J'ai découvert ce texte par hasard en surfant sur le net. Je l'ai trouvé fort original, je vous en fais donc profiter. Bonne lecture.
Pour le lire c'est par ici :
http://www.nullepartailleurs.biz/
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Je vous propose aujourd'hui un texte trouvé dans les
archives de Comps-sur-Artuby et dont une amie généalogiste prénommée Suzette, m'a donné une photocopie. Je l'ai recopié tel quel en respectant l'orthographe. Prenez le temps de le lire, c'est un
récit vraiment très intéressant.
Le village de Comps-sur-Artuby
Carte de Cassini qui situe le quartier de l'Avelan
Titre :
Extrait des minutes du greffe du juge de paix du canton de comps
"L'an mil huit cens six et le quinze juillet a cinq heures après midi, devant nous laurens honnoré lyons premier supleant du juge de paix du canton de comps, residant au dit comps, est
comparu laurens maurin marechal a forge de cette dite commune qui nous a dit qu'il s'était repandu le bruit qu'il s'était noyé un individu a la riviere d'artubi ; et sous le pont prés de ce lieu
sur le chemin qui va au hameau de l'avelan ; que sur cet avis nous dit premier suppleant, en absence du juge et du greffier de paix qui resident a trigance, et attendu l'urgence, nous nous
serions rendûs, accompagné des sieurs andré fabre et andré maurin notables et officiers municipaux de cette commune de comps et beaucoup d'autres personnes qui nous ont suivi, et entre autres du
sieur joseph perrache officier de santé resident en cette meme commune que nous aurions requis de venir avec nous a l'endroit de la dite riviere et du pont qui nous avait été indiqué, où etant
nous aurions prié et requis le sieur joseph perrache fils bon najeur de plonger la touve d'eau pour sortir le cadavre qui etait au fonds ; ce qui aurait été exécuté avec beaucoup de peine ;
et le corps tiré sur le rivage par le moyen des cordages, attendu les difficultés precipiteuses du local, et etandu sur le terrein, assisté des dits deux notables, nous l'avons examiné et
remarqué que s'était celui d'un individu feminin agé de prés de dix-huit ans, taille d'environ un metre six cens vingt quatre millimetres, sans coeffe (sans coiffe), ayant les cheveux noirs
portant sur son corps un mouchoir cotton pourpre au cou avec une chemise, un corset de nanquin jaune, une juppe de cottonet quadrillée de bleu et de blanc, des bas de cotton bleu et sans
souliers, ni ayant apperçû aucunes blessures ; tout de suite, a notre requis, le dit sieur perrache chirurgien aurait examiné le cadavre, l'aurait visité et nous aurait declaré qu'il n'aurait
trouvé ni blessures ni contusions sur toute l'habitude de son corps, qu'il lui paraissait que ce corps avait sejourné six ou sept heures dans l'eau, qu'il se trouvait sans vie lui paraissant fort
inutile de lui administrer des secours ; qu'au reste il lui en donnerait, mais que pour cela il fallait le faire transporter dans une maison où il peut user a propos des moyens que son art lui
indiquait dans pareilles circonstances ; et tout de suite nous premier suppleant avons ordonné que le corps serait transporté a l'hopital de la commune de comps comme au batiment le plus pratique
où les cadavres noyés sont ordinairement deposés, par le dit chirurgien ; tous les remedes de l'art, et ne rien negliger pour la rappeler a la vie, ce qui aurait été desuite exécuté, que ce
cadavre transporté au dit depôt le sieur perrache aurait fait toutes les operations que son art lui indiquait, declarant, qu'apres avoir étendu sur un lit le cadavre noyé, l'avoir, a l'aide d'un
feu gradué, echauffé peu a peu, avoir fait des frctions sur ce corps avec des flanelles et des servietes chaudes, avoir éssayé de lui faire respirer de la fumée de l'avoir agité en tous sens le
cadavre enveloppé dans des couvertures de laine, tout a été inutile ; ce cadavre n'ayant aprés toutes ces operations inutilement repété, donné aucun signe de vie, et que la mort etant certaine,
il n'y avait qu'a le faire inhumer.
Aprés cette declarartion du chirurgien, nous avons confié la garde, pendant la nuit, du cadavre, a jean baptiste parreimond cultivateur et a élizabeth esteve veuve de jacques gaitte aussi
cultivateur de cette commune, pour rester entre leurs mains jusqu'a ce qu'il en soit autrement ordonné.
