Histoire et petites histoires de la Provence

Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /Sep /2008 00:00

 

 

Statue d'Agricola à Fréjus (Photo Nadine)

Qui est Agricola ? Voilà ce que j'ai trouvé sur internet :


Gnaeus Julius Agricola (né le 13 juin 38 à Fréjus - mort le 23 août 93 à Rome) fut un général de l'empire romain, artisan d'une grande partie de la conquête de la Grande Bretagne. Son action nous est bien connue grâce à la biographie que son gendre, l'historien Tacite, lui a consacrée en 98. Elle s'intitule en latin : De vita et moribus Julii Agricolae.
Agricola commence assez jeune une carrière politique et surtout militaire. Il est tribun de la plèbe en 66, préteur en 68 et commande de 70 à 73, la XXe légion en Bretagne (Angleterre actuelle). Nommé par Vespasien, légat en Gaule Aquitaine de 74 à 76, il retourne en Bretagne en 77 comme gouverneur, poste qu'il occupe jusqu'en 84.



Plaque sous la statue d'Agricola (Photo Nadine)

C'est lui qui acheve la conquête de la Grande Bretagne en étendant l'influence romaine jusqu'à l'embouchure de la Clyde et au Forth. Il écrase les Calédoniens dirigés par Galgacus et reconnaît le caractère insulaire de l'île en effectuant le premier le tour complet de celle-ci avec sa flotte.
Domitien, rendu jaloux par ses succès le rappelle à Rome. Agricola refuse divers proconsulats en Asie et en Afrique et vit dans la retraite jusqu'à sa mort en 93. On a prétendu que Domitien le fit empoisonner mais rien de très sérieux ne vient étayer cette thèse.

Source : Wikipédia - l'encyclopédie libre.

 


Place Agricola à Fréjus (Photo Nadine)

Le destin d'Agricola croise celui de Forum Julii

En l'an 40, celui qui allait pacifier la Bretagne (aujourd'hui la Grande Bretagne) vient au monde à Forum Julii (Fréjus). Son père, philosophe et auteur d'un traité sur la viticulture à l'origine du nom d'Agricola, est mis à mort pour avoir refusé d'accuser un ennemi de l'empire. A l'époque, Forum Julii, littéralement le forum de Jules, créé un siècle plus tôt par Jules César, est en pleine expansion. Auguste en a fait sa base navale après sa victoire sur Antoine et Cléopâtre et y a installé son butin de guerre. Des remparts ont été érigés et la cité dispose d'un théâtre de 2 000 spectateurs.
Devenu jeune homme, Agricola part faire son apprentissage militaire en Bretagne. Lorsqu'il retourne à Rome pour accèder aux magistratures, il gagne par sa sagesse l'estime publique. Dix ans plus tard, son intégrité, sa rigueur et son énergie s'illustrent de nouveau en Bretagne où il amadoue la 20e légion "insoumise et redoutable" qu'il mène à la victoire. Ses mérites lui valent d'être promu gouverneur d'Aquitaine.
Pendant ce temps, deux chantiers monumentaux sont en cours à Forum Julii. La ville construit un amphithéâtre de 10 000 places et un aqueduc doit relier sur 42 km la source de la Siagnole à la cité. Lorsqu'en 77, Agricola prend la tête de la Bretagne, l'ouvrage est probablement encore en cours. Après une bataille mémorable, la province rebelle rend les armes. Agricola étend l'empire jusqu'aux frontières de l'Ecosse et romanise l'île. Ce triomphe, et sa vertu exemplaire, lui vaudront une notoriété sans égale... et probablement sa mort en 93 à 53 ans. un empoisonnement commandité par l'empereur Domitien jaloux de ses succès ? C'est l'hypothèse qu'avance Tacite, son gendre.
Pour rendre hommage à l'enfant du pays, Fréjus a fait ériger une statue sur une place qui porte son nom. C'est mon cousin, le sculpteur Jean-Marie Luccerini, de souche transianne par sa mère, qui a eu le privilège de créer cette oeuvre d'art (rendez-vous sous cet article pour en savoir plus sur lui).
C'est la seule statue d'Agricola qui existe au monde avec celle de Bath, en Angleterre. "C'est pourtant peut-être grâce à sa renommée qu'on a pu lever des fonds pour construire l'aqueduc et l'amphithéâtre" suggère Philippe Cantarel, guide à Fréjus. "Fréjus est une des villes antiques les plus représentatives de France. En deux heures, on peut voir ici tout ce qui faisait la vie d'Agricola et des romains, il y a 2000 ans".

Source : Var Mag' - Le magazine du Conseil Général - N° 134 - Août 2008.

