Lundi 10 mars 2008
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En général toute maîtresse de maison prend un jour de la semaine pour "recevoir". C'est une excellente habitude pour les visiteurs aussi bien que pour les visités.
Les premiers sont certains de ne pas frapper inutilement à une porte, les seconds garantissent leur liberté pour le reste de la semaine. Il y a même des femmes qui ne restent chez elles que tous
les quinze jours. Il en est d'autres qui reçoivent non seulement de trois à six, comme partout, mais dont la porte se rouvre le même jour de neuf heures à minuit. On fait du reste savoir qu'on
est chez soi, le soir aussi, aux seules personnes avec lesquelles on est bien aise d'établir des relations intimes.
La maîtresse de maison porte un jolie toilette d'intérieur (dite robe de réception) pour montrer à ses visiteurs qu'elle tient à leur plaire. Mais cette toilette d'une extrême fraîcheur ne doit
écraser aucune des femmes qui se présentent. La dame du logis s'assied à un coin de la cheminée. Elle tourne le dos aux fenêtres car il lui faut mettre en lumière tous les dons et les qualités
des autres et s'effacer entièrement.
On forme un grand demi-cercle. Les vieilles dames sont assises au plus près du feu. Les personnes jeunes doivent s'arranger pour ne jamais rester assises
au-dessus des vieillards, c'est-à-dire plus près de la cheminée.
Le visiteur s'avance vers la maîtresse de maison qui resta assise, si c'est un homme, ou se lève et fait deux pas en avant si c'est une dame.
Une maîtresse de maison ne se lève que pour une femme à moins qu'elle ne reçoive un homme illustre par le caractère ou le génie. On doit des égards à l'âge, à la vertu, à une haute intelligence,
même quand on les rencontre chez le sexe fort. Quelle maîtresse de maison fût restée assise à l'entrée de Victor Hugo ?
Dans quelques maisons exquises, le mari ou le fils est toujours là, au jour de la réception, pour reconduire les dames, ouvrir devant elles toutes
les portes du logis, et les mettre en voiture car toutes les maisons ne sont pas pourvues de laquais qui écartent les portes devant celui qui sort, avertis qu'ils sont par la sonnette électrique
sur laquelle le pied de leur maîtresse a pesé (qu'en termes galants ces choses-là sont dites) !
Un jeune femme fait aussi bien de ne pas recevoir les amis de son mari en l'absence de celui-ci. Si elle a ouvert elle-même la porte au visiteur, elle le fera entrer mais laissera la porte du
salon grande ouverte et sera très réservée dans la conversation afin que l'ami comprenne qu'il ne doit pas prolonger sa visite.
Source : Savoir vivre d'hier et d'aujourd'hui - Baronne Staffe - Flammarion
Par Nadine
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Publié dans : Histoire générale
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