habitat - Communauté : Provence Passion
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Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 00:00

 


La Provence Verte est composée de 37 villages du Centre Var.
Ce sont : Barjols, Bras, Brignoles, Brue-Auriac, Camps la Source, Carcès, Châteauvert, Correns, Cotignac, Entrecasteaux, Esparron de Pallières, Forcalqueiret, Garéoult, La Celle, La Roquebrussane, Le Val, Mazaugues, Méounes les Montrieux, Monfort sur Argens, Nans les Pins, Néoules, Ollières, Le Plan d'Aups, Pontevès, Pourcieux, Pourrières, Rocbaron, Rougiers, Saint Antonin du Var, Saint Martin de Pallières, Saint Maximim, Sainte Anastasie sur Issole, Seillons Source d'Argens, Tavernes, Tourves, Varages et Vins sur Caramy.
Il y a quelques jours, nous sommes allés nous promener en famille à Carcès. J'ai été littéralement emballée par les belles façades recouvertes de tuiles vernissées de certaines maisons devant lesquelles nous sommes passés. C'est je pense quelque chose de particulier à ce coin du Var, car vers Draguignan, on n'en voit pas.


Façade vernissée (Photo Nadine)

Voilà ce que j'ai pu apprendre sur ces tuiles :

Certaines façades de maisons ou de grands bâtiments, dans le centre des vieilles villes ou dans la campagne ont la particularité d’être entièrement couvertes de véritables écailles. Appelées ainsi pour l’aspect qu’elles ont, collées les unes aux autres, ces tuiles écailles plates colorent encore quelques pans de murs. Brutes ou souvent vernissées, elles sont apposées sur les façades situées du côté exposé à l'est pour protéger des infiltrations mais aussi du froid et du mistral qui est glacial et qui vous transperce.
La fonction esthétique n’est cependant pas à rejeter puisque l’on voit fréquemment une multiplication des couleurs de ces tuiles, alors utilisées pour faire des formes géométriques décoratives. Elles rejoindraient de ce  fait la tradition des tuiles vernissées de Bourgogne. Pour ce qui est de La Provence Verte, peu d’informations existent sur l’époque d’origine de ces tuiles et sur leur lieu de fabrication. Difficile donc de dire si elles étaient fabriquées à Salernes, grand centre de céramique, réputé surtout pour ses tomettes, ou dans des tuileries plus locales. Elles datent vraisemblablement du XVIIIe siècle. Elles sont entretenues par les propriétaires des maisons sur lesquelles on peut les voir.
Elle constituent un véritable patrimoine du Var comme beaucoup d'autres choses dont je vous parle tout au long de ce blog.

 
Autre façade, autres couleurs (Photo Nadine)

 
Détail de ces tuiles en écailles (Photo Nadine)

Par Nadine - Publié dans : Architecture, Habitat - Communauté : Provence Passion
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