Statue d'Agricola à Bath

Qui est Jean-Marie Luccerini ?
Itinéraire d'un sculpteur qui a forgé sa réputation à la force du poignet.

Né à Fréjus, il est venu dans les années 40 à Trans en Provence avec sa famille.
Son grand-père, Louis Vincent était le frère de mon arrière-grand-père Alexandre (dont je vous ai parlé dans mon article sur la guerre de 14-18 :
Ce devait être la der des ders CLIC).
"J'ai obtenu mon CAP de forgeron en 1950 et j'ai alors débuté dans la ferronnerie d'art, raconte-t-il. Et de la ferronnerie d'art à la sculpture, il y a juste un petit fossé que j'ai franchi en 1974, en réalisant ma première oeuvre : le Saturnien".
Coup d'essai et coup de maître qui lui vaudra le Grand prix de la ville de Fréjus. Une réussite initiale qui va agir comme un déclic, l'incitant dès lors à se consacrer tout entier à son art, la sculpture sur métal. A ce jour, Jean-Marie a réalisé trente-huit créations originales auxquelles sont venues s'ajouter quelques momuments à la commande : la statue du général Agricola installée à Fréjus sur la place du même nom, le Christ de l'église de Beausoleil dans les Alpes-Maritimes, la plaque du Mémorial d'Indochine à Fréjus (pour en savoir plus sur ce Mémorial CLIC) et le Saint Aygulf découpé en trois "tranches" qui trône dans le jardin d'une église à Saint Aygulf.
Paradoxalement, hormis à Vallauris, Jean-Marie Luccerini expose peu. "Mes oeuvres font office de plantes grasses dans les expositions de tableaux de certains de mes amis" dit-il avec humour. Il a tout de même exposé à l'Hôtel de ville de Trans en Provence dans les années 90 où nous avons pu admirer quelques unes de ses créations.
Des commandes particulières comme Agricola ou Saint Aygulf par exemple lui ont demandé respectivement quatre et deux ans de travail.
C'est la nuit que les oeuvres prennent forme "Je crée ce que j'ai rêvé" assure ce sexagénaire aux faux airs de Léo Ferré. Le tout en prenant soigneusement le temps de vivre. "Je travaille à mon rythme, certains jours dix heures, d'autres une heure. Je me laisse toujours une certaine marge de manoeuvre !" assure-t-il avec une jovialité toute méditerranéenne dont il ne se départit jamais.
Toujours assidu, quoiqu'il en dise, devant sa forge, où brille dans ses yeux la flamme inextinguible de sa passion.

Source : D'après un article de journal paru dans Var Matin : Jean-Marie Luccerini, la main de fer - Arrangé et augmenté par moi-même.


Plaque du Mémorial d'Indochine à Fréjus (Photo Nadine)

A présent, voilà ce que j'ai lu dans un livre consacré aux métiers d'art et qui s'intitule :
L'art sous toutes ses formes - Les créateurs du Var.
Ce livre m'a été confié par le frère de Jean-Marie :
Louis dit Loulou que tous les Transians connaissent.
Merci à toi Loulou.

Luccerini : Chevalier des Arts et Lettres est un artiste passionné à la recherche de l'Art Vrai. Sculpteur, il crée des personnages venus d'une autre galaxie, qui lui parlent un langage cosmique, qu'il est le seul à comprendre et qu'il nous traduit dans son oeuvre. C'est là que l'artiste sait avec tant de talent, appliquer ses expériences de ferronnier d'art, en apportant la poésie de la musique à la création de ses meilleures sculptures, travaillées à la main, au marteau et en acier trempé.
Il a obtenu de multiples distinctions comme le Grand Prix de l'Académie internationale de Lutèce à Paris, le Grand Prix des Métiers d'Art, la Médaille de la Ville de Nice, etc... et à travers ses célèbres monuments tels que le Mémorial National dédié aux Morts de la guerre d'Indochine à Fréjus inauguré par le Président de la République en 1993, la statue du Général romain Agricola, le Christ de Beausoleil, le Blason sur la façade de la mairie de Saint Raphaël ainsi que le momument de Saint Aygulf et la stèle de Nimeno II aux arènes de Fréjus.

Voilà comment à partir d'un article sur Agricola j'ai voulu rendre hommage à mon cousin, Jean-Marie.
Bravo à toi Jeannot !


 

Blason sur le fronton de la mairie de Saint Raphaël (Photo Nadine)

   

Par Nadine - Publié dans : Histoire et petites histoires de la Provence - Communauté : Passion Histoire
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Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /Sep /2008 00:00




A quoi correspond le terme de Sarrasins ? C'est la dénomination des peuples de confession musulmane au cours de l’époque médiévale, tels que vus depuis l’Europe. Cette dénomination est particulièrement employée pendant les Croisades et la Renaissance. Se rapportant à une vision simplifiée de l’Occident chrétien médiéval, cette appellation ne reflète pas la diversité des peuples du monde arabo-musulman, qui entre eux se désignaient différemment : le mot Sarrasin est donc un ethnonyme (nom de peuple) de type orientaliste.