De tout quoi nous avons fait et dressé le present procés verbal que nous avons signé, avec le sieur fabre, maurin, notables, le sieur perrache officier de santé et le dit parraimond, la dite
esteve ayant declaré ne savoir écrire, signé perrache, fabre, maurin et lyons pr supt du j.d.p. (en abrégé : procureur suppléant du juge de paix) a la minute.
Du seize juillet mil huit cens six a huit heures du matin devant nous jean louis ingignac juge de paix du canton de comps, assité du sieur michel dominique aicard notre greffier, est comparû le
sieur laurens honnoré lyons notre premier supleant qui nous a exposé qu'hier sur les cinq heures du soir il fut appellé en notre absence pour aller constater l'état d'un cadavre noyé sur la
riviere d'artubi ; que ne croyant pas pouvoir se refuser a en remplir les fonctions, il se transporta sur les lieux, avec deux notables et un officier de santé, qu'il prit le verbal
(procès-verbal) ci dessus, nous priant de lui conceder acte de sa remisssion, sauf à nous ordonner ce que les circonstances exigeront d'éxecuter et a signé a la minute lyons pr suplt du
j.d.p. (procureur duppléant du juage de paix)
vû le procés verbal du sieur lyons notre premier suppleant de la remission duquel nous lui avons concedé acte lan, jour et heure susdits.
Et tout de suite nous nous serions portés au depôt où etait placé le cadavre, ou nous avons trouvé jean baptiste parreimond et élizabeth esteve qu'en avaient la garde en compagnie de notre
greffier ; et au meme instant est survenû andré collomp fils de feu marc antoine aubergiste de cette commune de comps, qui nous a dit qu'ayant eu connaissance, hier au soir, qu'on avait peché un
individu feminin a la riviere d'artubi. Et une de ses soeurs nommée brigitte manquait de la maison paternelle, depuis hier au matin, neuf a dix heures et l'avoir faite inutilement chercher dans
les environs, il craignait qu'un voulant se laver elle n'aye été la triste victime de son imprudence, qu'en voyant le cadadvre il reconnait avec la plus profonde douleur le dit cadavre pour étre
celui de son infortunée soeur brigitte qu'a deffaut de sa mere actuellement detenue dans son lit d'affliction, il vient reclamer le dit cadavre pour le faire inhumer et a signé andré collomp
a la minute.
De laquelle comparution et reclamation nous en avons donné acte au dit andré collomp, et ordonnons que le cadavre dont il est question lui sera remis pour lui procurer la sepulture et toutes les
ceremonies religieuses attendu que la mort de la dite brigitte collomp, d'aprés le rapport de l'officier de santé parait etre naturelle et non un delit.
De tout quoi nous avons dresse les present procés verbal dont il en sera remis une expedition a lofficier public de cette commune de comps.
A comps lan et jour susdits. signé ingignac j. d. paix et aycard greffier.
pour expedition conforme"
Acte de décès de Brigitte Collomp en date du 16 juillet 1806

Après le livre de raison dont je vous avais parlé en 2008 - cliquez ICI pour lire mon article - je vais vous parler du livre d'heures.
Vers la fin du Moyen Âge se manifeste le besoin d'un livre rendant accessible aux laïcs certains éléments du bréviaire utilisé par les prêtres. D'après ce modèle, s'est développé pendant le
XIVe siècle un livre de dévotions privées qui reprend le rôle du psautier (recueil des psaumes). Ces livres d'heures se sont surtout répandus en France, dans les Pays-Bas du Sud, en
Angleterre et, plus tard, en Italie et en Espagne. Ils constituent une part considérable de l'ensemble des textes médiévaux conservés. Chaque chrétien désirait en posséder un ou même plusieurs,
et, selon sa situation, il les faisait exécuter d'une façon somptueuse ou modeste. Malgré des variations de format et l'abondance des illustrations, tous les livres d'heures sont composés selon
un même schéma, qui souffre cependant des exceptions. Les livres d'heures commencent par un calendrier rédigé exclusivement en fonction des fêtes religieuses et des saints. Suivent ensuite deux
longues prières, "Obsecro te" et "O intemerata", qui implorent la grâce de voir apparaître la Vierge au moment de la mort, sans oublier les autres prières et les messes pour certains jours
saints.

