Patronymes, Toponymes

Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 00:00

 

Olivier-coquelicots.jpg
Lorsque les Latins voulaient désigner un ensemble d’arbres ou d’arbustes de même espèce, ils ajoutaient un suffixe – ETUM au nom de l’arbre.

Par exemple, OLIVETUM désignait une plantation d’oliviers (OLIVA) et ROBORETUM un bois de chênes (ROBUR, d’où ROUVRE en français, ROURE en provençal).

Il faut remarquer d’ailleurs que la langue française emploie encore, pour jouer le même rôle, des termes de même formation, tels que PINEDE ou OLIVETTE.

Dans la toponymie provençale, ce suffixe, qui a été emprunté au latin se retrouve sous les formes – ET et EDE : le FIGUEIRET caractérise une plantation de figuiers et la ROUREDE est un bois de chênes.

Voici une liste des noms de lieux de cette catégorie, étant précisé qu’elle n’est pas exhaustive mais qu’elle comporte déjà un assez grand nombre de spécimens.

Dans cette liste, à côté du nom actuel, figure une forme ancienne lorsqu’elle existe et la traduction est donnée le plus souvent par le dictionnaire le Trésor du Félibrige.

Aubarède, Albareta : lieu planté de peupliers blancs.

Avelanède : plantation de noisetiers.

Bagarède : taillis de jeunes lauriers, bois de lauriers.

Bletounet, Bletounède, Bletoneda : bois nouvellement planté.

Bouisset, Bexutum : lieu planté de buis.

Cadenet, Cadenède, Cadanetum, Cadaneda : lieu couvert de cades.

Cannet, Cannetum : cannaie, taillis de roseaux.

Castagnarède : châtaigneraie.

Corneidère, Cornarieta : bois de cornouillers.

Fenouillet, Fenouillède : lieu où le fenouil abonde.

Feouvède : fougeraie, lieu couvert de fougères.

Figueiret, Figaredum : plantation de figuiers.

Fraxinetum, Fraxineda : frênaie. Le terme Fraxinetum a plus particulièrement désigné au Moyen Age, le golfe de Saint Tropez, base d’opérations des Sarrasins (lire mon article sur le sujet ICI).

Garoupède : lieu planté de garou ou sainbois (espèce d’arbriseau).

Genebreda : lieu planté de genevriers.

Ginestet, Ginestedum : lieu où le genêt abonde.

Gourrède : plantation d’osiers.

Nogarède : noiseraie, lieu planté de noyers.

Oliverède : plantation d’oliviers.

Oumède, Olmeta : ormaie, lieu planté d’ormes.

Oinède, Pineta, Pinetum : pinède.

Pourraquède : lieu planté d’asphodèles.

Rourède, Rovoretum : chênaie.

Sanguinède : lieu couvert de cornouillers sanguins.

Suveret, Suveretum : bois de chênes lièges.

Tremoureda : bois de templiers.

Vernet, Vernède, Vernetum, Verneta : bois d’aulmes.

Vorzeda : lieu planté d’osiers noirs.

 

Il est à noter qu’à côté de la formation en EUTUM, on trouve une formation en – IER, IERE qui joue le même rôle : BOUISSIERE, CADENIERE, FENOUILLERE, GINESTIERE, etc…

 

Source : Revue culturelle provençale "Lou terraire" (Le terroir).

Figuier-Trans 
Figuier à Trans en Provence (Photo Nadine)

 

Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Patronymes, Toponymes - Communauté : Provence Passion
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /Mars /2010 21:00

Je vous propose une étude sur les noms de famille de la Garde Freinet. Cette étude a été réalisée à partir des archives communales conservées à la mairie.
Elle n'est pas de mon fait, mais j'ai rajouté en bleu foncé mes propres commentaires sachant que j'ai de très nombreux ancêtres à la Garde Freinet et que je me suis rendue plusieurs fois à la mairie pour y faire des recherches. J'ai donc étudié les archives en long, en large et en travers...
Mes ancêtres en lignée patronymique, les Barret venaient de la Garde Freinet. Ils se sont installés et ont fait souche au Muy vers la fin du XVIIe siècle. Bien qu'ils s'en défendent, tous les Barret du Muy sont parents entre eux à une génération ou à une autre et je n'ai pas peur de l'affirmer.


 

Tout d'abord un petit aperçu de l'histoire de ce village

 

La Garde-Freinet (La Gàrdia en provençal) en est une commune située dans le département du Var et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Les habitants se nomment : les Gardois ou Gardiòu en provençal.