L'installation dans les montagnes des Maures de bandes de Sarrasins qui ont dévasté le pays pendant près d'un siècle, les ravages qu'ils ont effectué de part et d'autre des cols des Alpes jusqu'à la région du Valais tiennent une grande place dans l'histoire de notre région. Sur la relation de ces évènements les seuls textes dignes de foi sont très rares et le mystère qui recouvre cette période a permis des affabulations diverses qui ont frappé et frappent encore de nos jours l'imagination. Les chroniques arabes et byzantines ne font aucune allusion à cette installation des Sarrasins en Provence et les annales franques la mentionnent de façon très sommaire, ce qui ramène l'importance de ces incursions à leur juste valeur de troubles régionaux. Le meilleur témoin de ces événements est l'évêque de Crémone, Liutprand, mort en 972, qui vécut une grande partie de son existence à la cour d'Hugues de Provence appelé aussi Hugues d'Arles, roi d'Italie et qui avait ainsi une bonne vision de ce qui se passait en Provence.

D'après les textes, les sarrasins étaient installés au Fraxinetum ou Fraxinet. La commune de La Garde-Freinet conserve encore aujourd'hui ce toponyme qui désignait probablement au Xe siècle, l'ensemble de la région qui s'étend entre le massif des Maures et la mer, soit d'Hyères à Fréjus. La tradition veut que le centre principal fortifié des Sarrasins au fond du golfe de Saint-Tropez, était peut-être établi à Grimaud qui était une cité importante au Moyen Age. Ils ont certainement aussi établi plusieurs points fortifiés le long de la côte afin de protéger leurs liaisons maritimes avec les pays musulmans d'outre-mer. Quelques historiens, d'après certaines descriptions très imprécises, situent dans la presqu'île de Giens, et à l'Almanarre près d'Hyères, l'établissement principal des Sarrasins, d'autres leur attribuent des tours apparemment romanes, sises le long de la côte, et notamment celles de Sanary et du Revest dans la région de Toulon.


En 838, les Sarrasins font irruption dans le port de Marseille, saccagent la ville et repartent en emmenant de nombreux captifs : hommes, femmes et enfants réduits en esclavage ou jetés à la mer. Pendant une trentaine d'années, Marseille et les environs d'Arles subissent les assauts réguliers des Sarrasins. Le coup d'arrêt vient de la détermination sans faille des évêques d'Arles et de Marseille qui élèvent des fortifications imprenables. Mais rien ne semble devoir arrêter les Sarrasins qui durablement installés au Fraxinet lancent des raids fréquents sur la Basse-Provence puis étendent leur zone de pillage à la Haute-Provence et enfin aux Alpes toutes entières. Ils saccagent les monastères, rasent des villages, barrent des routes... Ils apparaissent à Apt vers 896. Au début du Xe siècle, on les voit également sur la Riviera ligure à Albenga et à San Remo, et aussi dans les vallées alpines du Piémont où ils pillent les monastères de San Dalmazzo près de Cunéo et de Novalaise près de Suse. Il paraît incroyable que les Comtes de Provence aient supporté aussi longtemps sans réagir des dévastations qui paralysaient la vie économique du pays tout entier. Il faut expliquer ce fait par l'absence d'une armée régulière que ne pouvait leur offrir un gouvernement central en pleine décomposition. Ils n'avaient à leur disposition que des levées de petits propriétaires. De plus, les bandes sarrasines pratiquaient la guérilla et les coups de main, ils étaient forts habiles à utiliser la protection de nos forêts et de nos montagnes et à fondre à l'improviste dans les vallées. A en croire les chroniqueurs, ils surgissaient des cols des Alpes beaucoup plus que des rivages de la Méditerranée et, au fur et à mesure que l'on avance dans le Xe siècle, on voit croître leur audace, et leur champ d'activités s'étend tout au long des crêtes des Alpes jusqu'en Dauphiné, en Savoie et même dans le Valais.



