La cascade haute de 42 mètres (Photo Nadine)
Sillans-la-Cascade (Silan en en provençal) est une commune située dans le Var.
D'après Grohler, Sillans proviendrait du latin "Silius". Le grand poète Frédéric Mistral quant à lui voit dans "Silan", le nom de personne Silanus.
Cité au XIe siècle : "in villa Silans" ; "Cilias" au XIIe siècle ; "Cilans" puis "Sillans dans des écrits de 1477. Caché dans un écrin de verdure le village garde par certains aspects son
caractère médiéval. Resserré autour du château, ses ruelles serpentent au gré des maisons plus ou moins anciennes. Le visiteur tombera sous le charme de ses ruelles tranquilles qui semblent
attendre qu’une magie opère et libère de son sommeil millénaire ses vieilles pierres qui auraient tant à nous conter.
Armes : de gueules, à un pont à deux arches d’or, surmonté de trois étoiles du même.
Armoiries de Sillans à l'entrée du village (Photo Nadine)
Le village est situé au bord de la rivière la Bresque. Ses habitants sont au nombre de 565. Sillans vit essentiellement du tourisme pour sa cascade haute de 42 mètres qui précipite les eaux de la
Bresque en contrebas. De la route, un chemin bordé de platanes centenaires ainsi que la ruine d’un vieux moulin voisinent avec le vert tapis d’une large prairie. Le sentier au caractère
délicieusement romantique, conduit le visiteur jusqu'à un petit col où il aperçoit à travers la végétation luxuriante la longue et haute trainée d’argent liquide. En empruntant les escaliers,
puis le petit sentier, les petits ponts, on ne tarde pas à découvrir les bassins étagés ou la rivière précipite ses eaux. Et là, le miracle s’opère, au milieu des rochers qui entourent la vasque
principale, sur le petit ponton vous pouvez plonger votre regard dans cette onde turquoise qui trouve son origine dans les eaux du Verdon. Le village et ses abords sont inscrits à l'inventaire
des sites protégés.
A part le mégalithe du quartier Saint-Laurent, aucun vestige lithique n'a été découvert à ce jour permettant de définir une occupation permanente du terroir à l'époque préhistorique. La tribu
d’origine serait celle des Verucini, elle n’a pas laissée beaucoup de traces à part quelques tessons de poterie et silex.
Concernant le mégalithe de Saint-Laurent, il existe trois versions possibles :
L'occupation romaine est attestée en plaine par les nombreuses traces d'habitat mises au jour aux quartiers du Bastidon, de
Saint-Barnabé et de la Mude. Le lieu se trouve non loin de la voie romaine allant de Fréjus à Riez. (Voie aurélienne dont je vous ai déjà parlé).
Au XIe siècle, Richaud, Franconus, Poncius Willelmus et Albertus donnent à l'abbaye de Saint-Victor de Marseille les terres qu'ils possèdent à Sillans, alors qualifiée de "villa". En
1099, Bérenger, évêque de Fréjus, restitue à l'abbaye marseillaise l'église de "Cillans" qui lui appartenait avant l'invasion sarrasine.
Le 22 février 1154, Pétrus, évêque de Fréjus cède à Guillielmus, abbé de Saint-Victor, l'église Sainte-Marie de "Cilans" située à l'intérieur du Castrum. La seigneurie de Sillans passe
successivement à la famille des Baux puis à celle des Pontevès.
En 1237, le chapitre de Barjols échange à ces puissants seigneurs leur part sur la juridiction de Barjols contre des "affars" à Sillans et Esparron.
Vers 1536, la moitié de la seigneurie passe par alliance à la maison de Blacas.
Gravure représentant le château
En août 1619, les Albert-Châteauneuf achetent cette part de seigneurie et en mars 1627, celle des Pontevès. Louise-Adélaïde Julie d'Albert l'apporte en 1775 dans la maison des Le Tonnelier par
son mariage avec Louis-Charles Le Tonnelier, comte de Breteuil.
Le 26 mai 1781, Antoine François Rollans, greffier au Parlement de Provence, acquiert ce fief aux enchères pour la somme de 286 000 livres. Sa petite-fille, Marie-Antoinette-Delphine, l'apporte
dans la maison des Castellane par son mariage avec le marquis Boniface Hippolite de Castellane. Leur descendance contniue à ce jour.
En 1863, le domaine de Saint-Barnabé est démembré de Sillans en faveur de maître Boyer, notaire à Aups.
Sillans : le château et une partie des remparts
Le 19 mars 1992, le comte François de Castellane vend le château, le Bastidon et quelques hectares de terre à la commune, une autre partie du patrimoine foncier (la cascade) fut cédée au Conseil
Général au titre de la taxe verte. Ce site devenant un espace naturel sensible sous gestion du Conseil Général qui doit en
assurer la préservation tout en laissant libre accès au public. Ce musée vivant est devenu ainsi un bien commun que nous transmettrons aux futures générations
La cascade vue de près (Photo Nadine)
La ligne du "Train des Pignes" allant de Draguignan à Meyrargues dans les Bouches-du-Rhône, s'arrêtait à la rive gauche de la Bresque dans la gare Sillans-Aups. La gare a été ouverte le 28 août
1888, bâtiment de 3e classe avec halle séparée, buvette, trois voies et un tiroir. L'Embranchement à la voie Decauville est ouvert en 1913 pour la Société Anonyme des
Bauxites du Var, pour relier la gare à la nouvelle mine du domaine du marquis de Castellane par un tracé longeant la voie principale côté Meyrargues. La ligne a été fermée en 1950 et la gare de
Sillans est devenue depuis une école maternelle.