Légendes, Contes

Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 00:55

 
Le dolmen de la Pierre de la fée à Draguignan est situé sur la route de Montferrat. Il est constitué par trois dalles verticales de 2,20 à 2,40 mètres de haut, soutenant une table de plus de 5 mètres de longueur pour un poids avoisinant les 20 tonnes. Une dalle de soutien supplémentaire existait au siècle dernier et encore en 1996. Les dalles en place sont en calcaire local.
Ce dolmen, classé monument historique a été restauré en 1951. Il est l'un des plus imposant de Provence. A l'origine, sépulture collective, il date de la fin du néolithique, début du chalcolithique (2500/2000 avant J.C.) Les archéologues ont découvert une douzaine de perles en rondelle (callaïs et jadéïte), deux perles en rondelle en calcaire amorphe blanchâtre, neuf perles en lignite, une crache de cerf perforée à la racine, deux perles en tonnelet en serpentine à perforation biconique et trois opercules de "cyclostomas elegans" à perforation naturelle. Des fouilles de Léon Compagnon en 1844, il ne reste qu'une pointe de flèche en silex, deux boutons en os et une perle de plomb. Des fragments de restes humains révèlent la présence d'un sujet âgé. Ce dolmen a été source de nombreuses fouilles clandestines jusqu'à subir un dynamitage en 1975 !

La légende de la fée Esterelle en fait un lieu de fécondité. Le mégalithe est cité par Jehan de Nostredame, frère de Michel de Nostredame (Nostradamus) dans sa légende de saint Hermentaire (1540) et par Frédéric Mistral dans Calendal (1886) :

"Vers Draguignan quouro que trèves

T'enseignaran, se te n'entrèves,

La Peiro de la fado : es un immenso blot..."

"Vers Draguignan, si tu te trouves

Fais-toi montrer, si ne la trouves,

La Pierre de la Fée, c'est un immense bloc..."


Image:Celtic Stone in Draguignan - Provence - France.JPG

 
La pierre de la fée ( péiro de la fado ) : le dolmen de Draguignan
 


Il était une fois une fée qui aimait à se déguiser en bergère. Ainsi travestie, elle s'en allait, sous les bosquets d'orangers et de grenadiers, et jouait de la mandoline. La fausse bergère, gràce à sa beauté et, peut-être, à quelque mélodie magique, parvint à inspirer une grande passion à un jeune génie du voisinage qui finit par lui demander sa main. La fée consentit à la lui accorder, s'il acceptait , de son côté, que le mariage fût celebré sur une table formée de trois pierres dont elle lui fit un portrait minutieux. Le jeune homme reconnut dans la description de sa bien-aimée les pierres qui, depuis dix siècles avaient dévalé la montagne de Fréjus pour s'entasser au bas de la gorge voisine. Réunissant toutes ses forces physiques et surnaturelles, il parvint à dresser les deux premières pierres, mais fut incapable de déplacer la troisième. Accablé, il crut avoir perdu la main de la bergère.
Mais la fée, à qui il n'était pas indifférent le prit de pitié. La nuit suivante, elle s'approcha de la pierre récalcitrante et traça autour d'elle un cercle magique. Sur le champ, une immense flamme s'éleva et la lourde dalle fut transportée sur les deux autres. A l'aube, la bergère magicienne surveilla son amant pour partager sa joie au moment où il découvrait le prodige. Mais le jeune homme comprit seulement qu'il était un bien modeste génie et qu'il était condamné à mourir parce qu'il aimait une fée plus habile que lui. Il mourut donc, bientôt suivi par la fée folle de désespoir.
  

 

 

 

Par Nadine - Publié dans : Légendes, Contes - Communauté : La Sérénité dans la diversité
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Lundi 13 juin 2011 1 13 /06 /Juin /2011 00:00



Un jour, le chevalier de Rousset, village situé au pied de la montagne Sainte Victoire, et prénommé Raymond rencontra sur les bords de l’Arc, une jeune fille très belle dont il tomba éperdument amoureux au premier regard. Ce fut pour ainsi dire, un coup de foudre réciproque car la jeune damoiselle ne fut pas insensible au charme du beau chevalier. Son allure et sa prestance la mirent tout de suite en émoi.
De son côté, le chevalier conquis par tant de beauté et par la douceur qui émanait d'elle, lui demanda aussitôt de l’épouser. Elle accepta, à la condition qu’il ne chercherait jamais, sous quelque prétexte que ce soit, à la voir se baigner. Il trouva cela un peu curieux mais il y consentit tout de même, du moment qu'elle lui donnait son coeur et sa main.
Le mariage eut lieu promptement et les années s'écoulèrent bercées par un bonheur sans tache. De leur union naquirent deux filles et deux garçons, enfants d'une grande beauté eux aussi.