Hugues d'Arles, après avoir assis solidement sa souveraineté sur l'Italie, essaie de débarrasser la Provence et les Alpes de ces hôtes encombrants. Très judicieusement, il s'assure le concours de l'empereur de Byzance, car les Francs n'ont pas de flotte et en Méditerranée occidentale, seuls les navires grecs basés en Sardaigne affrontent encore avec quelque succès les escadres arabes. De fait en 942, les Byzantins bloquent le Fraxinet par la mer tandis qu'Hugues à la tête de provençaux et de piémontais pousse les pirates dans leurs retranchements. Malheureusement, cette campagne est interrompue par Hugues lui-même qui, apprenant que son rival Bérenger d'Ivrée menace de lui ravir son trône italien, traite avec les Sarrasins et les autorise même à occuper certains cols des Alpes en vue de l'aider à lutter contre son rival. A partir de cette date les bandes musulmanes semblent avoir commis moins d'exactions en Provence rhodanienne, mais ont porté leurs déprédations plus au nord, en Dauphiné et en Savoie. Les Sarrasins retranchés dans des repaires, rançonnent les pèlerins et lèvent un lourd tribut sur les autochtones.

 


Saint Mayeul

L'empereur Otton 1er a engagé en 953 des négociations infructueuses avec le calife de Cordoue pour obtenir le rappel des bandes musulmanes des Alpes. Après avoir réorganisé le pouvoir impérial en Italie, il se préoccupe à nouveau en 968 d'une action à entreprendre contre ces Sarrasins. Le comble survient dans la nuit du 21 au 22 juillet 972, avec la capture au col du grand Saint-Bernard, de Mayeul, abbé de Cluny et de plusieurs pèlerins et voyageurs. Mayeul est né vers 910 à Valensole, il est issu d'une illustre famille provençale et fait l'objet d'un culte très fort dans toute la Provence. Il est le conseiller privilégié d'Hugues Capet, duc puis Roi des Francs (940-996), il a aussi l'oreille de la cour du Roi de Germanie et intervient jusque dans les querelles privées de la famille impériale. On lui propose le siège pontifical à la mort de Benoît VI mais il refuse jugeant qu'il sera plus utile auprès de ses moines et de son abbaye qu'il a contribué à faire connaître par son rayonnement sans égal. Sa fonction à la tête de la congrégation clunisienne en fait un personnage de premier plan et sa capture a un immense retentissement. Les moines et l'aristocratie provençale payent rapidement l'énorme rançon de 1000 livres d'argent qui a été réclamée et les Sarrasins libèrent Mayeul. Des pourparlers s'engagent alors pour organiser une vaste coalition dans le but de combattre et de chasser définitivement les ennemis, car l'enlèvement de Mayeul a soulevé un émoi populaire et une volonté d'en finir une fois pour toutes avec l'envahisseur. Les Provençaux appellent le comte de Provence Guillaume 1er à lancer une guerre de libération contre les Sarrasins "au nom de Mayeul". Après avoir levé une armée qui compte également des soldats du Bas-Dauphiné et de Nice, et aidé de son frère Roubaud et d'Ardouin, marquis de Turin, Guillaume traque les Sarrasins et les écrase définitivement à la bataille de Tourtour en 973. Retranchés dans la forteresse de la Garde-Freinet, les Sarrasins sont chassés vers une forêt voisine, la forteresse est rasée et les quelques survivants sont tués ou fait prisonniers. Les Sarrasins survivants sont baptisés de force et réduits en esclavage.




Avec le départ des Sarrasins s'achève une page particulièrement troublée de l'histoire de la Provence. Désormais la sécurité est rendue aux campagnes provençales.
L'honneur de cette victoire rejaillit sur Guillaume 1er "le Libérateur" surnommé le Grand, qui s'affirme comme le chef incontesté de la partie méridionale du royaume de Bourgogne. Guillaume prend le titre de marquis de la Provence arlésienne puis prince de toute la Provence qui devient une principauté indépendante. De Toulon à Nice, la région côtière est soumise à son autorité. Il distribue aux grands de son entourage, aux églises et aux monastères, les terres qui ont été abandonnées. Un rapide essor démographique et économique va rendre à la Provence sa prospérité d'antan.

Devenu très pieux à la fin de sa vie, Guillaume le Grand restitue de nombreux biens à l'Eglise, dont les anciens domaines de l'évêché de Fréjus et, en surplus, le village du Puget. Il rend également de nombreux et vastes domaines de la région de Camargue au monastère Saint-Jean d'Arles. Enfin, en 993, il revêt l'habit monastique, fait de généreuses offrandes à l'abbaye de Cluny et s'éteint dans les bras de Saint Mayeul, entouré de la multitude de ces fidèles sujets.


Source : D'après le site internet sur Forum Julii - Texte arrangé et enrichi par moi-même - Documents utilisés pour cet article : Histoire de la Provence de Baratier et Documents de l'Histoire de la Provence du même auteur. Egalement d'après le site internet sur le Pays d'Aix.