  Au IXe siècle : Traditionnellement, on localise le lieu d'implantation des Sarrasins en Provence occidentale dans les années 890 à la Garde-Freinet. Ce lieu est aussi évoqué sous d'autres patronymes dont celui de Fraxinet ou Fraxinetum. L'histoire rapporte que c'est le comte de Provence Guillaume Ier dit le Libérateur qui chasse les Sarrasins en 973 après sa victoire à la bataille de Tourtour.

Philippe Sénac, dans son livre : Histoire de l'Islam et des musulmans en France du Moyen-Age à nos jours, s’appuie sur les sources arabes et les données de l’archéologie. Il montre combien le Fraxinet, ne constituait pas un simple repère de brigands mais un emplacement stratégique pour les musulmans qui semblaient vouloir "entraver les relations entre les cités marchandes italiennes et le reste de la chrétienté méridionale".

Au XIIe siècle : A 450 m d'altitude, on découvre le Fort Freinet (XIIe au XVIe siècles) et les vestiges d'un ancien village fortifié du moyen-âge, constitué d'une trentaine d'habitations taillées dans la roche. Ils dominent le massif forestier des Maures sur la voie reliant la vallée de l'Argens et le golfe de Saint-Tropez. Actuellement des fouilles archéologiques ainsi que des restaurations par des bénévoles sont en cours afin de connaître et préserver ce patrimoine. Ce fort stratégique, classé monument historique, servait à contrôler le passage entre la vallée du Vidauban et le Golfe de Grimaud. Une grande fosse servait de réservoir d'eau.

XIIIe siècle : Les habitants s'installent sur le col de la Garde. Le bourg devient : "La Garde du Freinet".

XIXe siècle : L'industrie du bouchon se développe avec près de 700 bouchonniers grâce à la forêt de chênes-liège. À cette époque, la production de marrons et de magnans (vers à soie) est également bien développée.

En 1900 : L'abbé Mathieu dresse la croix des Maures (altitude 437 m) qui sera restaurée en 1978. Le Christ pesait 175 kg.

 
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A présent, l'étude proprement dite mais tout d'abord une précision
: vous verrez que je parle de féminin au niveau des noms. Il faut savoir qu'en Provence sous l'Ancien Régime (avant la Révolution), les noms de famille des femmes étaient féminisés. Par exemple : Arnaud était Arnaude, Barret, Barrette ou encore Sénéquier, Sénéquière. On parlait de Marguerite Sénéquière alors que son père était Antoine Sénéquier.

- ARNAUD (féminin Arnaude) Nom de baptême c'est-à-dire, prénom. Du germain arn (aigle) et wald (gouverner).
La famille Arnaud est présente à la Garde Freinet au XVIIe siècle, probablement avant.
Pour ma part, mes Arnaud les plus anciens viennent des Arcs. Jean Arnaud, originaire des Arcs (sur Argens) est le père de Pierre qui se marie avec Honnorade Sénéquier à la Garde Freinet le 26 janvier 1644.

- BARRET ou BERRET (féminin Barrette) Nom de famille attesté au XVIe siècle. La plus ancienne forme que j'ai retrouvée est Berret. Viendrait de barri : rempart. Il y a aussi des Barret ou Baret dans les Bouches-du-Rhône.


- BASSET (féminin Bassette) Surnom. Diminutif de bas : homme à jambes courtes.
  En 1635 est cité Jean Basset.

- BERARD (féminin Bérarde) Nom de baptême. Du germain ber (cas sujet), ours et hard : fort.
 La famille Bérard est citée à partir du XVIIe siècle.
  En 1630, est cité Jacques Bérard habitant à la Garde Freinet.

- BERENGUIER ou BRENGUIER (féminin Bérenguière) Variante méridionale de Béranger. Nom de baptême. Du germain beren : ours et gari : lance.
  En 1563 est cité Honoré Brenguier propriétaire rue du Pin. En 1613, Sébastien et Jacques Bérenguier habitants de la Garde Freinet. J'ai beaucoup de Bérenguier sur la Garde Freinet.

- BERNARD (féminin Bernarde) Nom de baptême. Du germain bern (cas régime) et ours et hard : fort.
  Des Bernard sont cités à la Garde Freinet et à Grimaud à partir du XVIe siècle.

- BERTRAND (féminin Bertrane) Nom de baptême. Du germain berth : illustre et hramn : corbeau.
  Des Bertrand à La Garde Freinet et à Grimaud et un peu de partout dans le Var.

