Coutumes, Mode de vie, Traditions

Mardi 29 avril 2008 2 29 /04 /2008 00:00

 

En Provence, la cérémonie des relevailles était plus qu'indispensable ; on considérait qu'elle avait une telle importance que même si l'enfant mourait en couches, la mère dépossédée de son enfant devait respecter le temps d'isolement et ne réintégrer le monde social qu'après avoir été à l'église se faire relever.
Si son enfant était bien portant et qu'elle négligeait l'usage des relevailles, les pires malheurs ne tarderaient pas à s'abattre sur le nouveau-né qui serait assurément la proie des mauvais esprits.
Lorsqu'une femme mourait en couches, son époux devait organiser les relevailles de la défunte. Le premier jour où l'on sortait l'enfant, on procédait au simulacre des relevailles de sa mère ! La famille négligeait-elle cet usage, la défunte était condamnée à errer sur terre pendant des années avant de gagner le Paradis.
Il arriva un jour qu'un homme perdit sa femme en couches. Son veuvage terminé, il épousa une jeune fille en secondes noces. Or, toutes les nuits, un tapage épouvantable se faisait entendre dans la chambre des nouveaux mariés. Une commère finit par leur faire comprendre qu'il s'agissait de la morte qui venait faire du tapage pour qu'on procédât à ses relevailles. Ce qu'on fit. L'accoucheuse et la marraine se rendirent à l'église, entourant l'absente et s'adressant à elle de temps à autre. La cérémonie terminée, tout rentra dans l'ordre.
La cérémonie des relevailles se déroulait en l'absence de toute personne masculine, hormis le curé bien sûr. L'accoucheuse et la marraine de l'enfant étaient toujours présentes en cette occasion. D'autres femmes pouvaient se joindre à elles et c'était souvent le cas. Parentes et amies de l'accouchée, toutes étaient là pour participer à cet heureux événement. La sage-femme et la marraine se rendaient au matin chez l'accouchée pour l'accompagner à l'église. Le petit cortège qu'elles formaient avait son rituel : l'accoucheuse portait l'enfant en faisant reposer la tête de celui-ci sur son bras droit. La mère marchait du côté de la tête de son enfant. La marraine, elle, se plaçait du côté des pieds du nouveau-né. Suivaient ensuite les autres femmes, par ordre de parenté. Sur le chemin, la jeune mère qui sortait pour la première fois dehors depuis plusieurs jours regardait avec attention autour d'elle... car le sexe de son prochain enfant dépendrait de celui de la personne qu'elle rencontrerait en premier !

Par Nadine - Publié dans : Coutumes, Mode de vie, Traditions - Communauté : Traditions et maintenance
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Vendredi 18 avril 2008 5 18 /04 /2008 00:00



Les pénitents étaient des fidèles qui, dans les provinces méridionales se regroupaient en confréries pour remplir certains devoirs de dévotion et de charité, comme de chanter dans les offices divins dans une chapelle qui leur était propre, d'ensevelir les morts, d'assister les malades, de faire des processions...
Ces pénitents étaient revêtus de blanc, de  noir (ceux-ci étaient les plus répandus), de rouge, de violet, de bleu, de gris (les plus humbles).
Les premières confréries de pénitents apparaissent à la charnière du XIIe et XIIIe siècle (par exemple, celle des pénitents blancs de Montpellier remonte à 1230).
Elles sont nées de la dévotion des fidèles laïcs eux-mêmes, sans être une institution ecclésiale, même si, plus tard, les évêques se soucièrent de leur existence. Avec le temps, elles connurent une grande extension en prenant la suite des confréries que suscitèrent au XIII ème siècle Saint François d'Assise, Saint Dominique et les Ordres mendiants. 
 Elles avaient certains traits communs avec les compagnies de flagellants (1), d'autres aux tiers-ordres franciscains, mais leur grand essor date plutôt des guerres de religion et du temps de la contre-réforme.
Très souvent, la confrérie unique était une confrérie de blancs. Ensuite, s'il y en avait plusieurs, c'étaient des noirs, des rouges, etc... 
Les pénitents noirs se trouvaient surtout en Picardie et dans le nord de la France, les pénitents bleus, en Languedoc et Dauphiné, les pénitents blancs à Lyon et en Avignon, sans que ces couleurs soient normatives de la région.
Au 17ème siècle, dans le département du Var actuel, sur 129 confréries, on recensait 84 blanches, 19 noires, 8 bleues, et 7 grises. A Toulon, la confrérie de saint Eloi regroupait les maîtres serruriers, les couteliers, les chaudronniers, les maréchaux-ferrant, les lanterniers, les fondeurs et les selliers.
A l'occasion de la fête du saint patron de la confrérie, cette association religieuse, fraternelle et caritative se rendait en procession à l'église ou à la chapelle qui était la sienne. La Provence en conserve de merveilleuses qui méritent toutes un détour.
Les titres les plus fréquents étaient principalement des noms de saints ou des titres du culte marial. C'est ainsi qu'il y eut les confréries de Notre-Dame, de Saint-Jean, de Saint-Roch, de Saint-Sébastien, de Saint-Antoine, de Saint-Eloi, de Saint-Pons, du Saint-Esprit, etc...