Par Nadine - Publié dans : Histoire et petites histoires de la Provence - Communauté : Provence Passion
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Vendredi 15 août 2008 5 15 /08 /Août /2008 00:00

 


Le 15 août 1944, l'opération qui portait comme nom de code Dragoon fut le débarquement en Provence des troupes alliées entre un secteur allant de Toulon et Cannes.
À l'origine appelée Anvil, le nom de cette opération fut changé en Dragoon par Winston Churchill car il était contre ce débarquement qu’il assimilait à des dragonnades. En fait, il aurait préféré tenter une percée des troupes déployées sur le front italien vers les Balkans afin de prendre en tenaille l'armée allemande en Europe centrale et pouvoir ainsi arriver à Berlin avant les Soviétiques. Les objectifs de l'opération Dragoon étaient de libérer les villes de Toulon et de Marseille puis de remonter le Rhône pour effectuer la jonction avec les forces de l'opération Overlord débarquées le 6 juin en Normandie.
L'opération Dragoon incluait un atterrissage de planeurs et un faux débarquement
dans le nord de l'Italie.

La défense allemande composée de la XIXe armée était dégarnie, notamment de la 11e Panzerdivision, suite à l’envoi de renforts vers le front de Normandie.

La veille, Radio Londres diffusa le message pour prévenir la Résistance :
"Le chef est affamé".

Comme lors de l'opération Overlord , le plan de bataille prévoyait une division des troupes en différentes "forces" avec toutes un but précis. L'assaut naval eut lieu sur les côtes varoises entre Toulon et Cannes et plus précisément d'une zone allant de Cavalaire à Saint-Raphaël. Les unités navales étaient composées de 880 navires anglo-américains. Sur ce nombre, 130 furent principalement engagés dont 34 français.


Durant la nuit du 14 août, les commandos français sont débarqués sur les flancs
du futur débarquement :

  • Au nord, Force Rosie, un groupe naval d'assaut français avec à sa tête le capitaine de frégate Seriot débarque à Miramar pour couper la route aux renforts allemands qui venaient de l’ouest.
  • Au sud, Force Romeo, un groupe français de commandos d'Afrique commandé par le lieutenant-colonel Bouvet débarque à Cavalaire pour réduire les défenses allemandes établies au Cap Nègre.

La Force Sitka constituée de la First Special Service Force et commandée par le Colonel Edwin E. Walker se charge la même nuit de détruire les batteries des îles côtières de Port-Cros et du Levant situées dans la rade de Hyères.

Trois divisions américaines ont formé la Force Kodak du Général Lucian Truscott. Les troupes d'assaut du 6° Corps Américain sont elles-mêmes divisées en trois forces :

  • La Force Alpha du général John W. O'Daniel, composée de la 3e Division d'infanterie et du Combat Command 1 de la première division blindée française du général Sudre, débarque du côté gauche, à Cavalaire et Saint-Tropez.
  • La Force Delta du général William W. Eagles, composée de la 45e division d'infanterie, débarque à La Nartelle.
  • La Force Camel du général John E. Dahlquist, composée de la 36e division d'infanterie, débarque du côté droit, à Saint-Raphaël.

 L'objectif était de débarquer et de constituer une ligne de front de 25 km de profondeur, appelé Blue Line, puis, d’avancer vers la vallée du Rhône et de prendre contact avec le deuxième corps français.


L'assaut aérien


L'assaut aérien se composait d'un parachutage d'hommes et de matériel entre Le Muy et La Motte avec 5 000 parachutistes de la 2e Brigade indépendante britannique et des planeurs américains pour les véhicules. Ils étaient parachutés depuis l'Italie. L'objectif était de s’emparer du Muy et des hauteurs de Grimaud afin d’empêcher l’afflux de renforts ennemis depuis l’ouest.

Nota : En renfort aux paras, près de 500 planeurs américains de type Waco, et anglais de type HORSA partiront d’Italie et apporteront toute la journée du 15 août le matériel lourd, les jeeps, et le ravitaillement afin de permettre aux paras de garder le contrôle du Muy, point stratégique pour barrer la route aux troupes ennemies.
Ils prendront ensuite à J+1, et ce avec l’aide de la résistance, le Grand Quartier Général du LXIIème corps de la 19ème armée Allemande à Draguignan.

C'est la Force Rugby du général Robert Tyron Frederick qui en eut la charge. Cette force se composait des compagnies suivantes :

  • 1st Airborne Task Force
  • 517th Airborne Regimental Combat Team : composé du 517th PIR (Parachute Infantry Regiment)
  • 460th PFAB (Parachute Field Artillery Battalion), et du 596th PCEC (Parachute Combat Engineer Company)
  • 509th Parachute Infantry Battalion.
  • 1st Battalion du 551st Parachute Infantry Regiment
  • 550th Glider Infantry Battalion
  • 2nd Independant Airborne Brigade (British Army, du gén. Pritchard).