Or, un matin, Raymond de Rousset étourdi, entra sans prendre garde, dans la chambre pendant que sa femme faisait sa toilette. Il vit avec horreur et incrédulité, un serpent monstrueux s’élancer hors de la baignoire, franchir la fenêtre et aller se réfugier dans les marais qui bordaient la rivière. Nul ne revit plus jamais l'effrayante bête ni hélas, sa charmante épouse. Mais certains habitants racontent qu'on vit longtemps rôder aux environs du château et sous les fenêtres des enfants, une sorte de fantôme énigmatique. Certains témoins rapportent également l'avoir entendu pleurer et gémir.

La femme du chevalier ne porte pas de nom dans les chroniques anciennes qui sont parvenues jusqu'à nous. Cependant, il semble bien qu'elle soit une personnification provençale de le fée Mélusine, qui hanta le domaine de Lusignan, et dont Jehan d'Arras, à la fin du XIVe siècle, se fit l'historien.

Source : Guide de la Provence mystérieuse - Editions Tchou -
Texte arrangé par moi-même.


Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Légendes, Contes - Communauté : La Sérénité dans la diversité
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Lundi 4 avril 2011 1 04 /04 /Avr /2011 00:00

  Beguines.jpg

 

Sur la montagne de la Sainte-Baume, dans l’est du Saint-Pilon, on voit une hauteur qui s’appelle le Baou dei Béguinos (la barre des Béguines). La légende raconte que ce nom lui a été donné à la suite d’un miracle survenu en cet endroit. Au temps où il y avait des couvents d’hommes et de femmes dans divers endroits de cette montagne, il arriva un jour que deux jeunes béguines, aussi jolies que pures et pieuses, se promenant dans le bois s’égarèrent parce que en disant leur chapelet, elles n’avaient pas fait suffisamment attention au chemin qu’elles faisaient. Or, elles étaient arrivées ainsi jusqu’au sommet de la montagne, lorsqu’elles rencontrèrent deux jeunes chevaliers en quête de bonnes fortunes. Les deux débauchés, frappés de la beauté des béguines, leur dirent des paroles déplacées et bientôt, s’enhardissant, ils voulurent passer des paroles aux actes. Les deux saintes filles, effarouchées, se mirent à courir. Les jeunes gens se piquant au jeu les poursuivirent et il arriva un moment où les pauvres filles se trouvèrent acculées contre le bord du précipice, sans autre alternative que la mort ou le péché. Elles préférèrent la mort. D’un commun accord, elles recommandèrent leur âme à sainte Magdeleine et s’élancèrent dans le vide. Mais la sainte ne les abandonna pas, elles furent soutenues par des anges, firent leur terrible saut de près de trois cents mètres de hauteur sans éprouver le moindre mal. Délivrées ainsi, miraculeusement, des obsessions des deux impies, elles rentrèrent dans leur couvent, en continuant à égrener leur chapelet.

 

Sources : Le Grand almanach de la Provence 2010 – Geste éditions.

 

beguine.jpg

 

Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Légendes, Contes - Communauté : Provence Passion
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 00:00

 

Quand on parle de Gonfaron, dans le Var, on pense automatiquement à la légende de l'âne qui vole. Cette légende est encore vivace, mais sait-on exactement ce qu'elle raconte ?
***************
Gonfaron est un village du centre Var dans lequel se déroule la fête de l'âne volant au mois d'avril. En fin de journée, un âne fabriqué à cette occasion est brûlé. Au cours du temps, plusieurs versions de la légende sont nées, mais la plus répandue est celle-ci :