L'égalité entre pénitents se marquait par le port de l'habit de pénitent. Pour défiler en public, lors des cérémonies religieuses, ils revêtaient une aube, dite parfois "sac", surmontée d'une cagoule percée seulement de deux trous pour les yeux.
La règle habituelle était l'anonymat des membres. Les pénitents se considéraient comme des frères, sur un même pied d'égalité, nobles, bourgeois, artisans, ouvriers. De toutes les obligations decharité, la principale, la plus suivie était celle qui s'exerçait à l'occasion d'obsèques. Les pénitents s'obligeaient à porter en terre leurs confrères décédés et s'engageaient souvent à enterrer gratuitement les indigents et les suppliciés.
Mieux encore, ils acceptaient de figurer moyennant paiement, au cortège funèbre des profanes qui voulaient procurer plus de lustre à la cérémonie.
Dévotion, moralisation, pratique enfin du devoir de charité, tels étaient les buts de l'institution des pénitents. C'est au XVIIIe siècle que l'on vit la décadence de cette institution et sa suppression à la Révolution.
Cependant, de nos jours certaines confréries subsistent toujours. Leurs processions sont devenues parfois de véritables spectacles folkloriques qui attirent les foules, à Sartène en Corse, comme à Séville en Espagne. Ce qui ne veut pas dire que les membres de ces confréries n'en vivent pas les buts essentiels et ne les mettent pas en pratique.
D'autres se sont renouvelées, ont même retrouvé ce qui était leur raison d'être ; être des associations de laïcs chrétiens, proches de leurs concitoyens, vivant ainsi une fraternité évangélique toute simple. Il existe encore de nombreuses confréries dans le sud de la France, Côte d'Azur (anciennement comté de Nice), Pays catalan, Corse, Espagne et Italie.

(1) Flagellants : membres de confréries qui se livraient à la flagellation (mortification) au XIIIe siècle. Ils furent interdits au XIVe siècle.

Source: Article inspiré par un chapitre consacré aux pénitents dans le Livre sur Les Arcs sur Argens - Du passé au présent - Association "Les amis du Parage" -
Février 2005.


Par Nadine - Publié dans : Coutumes, Mode de vie, Traditions - Communauté : Provence Passion
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Mercredi 2 avril 2008 3 02 /04 /2008 00:00

 

Bonjour-a-tous

 

  C'est après être allée rendre visite à mon ami Christian de Nissa qui parle du chauvinisme provençal, que j'ai eu l'dée de faire cet article (voir son blog ICI)

Je suis fière d'être provençale et je le crie haut et fort !
Remarquez que je dirai la même chose si j'étais née ailleurs.
Mais on ne choisit pas ses ancêtres.
On est d'où on est, ou d'où on naît (quoique cela n'est pas toujours vrai),
c'est comme vous voulez.
Tenez, voilà un sujet à réflexion...




De l'accent ! De l'accent ! Mais après tout en-ai-je ?
Pourquoi cette faveur ? Pourquoi ce privilège ?
Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,
Que c'est vous qui pour nous semblez l'avoir très fort
Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,
"Ces gens là n'ont pas le parler de tout le monde !"
Et que, tout dépendant de la façon de voir,
Ne pas avoir l'accent, pour nous, c'est en avoir...
Eh bien non ! je blasphème ! Et je suis las de feindre !
Ceux qui n'ont pas d'accent, je ne puis que les plaindre !
Emporter de chez soi les accents familiers,
C'est emporter un peu sa terre à ses souliers,
Emporter son accent d'Auvergne ou de Bretagne,
C'est emporter un peu sa lande ou sa montagne !
Lorsque, loin du pays, le cœur gros, on s'enfuit,
L'accent ? Mais c'est un peu le pays qui vous suit !
C'est un peu, cet accent, invisible bagage,
Le parler de chez soi qu'on emporte en voyage !
C'est pour les malheureux à l'exil obligés,
Le patois qui déteint sur les mots étrangers !
Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause,
Parler de son pays en parlant d'autre chose !...
Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent !
Je veux qu'il soit sonore, et clair, retentissant !
Et m'en aller tout droit, l'humeur toujours pareille,
En portant mon accent fièrement sur l'oreille !
Mon accent ! Il faudrait l'écouter à genoux !
Il nous fait emporter la Provence avec nous,
Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages
Comme chante la mer au fond des coquillages !
Ecoutez ! En parlant, je plante le décor
Du torride Midi dans les brumes du Nord !
Mon accent porte en soi d'adorables mélanges
D'effluves d'orangers et de parfum d'oranges ;
Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris
De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris,
Et le petit village où les treilles splendides
Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides !
Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin,
A toutes mes chansons donne un même refrain,
Et quand vous l'entendez chanter dans ma parole
Tous les mots que je dis dansent la farandole !