L'assaut aéronaval


À l'aube du 15 août, les Alliés déploient la Task Force 88 au large de la Provence. Cette force tactique a pour mission d'assurer la couverture aérienne du débarquement dans un premier temps, puis d'aider les troupes débarquées dans leur progression dans un deuxième temps.


Après l'assaut


Le 16 août, à J + 1, débarqua la Force Garbo de la 7e armée US commandée par le général Alexander Patch composée du 6e corps US et de l'armée B commandée par le général Jean de Lattre de Tassigny.

Des divisions françaises accompagnent l'armée B :

  • 2e corps d’armée français (armée B) du général de Larminat
  • 1re DMI du général Brosset
  • 3e DIA du général Monsabert
  • 1re DB du général du Vigier

Les trois quarts de la Force Garbo étaient sous commandement français avec pour moitié de troupes des colonies. L'objectif était de faire une poussée vers Toulon. Une semaine plus tard, l'armée B est complétée par :

  • 9e DIC du général Magnan
  • 2 groupes de Tabors marocains du général Guillaume.

Le bilan de l'opération Dragoon


Au total, plus de 94 000 soldats et 11 000 véhicules ont été débarqués le premier jour. La nouvelle du succès rapide de cette invasion, avec une avancée profonde en vingt-quatre heures, a déclenché un soulèvement important de résistance dans Paris.

En deux semaines la Provence aura été libérée. Grenoble est libérée le 22 août (soit 83 jours avant la date prévue), Toulon le 23 août, Montélimar le 28 août et Marseille le 29 août. Les forces alliées, remontant la vallée du Rhône, rejoindront le 12 septembre, à Montbard, au cœur de la Bourgogne celles du front de l'ouest.



La 3e division d'infanterie américaine débarque à Cavalaire le 15 août 1944



Les cérémonies du débarquement


Les cérémonies du 60e anniversaire du débarquement le 15 août 2004 eurent lieu successivement au Muy, au cimetière militaire américain de Draguignan, à Saint-Raphaël, à Cavalaire-sur-Mer et dans la rade de Toulon à bord du porte-avions Charles de Gaulle. Le président Jacques Chirac, en présence de seize chefs d'État et de gouvernement africains, a rendu hommage au « sacrifice immense » des « forces de la liberté » qui ont participé il y a soixante ans au débarquement de Provence. Quelque 200 000 personnes ont assisté des côtes toulonnaises à cette cérémonie, selon la préfecture du Var. Le président de la République a remis des décorations à vingt-et-un vétérans, essentiellement africains, et la croix de la Légion d'honneur « à la ville d'Alger en tant que capitale de la France combattante », pour son rôle d'hôte du Comité français de la Libération nationale.


Monument en mémoire du débarquement allié à Saint-Tropez

Source : D'après Wikipédia - l'encyclopédie libre.

Musée de la Libération

OUVERTURE
DU MUSEE

du 1er Avril au 30 Juin
le dimanche de 10h00 à 12h00

Juillet et Août
ouvert tous les jours sauf le lundi

Toute l'année
sur rendez-vous à l'Office du Tourisme au  04.94.45.12.79


Si vous passez par Le Muy, n'oubliez surtout pas d'aller faire un tour au Musée de la Libération. Il est l'oeuvre de deux jeunes gens passionnés qui recherchent et accumulent depuis trente ans, (ils ont commencé alors qu'ils étaient adolescents) objets, matériels et documents sur cette partie de notre Histoire. Il s'agit d'Eric Renoux et de Jean-Michel Soldi, je tiens à les féliciter pour cette très belle initiative. Grâce à eux, j'ai pu assister aux cérémonies du débarquement en août 2004 au Muy et le 15 août 2007 à la projection d'un film de 45 mn sur le débarquement et la libération du Muy. Dans ce film, est incluse une photo d'école de 1937 où figure mon papa (il était né en 1934).

Maman et moi étions très émues.

Beaucoup d'émotion émanait de ce film que les différents extraits musicaux mettaient en valeur.

