Samedi 3 juillet 2010
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16:00
Marie
une de mes amies qui habite entre les Arcs sur Argens et Vidauban, dans la campagne m'a écrit ceci :
"Je travaillais à la mairie de Taradeau quand la pluie s'est mise à tomber de plus en plus fort. J'étais
assaillie par les coups de fil de gens qui commençaient à s'affoler, voyant l'eau monter à toute vitesse dans leur jardin ! On n'a pas compris tout de suite la gravité de la situation, d'autant
plus que nous à la mairie, étant un peu en hauteur, on ne se rendait pas bien compte de ce qui se passait plus bas. On trouvait tout de même que la rue se changeait peu à peu en cascade et que
des geysers sortaient des bouches d'égouts. La compréhension de la catastrophe est arrivée quand une personne m'a téléphoné en me disant que l'eau rentrait cette fois dans sa maison, puis
d'autres ont suivi ! On a vu arriver une famille, les parents et deux filles avec deux chats dans des caisses, trempés jusqu'aux os, ils étaient partis en catastrophe de chez eux,
laissant trois autres chats à l'étage, l'eau avait déjà envahi le rez-de-chaussée. Le père est retourné peu de temps après pour essayer de récupérer les chats et quelques affaires, il n'a
pas pu s'approcher, sa voiture se trouvait accrochée au dessus de son portail, et il avait du repartir à la nage ! A partir de ce moment là, plein de gens sont venus se réfugier à la mairie, on a
essayé de les sécher et de les réchauffer comme on a pu. C'était dramatique, lorsque la pluie s'est un peu calmée, nous sommes allés tous nous réfugier dans l'école, car il était impossible de
rentrer chez nous. Au milieu de la nuit, j'ai pu enfin partir, mais je n'ai pas pu rentrer chez moi, la petite route goudronnée que l'on prend de la nationale ressemblait à un fleuve, le
Réal était sorti de son lit et mesurait à cet endroit au moins 50 m de large ! Le lendemain, on a su que le pont de l'Argens qui mène chez nous était impraticable et il l'est toujours
d'ailleurs.
A Taradeau, quatre maisons ont été complètement emportées, il ne reste que les fondations, ça ne parait
pas croyable, une est carrément coupée en deux, le pont de la Florieye n'a pas résisté, plus de passage pour aller sur Lorgues, nous n'avons pas eu de mort, mais je suis là-bas tous les jours et
je peux te dire que de voir ces pauvres gens qui n'ont plus rien, c'est terrible, je n'en dors pas la nuit. Il y a heureusement un élan énorme de générosité, mais quel boulot avant que tout
redevienne comme avant ! C'est bouleversant !
Voilà pour mon témoignage, je m'estime heureuse de n'avoir rien eu, et même si mon chemin est inaccessible,
c'est un moindre mal".
Je remercie Marie de m'avoir envoyé ce témoignage. Je vous montre les photos qu'elle a faites.
Photos 1 et 2 : le chemin qu'elle emprunte pour aller chez elle est devenu inaccessible.
Photo 3 : la route est elle aussi dans le même état.
Photo 4 et 5 : la place de la Mairie aux Arcs sur Argens et le trou béant qui s'y est formé. Un deuxième trou
est apparu dans les jours qui ont suivi d'après ce qu'une amie de ma soeur lui a dit.
Photo 6 : le théâtre en plein air aux Arcs sur Argens.
Photo 7 : le passage du Réal aux Arcs sur Argens.
Photo 8 : le pont qui enjambe l'Argens est détruit.
Photo 9 : l'Aille un petit cours d'eau charrie des arbres.
Photo 10 à 14 : le village de Taradeau.