Jeudi 2 avril 2009


 

Je vous propose aujourd'hui un texte trouvé dans les archives de Comps-sur-Artuby et dont une amie généalogiste prénommée Suzette comme les crêpes, m'a donné une photocopie. Je l'ai recopié tel quel en respectant l'orthographe. Prenez le temps de le lire, c'est un récit vraiment très intéressant.


Le village de Comps-sur-Artuby


Carte de Cassini qui situe le quartier de l'Avelan

Le texte suivant est extrait des minutes du greffe du juge de paix du canton de Comps.
Je vous en livre la teneur.

Titre :

Extrait des minutes du greffe du juge de paix du canton de comps

"L'an mil huit cens six et le quinze juillet a cinq heures après midi, devant nous laurens honnoré lyons premier supleant du juge de paix du canton de comps, residant au dit comps, est comparu laurens maurin marechal a forge de cette dite commune qui nous a dit qu'il s'était repandu le bruit qu'il s'était noyé un individu a la riviere d'artubi ; et sous le pont prés de ce lieu sur le chemin qui va au hameau de l'avelan ; que sur cet avis nous dit premier suppleant, en absence du juge et du greffier de paix qui resident a trigance, et attendu l'urgence, nous nous serions rendûs, accompagné des sieurs andré fabre et andré maurin notables et officiers municipaux de cette commune de comps et beaucoup d'autres personnes qui nous ont suivi, et entre autres du sieur joseph perrache officier de santé resident en cette meme commune que nous aurions requis de venir avec nous a l'endroit de la dite riviere et du pont qui nous avait été indiqué, où etant nous aurions prié et requis le sieur joseph perrache fils bon najeur de plonger la touve d'eau pour sortir le cadavre qui etait au fonds ; ce qui aurait été exécuté avec beaucoup de peine ; et le corps tiré sur le rivage par le moyen des cordages, attendu les difficultés precipiteuses du local, et etandu sur le terrein, assisté des dits deux notables, nous l'avons examiné et remarqué que s'était celui d'un individu feminin agé de prés de dix-huit ans, taille d'environ un metre six cens vingt quatre millimetres, sans coeffe (sans coiffe), ayant les cheveux noirs portant sur son corps un mouchoir cotton pourpre au cou avec une chemise, un corset de nanquin jaune, une juppe de cottonet quadrillée de bleu et de blanc, des bas de cotton bleu et sans souliers, ni ayant apperçû aucunes blessures ; tout de suite, a notre requis, le dit sieur perrache chirurgien aurait examiné le cadavre, l'aurait visité et nous aurait declaré qu'il n'aurait trouvé ni blessures ni contusions sur toute l'habitude de son corps, qu'il lui paraissait que ce corps avait sejourné six ou sept heures dans l'eau, qu'il se trouvait sans vie lui paraissant fort inutile de lui administrer des secours ; qu'au reste il lui en donnerait, mais que pour cela il fallait le faire transporter dans une maison où il peut user a propos des moyens que son art lui indiquait dans pareilles circonstances ; et tout de suite nous premier suppleant avons ordonné que le corps serait transporté a l'hopital de la commune de comps comme au batiment le plus pratique où les cadavres noyés sont ordinairement deposés, par le dit chirurgien ; tous les remedes de l'art, et ne rien negliger pour la rappeler a la vie, ce qui aurait été desuite exécuté, que ce cadavre transporté au dit depôt le sieur perrache aurait fait toutes les operations que son art lui indiquait, declarant, qu'apres avoir étendu sur un lit le cadavre noyé, l'avoir, a l'aide d'un feu gradué, echauffé peu a peu, avoir fait des frctions sur ce corps avec des flanelles et des servietes chaudes, avoir éssayé de lui faire respirer de la fumée de l'avoir agité en tous sens le cadavre enveloppé dans des couvertures de laine, tout a été inutile ; ce cadavre n'ayant aprés toutes ces operations inutilement repété, donné aucun signe de vie, et que la mort etant certaine, il n'y avait qu'a le faire inhumer.
Aprés cette declarartion du chirurgien, nous avons confié la garde, pendant la nuit, du cadavre, a jean baptiste parreimond cultivateur et a élizabeth esteve veuve de jacques gaitte aussi cultivateur de cette commune, pour rester entre leurs mains jusqu'a ce qu'il en soit autrement ordonné.
De tout quoi nous avons fait et dressé le present procés verbal que nous avons signé, avec le sieur fabre, maurin, notables, le sieur perrache officier de santé et le dit parraimond, la dite esteve ayant declaré ne savoir écrire, signé perrache, fabre, maurin et lyons pr supt du j.d.p. (en abrégé : procureur suppléant du juge de paix) a la minute.
Du seize juillet mil huit cens six a huit heures du matin devant nous jean louis ingignac juge de paix du canton de comps, assité du sieur michel dominique aicard notre greffier, est comparû le sieur laurens honnoré lyons notre premier supleant qui nous a exposé qu'hier sur les cinq heures du soir il fut appellé en notre absence pour aller constater l'état d'un cadavre noyé sur la riviere d'artubi ; que ne croyant pas pouvoir se refuser a en remplir les fonctions, il se transporta sur les lieux, avec deux notables et un officier de santé, qu'il prit le verbal (procès-verbal) ci dessus, nous priant de lui conceder acte de sa remisssion, sauf à nous ordonner ce que les circonstances exigeront d'éxecuter et a signé a la minute lyons pr suplt du j.d.p. (procureur duppléant du juage de paix)
vû le procés verbal du sieur lyons notre premier suppleant de la remission duquel nous lui avons concedé acte lan, jour et heure susdits.
Et tout de suite nous nous serions portés au depôt où etait placé le cadavre, ou nous avons trouvé jean baptiste parreimond et élizabeth esteve qu'en avaient la garde en compagnie de notre greffier ; et au meme instant est survenû andré collomp fils de feu marc antoine aubergiste de cette commune de comps, qui nous a dit qu'ayant eu connaissance, hier au soir, qu'on avait peché un individu feminin a la riviere d'artubi. Et une de ses soeurs nommée brigitte manquait de la maison paternelle, depuis hier au matin, neuf a dix heures et l'avoir faite inutilement chercher dans les environs, il craignait qu'un voulant se laver elle n'aye été la triste victime de son imprudence, qu'en voyant le cadadvre il reconnait avec la plus profonde douleur le dit cadavre pour étre celui de son infortunée soeur brigitte qu'a deffaut de sa mere actuellement detenue dans son lit d'affliction, il vient reclamer le dit cadavre pour le faire inhumer et a signé andré collomp a la minute.
De laquelle comparution et reclamation nous en avons donné acte au dit andré collomp, et ordonnons que le cadavre dont il est question lui sera remis pour lui procurer la sepulture et toutes les ceremonies religieuses attendu que la mort de la dite brigitte collomp, d'aprés le rapport de l'officier de santé parait etre naturelle et non un delit.
De tout quoi nous avons dresse les present procés verbal dont il en sera remis une expedition a lofficier public de cette commune de comps.
A comps lan et jour susdits. signé ingignac j. d. paix et aycard greffier.
pour expedition conforme"