Miguel Zamacoïs (1866-1955)

Extrait de La fleur merveilleuse

 

 

Par Nadine - Publié dans : Coutumes, Mode de vie, Traditions - Communauté : Traditions et maintenance
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Jeudi 27 mars 2008 4 27 /03 /2008 00:00

De nombreuses coutumes marquent les différentes étapes de la vie, le premier et le dernier jour.
Vivaces à l'époque qui nous concerne, certaines perdurent jusqu'à nos jours.


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A la naissance, la mère était assistée par une femme expérimentée du voisinage "la buono fremo" (la bonne femme) et la superstition voulait que le nouveau né ne sorte pas avant le baptême qui devait avoir lieu dans les trois jours suivant la naissance. Le parrain de l'aîné était le grand-père paternel qui transmettait son prénom à son petit-fils.

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Quand on choisissait le parrain et la marraine en dehors de la famille, on prenait deux jeunes gens
qui "se fréquentaient". Ils devenaient "compaire" (parrain) et "coumaire" (marraine) et finissaient tôt ou tard par se marier.

A la sortie de la cérémonie, à laquelle la mère n'assistait jamais n'ayant pas fait ses "relevailles", le parrain jetait sous et dragées 'lei sucrau" aux enfants qui suivaient le cortège en criant : "Buon peirin, douna'n pau d'estrenadoun !" (Bon parrain, donnez-nous quelques étrennes) ou "Peirin couguou ! Meirino machoto !" (Parrain cocu ! Marraine chouette !) si le parrain se faisait trop prier.
 
L'enfance s'écoulait rythmée par l'école, la communication avec l'étape finale de la conscription pour les garçons ; le mariage étant préparé par la confection du trousseau pour les jeunes filles.




A Castellane dans les Basses-Alpes, le rite médiéval de "la peloto" (la pelote) a duré jusque vers 1940. Quand une jeune fille épousait un
étranger du pays, le jour de la publication des bans, les jeunes garçons tiraient des coups de fusil sous la fenêtre de la fiancée pour l'honorer : "Li faien la peloto" (ils lui faisaient la pelote). Les parents invitaient alors à boire ces jeunes gens.
Le fiancé devait leur remettre de l'argent pour qu'ils fassent bombance en l'honneur des "nòvi" (mariés). Mais s'il était trop "rachou" (avare), les jeunes faisaient un charivari sous les fenêtres de la fiancée avec sonnailles et casseroles.




Cette scène se répétait lors du mariage. A la Palud, l'expression consacrée était "s'anan faire paga la fiho" (nous allons faire payer la fille).
Le charivari était aussi de rigueur lors du remariage d'un veuf ou d'une veuve, ou quand un couple était trop mal assorti.
Les jeunes gens faisaient alors force tapage sous les fenêtres des époux le soir et pendant plusieurs jours si nécessaire, jusqu'à ce qu'ils reçoivent suffisamment d'argent.
A Castellane, immédiatement après la messe de mariage, la noce montait à Notre-Dame du Roc assister à une autre messe avant le repas de fête. Celui-ci avait généralement lieu dans une grange aménagée à cet effet.
La mariée, à certain moment du repas, devait manger dans l'assiette de son époux.


Pendule

Les rites de la mort se sont conservés jusqu'à ce jour. On ferme les volets, voile les glaces et arrête les pendules.

On place près du corps du défunt, revêtu de ses plus beaux habits, un cierge allumé et un récipient d'eau bénite où trempe un brin de buis des Rameaux pour bénir le mort. Le cierge ne doit pas s'éteindre. Le décès est annoncé par "lei clar" (le glas). Il y a une cinquantaine d'années "la figo" ou "badrouieto" (sacristine) faisait lei assaché, "fahié sapé la mouort" (elle faisait savoir la mort) ; elle annonçait de porte en porte le nom du mort et la date de l'enterrement.
On devait aller "plagne lou doù" (plaindre le deuil), visiter le défunt qui n'était jamais laissé seul : on se relayait pour le veiller en récitant des chapelets.
Au début du siècle, à l'enterrement de 1ère classe, les dames de la Congrégation de la Miséricorde (bourgeoisie de Castellane), tenaient le drap mortuaire. La famille faisait dire une messe de neuvaine après laquelle on prenait le deuil qui était respecté scrupuleusement.
 
 
Source : Vie et Traditions à Castellane et dans la Vallée du Moyen Verdon - Bulletin de l'Association Petra Castellana.
 
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Par Nadine - Publié dans : Coutumes, Mode de vie, Traditions - Communauté : Provence Passion
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