Dans sa forme initiale, un livre d'heures ne rassemblait que des textes appropriés aux heures liturgiques. Comme de nombreux livres d'heures sont enluminés, ils constituent une importante documentation sur la vie aux XVe et XVIe siècles et sont la source d'une iconographique sur la chrétienté médiévale. Vers la fin du XVe siècle, des tirages imprimés furent réalisés selon le principe de la xylographie.

L'Ascension du Christ - Les Très Riches Heures du duc de Berry
Le plus célèbre livre d'heures est Les Très Riches Heures du duc de Berry réalisé par les frères
de Limbourg entre 1412 et 1416 pour le duc Jean
Ier de Berry qui commanda également Les Petites Heures de Jean de Berry, qui est conservé à la Bibliothèque nationale de France, Les Belles Heures du Duc de Berry et Les Riches Heures
du Duc de Berry. A préciser que le manuscrit des Très Riches Heures du duc de Berry est conservé au musée Condé, à Chantilly. L'ouvrage se compose de 206 feuillets, dont plus de la moitié sont
des illustrations pleine page, d'un format de 21 cm de largeur sur 29 cm de hauteur ; il s'agit d'un vélin très fin.
La palette de couleurs utilisée par les auteurs est très riche : les frères de Limbourg ont employé des
matières minérales ou chimiques, mais aussi des plantes, ainsi que de la gomme arabique qui servait de liant. Le vert était obtenu à partir de malachite broyée, quant au bleu azur, il provenait
de lapis lazuli. Ces matières étaient importées du Proche-Orient, broyées et pilées, ce qui donne une idée du prix de l'oeuvre à l'époque.
Je vous conseille si vous voulez en savoir plus sur ce manuscrit, le site de l'Institut de France dont je vous donne le lien :
http://www.institut-de-france.fr/animations/berry/berry.swf
C'est absolument superbe !

Anatomie humaine, enluminure
des Très Riches Heures du duc de Berry
Photo personnelle de Nadine :
mes arrière-grands-parents maternels Jules et Marie,
mon grand-père Louis et ma grand-tante Julienne
Ah mes aïeux si vous saviez !
Eh oui, si vous saviez chers grands-pères et grands-mères
Qu'une de vos petites-filles, curieuse et obstinée,
A voulu retrouver traces de ses aînés,
Et de son ascendance éclaircir le mystère.
Combien d'heures passées à rechercher vos noms,
Vos épouses et vos fils, vos dates de naissance,
Celles de vos décès, les lieux de votre enfance,
Et, pour vous distinguer, vos différents prénoms.
Trouvant là Elisabeth et là Bonaventure,
Passant de Marie à Rosa et de Marius à Jules,
Notant des épousailles de cousins et cousines,
Elle s'étonna parfois voyant vos signatures.
Les oncles et neveux, les frères ou beaux-frères,
Les curés, les témoins, les parrains et marraines,
Les lieux-dits, les hameaux, les fermes et domaines,
Elle n'a rien oublié pour tenter d'y voir clair.
Laboureurs, ménagers, artisans, cabaretiers,
Cultivateurs et maçons, fileuses ou ménagères,
Un grand-père mécanicien, une grand-mère épicière,
Elle connaît, voyez-vous, de chacun le métier.
Et si par un miracle, quelque jour de printemps,
Vous pouviez, chers aïeux, retrouver forme et vie,
Elle serait, croyez-le, profondément ravie
De vous accueillir tous à l'âge de vos vingt ans.
Et si vous retrouviez du mariage le costume,
Ce serait encore mieux et nous ferions la fête ;
En buvant le vin blanc et goûtant la galette,
Vous lui raconteriez votre vie, vos coutumes.
A certains d'entre vous elle a déjà donné
Une allure, un visage, un sourire, un regard,
Elle voit de jolies filles et de forts beaux gaillards,
Mais si cela n'était, soyez-en pardonnés.
Si vous n'avez laissé ni fortune ou blason,
Si aucun de vos noms n'est entré dans l'histoire,
Cela ne prouve point que vous n'ayez pas eu de gloire ;
Quoi que vous ayez fait, vous avez eu raison.
Vous n'êtes pas tous là, il y a des absents,
Car votre descendante, sans écrits, sans indices,
N'a pu retrouver ceux et celles qui jadis,
Par amour ou péché, ont fait qu'elle a leur sang.