 
Acte de décès de Brigitte Collomp en date du 16 juillet 1806

 

 

Par Nadine - Publié dans : Généalogie, Archéologie - Communauté : Généalogie Provence-Languedoc
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Commentaires

Coucou Nadine
Pauvre Brigitte ...Intéressant ce billet, cette façon de relater le décès d'une personne et les moyens mis en oeuvre pour la réanimation sont très désuets .... heureusement pour nous que le monde s'est modernisé !
Bon We Bisous Nadine !
Commentaire n° 1 posté par Violette le 05/04/2009 à 10h42
très surprenant, mais bien "raconté".........on se prend à la lecture comme dans un livre......Momo
Commentaire n° 2 posté par Moqueplet le 04/04/2009 à 12h13

une bien triste histoire,mais magnifiquement écrite, bon weekend et grosses bises

Commentaire n° 3 posté par jeanine et rené le 04/04/2009 à 07h58
Bonjour Nadine,

Je profite de ce texte savoureux sur un évènement hélas bien triste pour te féliciter sur la qualité de tes articles autant variés qu'instructifs. Je possède une maison à proximité de l'artuby (sur la commune de La Martre) et j'ignorais qu'il s'y était produit un tel évènement.

Je ne maîtrise pas encore bien mon blog (le costume provençal) et je ne sais pas si mon lien vers ta communauté a marché. Dois-je faire une maneuvre particulière ?

Bonne continuation, régales-nous encore de tes articles et photos !

Cécile.
Commentaire n° 4 posté par Gillo-Gallice Cécile le 03/04/2009 à 21h27

Je te remercie pour ta participation à mon petit jeu "des mots sur une photo"
L'heure est aux votes maintenant
http://aurendezvous.over-blog.net/article-29586501.html

Commentaire n° 5 posté par ~~ Kri ~~ le 02/04/2009 à 21h04
pauvre brigitte
béa kimcat
Commentaire n° 6 posté par béa kimcat le 18/06/2008 à 11h25
Connais-tu l'éthymologie de "Comps".
Il se trouve que sur une commune voisine de chez moi se trouve un hameau de ce nom, qui dénote dans le corpus des noms de lieux du bourbonnais.
Commentaire n° 7 posté par dominique03 le 06/06/2008 à 17h09
 Pauvre Fille  , le remède faisait peur
Bonne journée bise
Commentaire n° 8 posté par mamiegigi le 04/06/2008 à 08h09

Il est touchant de voir à quel point ces hommes se sont donnés du mal pour tenter de ramener cette jeune fille à la vie, alors que le corps avait séjourné plusieurs heures dans l'eau.
Santounette