- CAUVIN (féminin Cauvine) Surnom. Forme méridionale de chauve. Deux possibilités : soit homme chauve, soit habitant d'un endroit dénudé. Idem pour Chauvin, Chalvin, Calvin, Calvy, Cauvy qui veulent tous dirent la même chose.
  Cette famille a donné son nom à un quartier de la Garde Freinet.

- CHAIS ou CHAIX (féminin Chaisse) Sobriquet. De l'occitan : mâchoire. L'homme aux mâchoires fortes.
  En 1710 est cité Jean Chais, trésorier de la communauté.

- COLLE (féminin Collesse) Colline en provençal (Coualo). 
 En 1763 est cité Pons Colle.

- COULET (féminin Coulesse ou Coulette) Nom de lieu : petite colline.
Famille Gardoise au XIXe siècle. J'ai des Coulet également aux Arcs (sur Argens) au XVIIe siècle, ils venaient de La Mûre dans les Alpes-de-Haute-Provence.

- CONDROYER ou CONDROIER (féminin Condroyère) Nom de métier. Variante méridionale de coroier : celui qui organisait les déplacements de troupes ou les cérémonies (qui prenait conroi : prendre soin de, au sens d'adresse à éluder un péril).

- COURCHET ou CROCHET (féminin Courchette) Surnom : déformation de crochet. Ou du vieux provençal acorchar, devenu courcha : raccourcir avec le sens de petite taille. C'est l'un des plus vieux noms de la Garde Freinet.

- CROTE ou CROTTE (féminin Crottesse) Nom de domaine devenu nom de famille. Crotte : grotte. En provençal, une crotte est aussi une cave. Pour grotte, on utilise plutôt le mot baume. A Trans, nous avons une rue des Baumes, c'est un quartier où il y a beaucoup de grottes creusées dans le tuf.
  En 1548 est cité Pons Crote, bayle. En 1563, Maximin Crote conseiller de la communauté.

- DAUMAS (féminin Daumasse) Nom d'origine. Habitant du mas. Idem pour Dumas ou Delmas.

- FABRE (féminin Fabresse) Nom de métier. Forme occitane de fèvre : forgeron, maréchal-ferrant. C'est idem pour Favre, Fèvre, Lefèvre, Lefebvre, etc...

- GIRARD (féminin Girarde) Nom de baptême. Déformation de Gérard. Du germain ger, gari : lance et hard : fort.
  En 1635 est cité Honoré Girard trésorier de la communauté. C'est comme Giraud, Géraud, Gérauld, Géraut, etc...

- GIRAUD (féminin Giraude) Nom de baptême. Dérivé de Géraud. Du germain ger, gari : lance et walden : gouverner.
  Giraud est l'un des plus vieux noms de la Garde Freinet.

- GUIGUES (féminin Guiguesse) Surnom. Du germain wig : combat. Famille étendue au XVIIIe siècle. Guigues est aussi Guigonnet.

- GUILLABERT : (féminin Guillaberte) Nom de famille. Formé à partir du nom de baptême Guillaume. Du germain wil : volonté et helm : casque et berth : célèbre.
  Le premier Guillabert de la Garde Freinet est originaire du village du Val (c'est Henry Guillabert qui a fait la souche de tous les porteurs du nom à la Garde Freinet).

- INFERNET ou ENFERNET (féminin Infernette) En provençal, l'Infernet est un lieu tourmenté, sec et venté, difficile d'accès, montagne ou vallon. On trouve les deux formes du nom à la Garde Freinet.

JAUFFRET (féminin Jauffrete) Forme de Geoffroy. Nom de baptême. Origine germanique gaut : dieu et frid : paix.
  Famille citée au XVIIe siècle. Jauffert pouvait être orthographié Geoffroy, Gerffroy, Jaufret, Gerfrey, Jeoffroy, etc... Je l'ai vu écrit sous toutes ces formes.

- LATIL (féminin Latilesse) De til, mauvaise orthographe de teil : tilleul. Ce nom est très répandu à Trigance (où j'ai de nombreux ancêtres) et dans les Alpes-de-Haute-Provence.
  En 1755 est cité Jean-Joseph Latil mari de Thérèse Sigalas.

- LAUGIER (féminin Laugière) De Augier. Du germain adal : noble et gari : lance. C'est la même forme que Lagier.
  En 1718 est cité Jean-Marc Laugier trésorier de la communauté.