 
Plaque commémorative apposée sur la façade de la mairie de Trans en Provence
(Photo Nadine)

 


Le débarquement de Provence


Par Nadine - Publié dans : Histoire et petites histoires de la Provence - Communauté : Passion Histoire
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Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /Juin /2008 00:00

En Provence, les villages vivaient en autarcie obligatoire. Le manque de chemins de communication et de charrois interdisaient
  tout apport extérieur régulier. Seuls les produits exceptionnels et rares échappaient à la règle, comme le sel qui était un monopole d'état et donc imposé par la gabelle.
La viande de boucherie était rare et n'apparaissait qu'au moment des grandes fêtes. Les bovins étaient peu répandus dans les villages du Haut Var et n'étaient utilisés que pour le travail des champs et le transport.
Les moutons étaient surtout élevés pour la laine et ce n'est que lorsqu'ils devenaient impropres à cette utilisation qu'ils étaient tués et consommés.
Il ne restait que le porc, qui était élevé en quantité (en général deux au moins par maison) et nourri grâce aux glands des forêts.
Présentes aussi les chèvres, qui occasionnaient des dégâts dans les forêts.


Tourtour - vieille rue montant au château (Photo Nadine)

Dans de vastes régions, dans lesquelles Tourtour (village du Haut-Var) était compris, il fallut que le Parlement d'Aix légifère à leur sujet
pour les interdire. La volaille et les lapins représentaient également une part importante de l'alimentation carnée.
Pour les légumes, la pomme de terre n'apparut dans le Haut Var qu'à la fin du XVIIIème siècle et ne fut d'abord utilisée que pour les porcs. Il faut reconnaître que les premiers tubercules étaient beaucoup moins appétissants que ceux que nous connaissons de nos jours.
A sa place, on utilisait une trentaine de féculents aujourd'hui disparus de nos tables : raves, raiponce, panais, campanules..... Pour la salade et l'épinard, il n'existait qu'une seule variété et l'asperge désignait les jeunes pousses de plantes sauvages.
Une grande importance était donnée aux produits des cueillettes et du ramassage : champignons, escargots, baies des arbres et des arbustes.
Le fond de l'alimentation était constitué par le pain et l'huile d'olive. Les femmes ne buvaient pas de vin "l'aiga fai veni poulido" (l'eau fait devenir jolie), il était réservé aux hommes.
Le pain servait à tremper la soupe. La viande était bouillie, associée aux légumes et aux racines. Beaucoup de contre-sens ont été faits à leur sujet et de façon péjorative : les légumes étaient ce que l'on cueillait, les racines représentaient les produits que l'on arrachait, carottes, navets, raves, etc....
Les champignons constituaient une nourriture de saison. On les faisait bouillir à l'huile d'olive avec un rejeton de poirier pour leur faire perdre leur "malignité" et les bolets étaient dégustés crus après les avoir creusés et emplis d'huile et de sel.
La récolte des escargots demandant la pluie, elle était plus aléatoire, mais ils étaient appréciés, toujours cuits à l'huile d'olive.
Bien qu'interdite, la chasse ou plutôt le braconnage, étaient largement répandus. Si on ne se faisait pas prendre, les méthodes "silencieuses" permettaient de capturer des lapins ou des petits oiseaux.
Dans les villages situés en altitude, dont le sol est pauvre, on a appliqué pendant très longtemps l'assolement triennal, faisant alterner deux ans sur trois les récoltes de blé, froment, orge ou avoine tandis qu'on laissait le sol en jachère la troisième année.
La vigne était cultivée sur les coteaux aménagés en terrasses (restanques).



Dans l'état des récoltes de 1812, le Préfet du Var parle des cultures de la vigne sur les "murailles comme à Tourtour". La vigne
 fournissait un vin de fabrication artisanale et rustique qui était plutôt une "piquette" et ne se conservait guère, à peine une année. Il était impossible de le transporter loin, d'ailleurs on ne sait pas qui en aurait voulu...
L'olivier dans les villages du Haut Var est à la limite des possibilités climatiques de plantation, dont la frontière passe par Tourtour et Ampus. La récolte n'était pas toujours assurée car les hivers d'autrefois étaient régulièrement plus rudes qu'ils ne le sont de nos jours (Grand hiver de 1709 par exemple).
Au début du XIXème siècle, la Provence d'altitude était considérée comme le grenier à blé de la région. Il était planté partout où il y avait un peu de terre arable et des villages comme Bauduen avaient des excédents de blé qu'ils vendaient à Aups et à Salernes.

Source : Tiré du livre d'André et Nicole Cabau - Tourtour - Chronique d'un village du Haut Var - Arrangé par moi-même.


 


Par Nadine - Publié dans : Histoire et petites histoires de la Provence - Communauté : Provence Passion
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Vendredi 23 mai 2008 5 23 /05 /Mai /2008 00:00


Antoine de Bruny d'Entrecasteaux

Présentation :

Antoine Raymond Joseph Bruny d'Entrecasteaux, est né à Aix-en-Provence le 8 novembre 1737 et est mort le 20 juillet 1793 dans l'océan Pacifique.
C'est un officier de marine et un navigateur français. Chevalier d'un petit bourg du Var : Entrecasteaux, il est le fils d'un président du Parlement de Provence. Il entre dans la marine à 15 ans sous les ordres du bailli de Suffren auquel il est apparenté. Si le début de sa carrière se déroule sans événement exceptionnel, c'est au commandement de la frégate "Résolution" qu'il fait la preuve de ses qualités : il réussit un périple allant de la océan Indien jusqu'en Chine par le détroit de Malacca et par l'est des Philippines, traversant, contre la mousson, des régions inexplorées à l'époque et dangereuses.