le village est surmonté par une chapelle portant le nom de son saint patron, saint Quinis. Jadis, la tradition voulait que les habitants se réunissent pour faire une procession vers la chapelle. Il était donc demandé aux habitants de nettoyer le devant des maisons et les ruelles par lesquelles passerait le cortège. Or, en 1645, un Gonfaronnais grincheux refusa, on ne sut jamais pourquoi, de sacrifier au rite d'effectuer cette besogne de propreté et s'écria simplement : "Si saint Quinis trouve le passage trop sale, il n'aura qu'à sauter par dessus !". Selon certains témoins, il ajouta même quelques propos désobligeants. La municipalité fit procéder d'autorité au travail nécessaire. La fête eut lieu dans la joie et la bonne humeur, mais l'incident resta pourtant dans le mémoire des habitants... Quelques temps après, le vieil homme revenant de la campagne sur son âne, descendait les pentes de la Carnaraute qui est la colline qui domine Gonfaron au nord. Or sa bête, énervée par les taons qui volaient autour d'elle, s'emballa soudain. A tel point que quittant son chemin, elle fit un vol plané au-dessus du ravin tandis que son piteux cavalier était projeté rudement sur le sol. Connue aussitôt, sa mésaventure fit la joie et la risée de tout le pays, et chacun de s'écrier : "C'est bien fait, saint Quinis l'a puni, son âne a volé ".
Voilà donc l'histoire de l'âne volant de Gonfaron.

Source : Texte inspiré du livre de Louis BAUDOIN : "Histoire Générale de la commune de Gonfaron des origines au XXème siècle" - édité en 1976-

Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Légendes, Contes - Communauté : Traditions et maintenance
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Mercredi 2 juin 2010 3 02 /06 /Juin /2010 00:00

 

 Un dimanche du mois dernier, nous sommes allés à Flassans-sur-Issole puis

à Besse-sur-Issole.

Nous avons été agréablement surpris de découvrir ce joli lac.

Comme nous ne sommes restés que de ce côté du lac je n'ai pas pu faire d'autres photos, mais cela vous donne déjà une idée.

 

Besse-Lac1

 

Besse-Lac2

 

Besse-Lac3

 

Besse-Lac4

 

Première photo : Explications de la légende du lac.

A Besse, la municipalité a fait installer beaucoup de panneaux en carraux de faïence pour les explications historiques.

Je trouve que c'est très bien à condition qu'ils ne soient pas tagués comme j'ai pu voir. 

 *******************

Voici la légende du lac :

  Vers le nord de l'étang, se dresse au-dessus du miroir des eaux une véritable falaise rocheuse, haute de 30 pieds, toute jaspée de plantes pariétaires, coiffée de buissons verdoyants et du haut de laquelle, en été, se précipitent les enfants avec le secret espoir de toucher le fond introuvable. Ce jeu est d'autant plus redouté des parents que les profondeurs sont habitées par des morts vivants qui mènent sur les eaux une vie étrange et châtiée. Comme Sodome et Gomorrhe, la primitive citée de Besse fut une ville impie.

Elle avait trop de goût pour la danse et les amusements frivoles. Et les habitants avaient osé remplacer les cantiques par des chansons licencieuses lors d'une procession de la Fête-Dieu ! C'est pour un tel comportement et en châtiment que, telle la ville d'Ys, Besse subit les foudres du Ciel et fut ensevelie sous de puissantes vagues jaillissantes qui au-dessus de la ville à jamais submergée, devinrent des eaux mortes souriantes et pourtant dangereuses, immobiles et pourtant menaçantes. Cet engloutissement eut lieu le jour de la fête de Sainte-Anne. Des Bessois foulaient le blé ce jour là sur les aires publiques pendant que tournaient les chevaux dont les sabots faisait glisser le grain hors des gerbes. C'est en mémoire de cet évènement que le jour de la Sainte-Anne est considéré à Besse et dans les villages alentours, comme défavorable aux foulaisons. A certaines époques de l'année, lorsque l'on va en bateau au milieu du lac, sur un point difficile à trouver à la surface miroitante des eaux, on peut apercevoir tout au fond, les aires chargées de gerbes étincelantes, les chevaux tournant d'un mouvement sans fin et piétinant la paille dorée qui s'éparpille en lueurs ardantes. Une pierre érigée en souvenir de ce jour funeste, repose sur le fond du lac. On peut y lire, écrit en provençal :

Qu m'a vist, a ploura

Qu me veira, plourara

 

Qui m'a vu, a pleuré

Qui me verra, pleurera

 

C'est en 1860, que les Bessois ont vu la pierre pour la dernière fois, à la suite d'une extraordinaire sécheresse.

 

Barre-coeurs-fleurs.gif

 

Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Légendes, Contes - Communauté : France:nos plus beaux villages
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