Commentaire n° 9 posté par Santounette le 03/06/2008 à 23h17
sacré texte, dur à lire quand même, mais bien complet.
bonne soirée
Commentaire n° 10 posté par estelle le 03/06/2008 à 22h54
Très interessant, même si un peu barbare dans le mode de réanimation!!!!!!!!mais étonnant dans les noms cités, car beaucoup se retrouvent dans les noms de l'époque, à Flassans! les Perrache , Maurin, Aycard...c'est drôle, non? bisous de mémé Mounic qui se régale!!!
Commentaire n° 11 posté par mounico le 03/06/2008 à 21h48
Bonsoir NAdine,

Il est quand même surprenant qu'aucun des hommes qui avaient assisté à la récupération du corps de Brigitte Collomp ne l'aient reconnue.
Commentaire n° 12 posté par phyto le 03/06/2008 à 20h38

Très intéressant ce témoignage du passé ! ! !
Encore la galère ce matin pour déposer des commentaires ! !
BiZoux de la mer rouge ! !    @nne marie

Commentaire n° 13 posté par @nne marie le 03/06/2008 à 12h11
Impressionnant ce document pour annoncer une noyade
je te souhaite une douce journée - ici la pluie est toujours présente, temps humide ce qui n'arrange pas mon mal de dos
bisous d'amitié Mamy ANNICK
Commentaire n° 14 posté par MAMY ANNICK le 03/06/2008 à 11h15
LE PREMIER REPORTAGE EST SUR : http://freeriders2.over-blog.com/

DEPECHEZ VOUS DE VOUS INSCRIRE A LA NEWS LETTER DU BLOG (en haut à droite)
MERCI
PAT
Commentaire n° 15 posté par biker06 le 03/06/2008 à 09h20
Un p'tit coucou en passant, pour te souhaiter une agréable journée.

Bon mardi et bisous de ta p'tite cousine du Québec.
Commentaire n° 16 posté par Rosie le 03/06/2008 à 04h44

BONJOUR

 

DANS L’IMPOSSIBILITE D’ACCEDER A L’ADMINISTRATION DE MON SITE « FREE RIDERS » DEPUIS UNE SEMAINE (POUR CERTAINS 15 JOURS) ET DANS LE PEU DE CONSIDERATION QUE NOUS AVONS AVEC LES ADMINISTRATEURS D’OB POUR REPARER CE BUG, J’AI FAIT DANS L’URGENCE UN AUTRE BLOG.

JE ME FOUS TOTALEMENT DU BR, MAIS COMME JE SUIS UN PASSIONNE  ET QUE CELA ME FAIT ENORMEMENT PLAISIR DE LE PARTAGER AVEC VOUS, JE VOUS DEMANDE DE ME SOUTENIR EN VOUS INSCRIVANT A LA NEWS LETTER DE CE NOUVEAU BLOG : http://freeriders2.over-blog.com/.

COMME JE NE SUIS PAS UN FORTICHE EN INFORMATIQUE, CELUI-CI EST POUR L’INSTANT INCOMPET.

MERCI DE VOTRE COMPREHENSION

PAT

Commentaire n° 17 posté par biker06 le 03/06/2008 à 00h15
Incroyable document, tres interessant.  Tout ca pour dire qu'une jeune personne s'est noyee! 
Bises
Commentaire n° 18 posté par Christiane le 03/06/2008 à 00h07
c'est incroyable, je n'avait jamais vu un procès verbal de ce type. C'est étonnant au début il manque tous les accents, et dans certains passages c'est très correctement orthographié
Les médecins devait avoir un sacré pouvoir, pour pratiquer une réanimation , pouvoir de persuasion surtout !
merci Nadine pour ce récit restitué tel quel, tu as peut être l'occasion d'en voir souvent, mais pour moi c'est une première

gros bisous
jupi
Commentaire n° 19 posté par jupiter le 02/06/2008 à 23h45
Commentaire n° 20 posté par christel/seuleaumonde le 02/06/2008 à 21h31

ce que j'aime dans la plupart de ces vieux documents ,c'est la qualité de la gallygraphie
Commentaire n° 21 posté par carambaole le 02/06/2008 à 13h54
bonjour Nadine,

je viens du blog d'estelle, et nous sommes nominés dans la même catégorie, ça me permet de visiter ton blog.

Bonne continuation.

Laurent
Commentaire n° 22 posté par laurent - monjournaldebord le 02/06/2008 à 12h49
Un p'tit bonjour en passant. Bonne semaine.
Commentaire n° 23 posté par Chris le 02/06/2008 à 10h47
Je te souhaite une bonne journée
Bisous

Commentaire n° 24 posté par corinne le 02/06/2008 à 10h15
...etonnant fait divers, bien relaté dans la langue de l'époque, bon debut de semaine Nadine et grosses bises
Commentaire n° 25 posté par jeanine et rené le 02/06/2008 à 07h18
Ton billet est très intéressant.  Je ne savais pas qu'à la suite d'avoir recueilli un/une noyé(e), on lui prodiguait des soins de retour à la vie.

Pauvre Brigitte, victime de l'onde, cela aura été son dernier bain.

Merci, de nous avoir publié cet extrait de la mort de cette personne dans son langage d'origine.

Bon lundi et bisous de ta p'tite cousine du Québec.
Commentaire n° 26 posté par Rosie le 02/06/2008 à 05h17

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