Pierre Gudefin
Poème arrangé par Nadine qui l'a mis au féminin
et changé les prénoms et les métiers
Un jour, une cousine de maman, Marie-Madeleine AGNES, institutrice en retraite, est venue nous rendre visite avec son mari. Elle habitait à Toulon et avait apporté avec elle deux gros classeurs. Son fils Jean était le parrain de maman. Ces classeurs contenaient l'histoire de sa famille qu'elle avait écrite et qui était donc en partie la mienne. "Comme tu fais la généalogie de la famille, je te fais cadeau de ces classeurs" m'a-t-elle dit. J'étais émue, ce cadeau était un vrai trésor pour moi ! En échange, je lui ai remis sa généalogie.
Je vais donc vous raconter ce que Marie-Madeleine a écrit. J'ai choisi deux épisodes de la
vie de nos ancêtres communs. Je vous en ferai le récit en deux fois, l'autre partie paraîtra demain.
A présent, je laisse la parole à Marie-Madeleine :
"Ma grand-mère maternelle,
Madeleine Bertrand, est née à Draguignan le 31 décembre 1844. Douzième enfant d'une modeste famille paysanne, l'aîné avait plus de vingt ans à sa
naissance ! Leurs prénoms étaient ceux des apôtres et des grands saints : Pierre, André, Jacques, François, Marie, Elisabeth pour terminer par elle, Madeleine, évangélique et
provençale".
Nadine : Moi, je descends de François Bertrand, frère de Madeleine, qui était le grand-père de ma grand-mère maternelle, Marie-Louise.
"Elle a du me parler de ses parents mais je ne m'en souviens plus. Ils ont survécu cependant car l'essentiel de leur
héritage, elle nous l'a transmis en étant humblement elle-même. A travers elle a rayonné l'âme d'une époque, d'une terre, d'un village, d'une foi. Dernière fleur du bel amandier, elle est devenue
l'amande discrète qui germe en secret, prend racine et donne un arbre nouveau. Elle est devenue la source intarissable cachée sous les prêles et les menthes. Puis, le ruisseau qui de sillon en
sillon, sans se lasser jamais, va donner la vie jusqu'au fond du jardin. Elle est devenue Etoile du matin, à la fine pointe de l'aube et lumière à l'avant du navire au coeur de la nuit".
Nadine : Je vais vous raconter
maintenant ce qui est survenu à mon quintaïeul François Bertrand. François est né le 2 mai 1836 à Draguignan et décédé le 21 novembre 1928 à Trans en Provence.
Madeleine reprend la parole :
"Je n'ai connu qu'un seul frère de ma grand-mère : l'oncle
François et je ne résiste pas au plaisir de vous raconter l'histoire de son mariage, qui, dans mon enfance, ravissait toute la famille. Je me demande aujourd'hui comment il avait rencontré
Marguerite, une jeune fille de Bargemon. Allait-on d'un village à l'autre à l'occasion d'une foire ? Les garçons de Trans se louaient-ils à Bargemon pour la cueillette du tilleul ? 21 km séparent
les deux villages et à cette époque, ils n'étaient reliés par aucun moyen de communication. L'itinéraire est le suivant :
Trans-Callas par le chemin vicinal vers Terrissole et les Quatre-chemins de Figanières : 15 km.
Callas-Bargemon, route en corniche avec 90 virages sur 6 km.
François a donc rencontré Marguerite, une si jolie fille - uno tant poulido fiho - or, Marguerite a quelque peu le visage grêlé, mais notre amoureux ne le voit pas... La veille du mariage pour
épouser sa promise à Bargemon, il prend la route à pied, car il ne possède ni cheval ni jardinière. Il marche allégrement, portant son baluchon au bout d'une canne posée l'épaule. Sans doute, son
habit de noces. Au défilé du Pont de la Clue, entre Figanières et Callas, trois hommes cachés sous le pont surgissent brusquement, entourent le voyageur solitaire et le chef l'interpelle :
- Mounte vous allez comme ça ? (Où allez-vous comme ça ?)
Cinquante ans plus tard, devenu l'oncle François, le vieil homme évoquait la scène avec une juvénile ardeur :
- Ièu, que l'amour me pourtavo, agueri pas poù et respondigueri : A mis afaire ! (Moi que l'amour portait, je n'eus pas peur et je répondis : à mes affaires !).
Et il était fier d'ajouter que les trois hommes, interdits par son assurance le laissèrent passer sans le détrousser.
Deux jours plus tard, François emmena Marguerite à Trans et par la suite, elle n'est sans doute jamais retournée à son Bargemon natal".
Nadine : François Bertrand a épousé Marguerite Villeneuve le 8 janvier 1866 à Bargemon.
L'acte de mariage de
François et Marguerite
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