 

La Pérouse

Qui est La Pérouse ?


Jean François de Galaup, comte de La Pérouse (23 août 1741-?), né en Albigeois au manoir du Gô à deux lieues d'Albi, est un officier de marine et un explorateur français. Après un long voyage jusqu'en Australie, l'expédition maritime disparut corps et biens à Vanikoro, îles Salomon, en 1788.
Il a laissé son nom à une localité de la banlieue de Sydney près de l'endroit où il aborda en 1788 [...]. Après le traité de Paris, il est choisi par le marquis de Castries, ministre de la Marine et par Louis XVI pour diriger une expédition autour du monde visant à compléter les découvertes de James Cook dans l'océan Pacifique.



L'expédition d'Entrecasteaux

L'Expédition d'Entrecasteaux est la mission de secours menée en 1791 par Antoine Raymond Joseph Bruny d'Entrecasteaux dans l'Océan Pacifique pour retrouver l'expédition de Jean François de Galaup, comte de La Pérouse, dont on est sans nouvelles depuis trois ans. Cette expédition lui est demandée par Louis XVI et l'Assemblée Constituante.

 



Le marquis d'Entrecasteaux est contre-amiral. Il appareille de Brest le 28 septembre 1791 avec les deux frégates : La Recherche et L'Espérance.  Le fil qui le conduisit sur les traces de la Pérouse est la lettre de ce dernier datée du 7 février. Toutes les reconnaissances citées dans cette lettre forment le complément de celles qui entraient dans le plan de campagne de cet illustre navigateur. Il fut recommandé au contre-amiral d'Entrecasteaux de les faire dans l'ordre où elles étaient relatées ; et il s'y est assujetti aussi strictement que les circonstances le lui ont permis. Toutes les recherches furent sans succès. Aucune trace de la Pérouse ne fut découverte chez les habitants des îles des Amis, les plus civilisés de toutes celles qu'ils visitèrent ; et cependant ils se rappelaient très bien le passage de James Cook. Ils avaient même conservé la mémoire des Espagnols qui avaient abordé, en 1781, à l'île de Yavao, une île voisine de Tonga-Tabou.  Il explore une vaste région de l'océan Indien et du sud du Pacifique, autour de l'Australie et de la Tasmanie en passant par la Nouvelle-Calédonie, les îles Tonga et la Nouvelle-Guinée. Il ne trouve cependant nulle part trace de La Pérouse, bien qu'en 1793, il soit passé à quelques milles seulement de l'île de Vanikoro, lieu du désastre de l'expédition (il en ignorait tout).

Le 20 juillet 1793, le marquis d'Entrecasteaux succombe au scorbut qui le rongeait, son expédition se soldant par une moisson de découvertes et d'observations tant géographiques que scientifiques. Son nom et celui de ses collaborateurs sont encore aujourd'hui attachés à de nombreux toponymes des côtes qu'ils ont reconnues, comme par exemple l'archipel d'Entrecasteaux au large des côtes de Nouvelle-Guinée.

Qu'est devenu La Pérouse ?

Il fallut attendre 1826-1827, pour que le capitaine marchand Peter Dillon découvre les restes du naufrage à Vanikoro, Îles Santa Cruz (Îles Salomon), au nord du Vanuatu. Il découvrit la cloche de l'Astrolabe (le deuxième navire commandé par Fleuriot de Langle) et des pierriers de bronze qui avaient été conservés par les habitants. Quant à la Boussole pas la moindre trace. Il apprit sur l'île de Vanikoro "comment deux grands navires s'étaient échoués par une nuit de grande tempête : l'un aurait coulé, l'autre se serait échoué et les survivants auraient pu s'installer sur un point de Vanikoro, nommé Paiou. Cinq ou six mois après, une partie des survivants seraient repartis à bord d'un petit bateau fabriqué avec les débris du grand. L'autre partie resta à Vanikoro, se mêla aux affrontements des indigènes. Le dernier des survivants serait mort peu avant la venue de Peter Dillon."


D'après : "L'expédition d'Entrecasteaux" de Louis-Gabriel Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers.

 

Par Nadine - Publié dans : Histoire et petites histoires de la Provence - Communauté : Passion Histoire
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