- LAVAGNE (féminin Lavagnesse) De lavagno : mare, eau douteuse, lavasse. Les Lavagne venaient d'Entrecasteaux. Le premier est Esprit Lavagne fils d'Honoré qui se marie à la Garde Freinet le 8 janvier 1686 avec Thérèse Sénéquière. Mon arrière-grand-mère était une Lavagne. Les Lavagne sont allés s'implanter au cours des siècles au village de La Motte (à 5 km de Trans) et y ont fait souche J'affirme que les Lavagne de La Motte sont tous parents entre eux. Je remonte les Lavagne sur Entrecasteaux jusque vers 1580.

- LOMBARD (féminin Lombarde) Nom d'origine. Au Moyen Age était donné à tout Italien du nord. Puis surnom donné aux banquiers ou usuriers parce que telle était souvent la profession des immigrés lombards. Ce nom est très répandu en Provence.

- LONJON ou LONGEON (féminin Lonjonne) La souche de ce nom se situe dans le village aux Mayons proche de la Garde Freinet. On y trouve aussi Nonjon variante de Lonjon. A l'origine, les Lonjon étaient des Nonjon. C'est une erreur de phonétique qui a engendré les deux orthographes. J'ai vu écrit aussi Lonjeon ou Nonjeon. C'est un des plus vieux noms des Mayons

- MARTEL (féminin Martelle) Nom de métier. A l'origine, celui qui maniait la masse d'armes, puis celui qui maniait le marteau : forgeron. Martel est parfois écrit Marteau. Les noms en el finissent aussi en au. Comme par exemple, le village de Taradeau ou le nom de famille Taradel (de Roquebrune-sur-Argens). Jean Bertrand du lieu de Taradel = Taradeau.

- MARTIN (féminin Martine) Nom de baptême. Martin est un nom très présent à Saint-Tropez et de partout en Provence. C'est le premier nom de famille actuellement le plus répandu en France.

- MAUREL (féminin Maurelle) Sobriquet dérivé de maure : brun de peau. Noir de cheveux étant désigné par Brun ou Lebrun. Aussi Maure, Maurin, Maureau, Moreau, etc...

- MASSEL (féminin Masselle) Nom de métier : celui qui se servait d'une masse d'armes.
  En 1563 est cité François Massel, bailli de la Garde Freinet.

- MONIER (féminin Monière) Parfois transcrit Maunier, Mounier ou Monié. Nom de métier : meunier. Il y a aussi beaucoup de Maunier à Lorgues. Remarque : A Lorgues, le nom est écrit Maunier, tandis qu'à la Garde Freinet, c'est Monier ou Monnier.
  Un Joseph Monier est cité au cadastre en 1613.

- OLIVIER ou OLLIVIER (féminin Olivière) Nom de baptême. Un des plus vieux noms de la Garde Freinet et des villages des environs. Mon arrière grand-mère Adélaïde Ollivier était originaire de Roquebrune-sur-Argens. Mais en remontant, son plus vieil ancêtre Peyre (Pierre) Ollivier qui se marie le 15 août 1602 avec Jaumette (Jaume, forme provençale de Jacques en provençal) était le fils de Guilhem (forme de Guillaume) et de Catherine Perrine de la Garde Freinet.

- PELISSIER ou PELLISSIER (féminin Pélissière) Nom de métier : pellettier. Ou surnom : porteur de pelisse. Les Pelissier de la Garde Freinet venaient de la Martre.

- PERRIN (féminin Perrine) Surnom. Diminutif affectueux de Pierre. On trouve de très nombreux Perrin à la Garde Freinet.
 
- PISSOT (féminin Pissotte) Sobriquet d'un bon buveur. Famille attestée au XVIIe siècle.

- POULAS ou POLAS (féminin Poulasse) Gros poulet. Famille gardoise encore répandue aux XVIIe et XVIIIe siècle. Mes Poulas sont venus de Saint-Tropez au début XVIIe.

- PREIRE ou PRAIRE (féminin Preiresse) Sobriquet ironique : prieur, prêtre en provençal.
  En 1613, est cité Pierre Preire. Preire est également un vieux nom du village de Trigance.

- RAYMOND ou RAIMOND ou RAIMON (féminin Raimone) Anciennement Reimoun. Nom de baptême. Raimbaud à l'origine. Du germain ragin :conseil et bald : audacieux.

- ROUX (féminin Rousse) Sobriquet dû à une particularité physique : cheveux roux.
  Des Roux sont cités à Grimaud et Ramatuelle au XVe siècle. Le patronyme Roux fait partie des plus vieux noms de Trans (en Provence). Reportez-vous à mon article sur les noms de famille de Trans (cliquez ici).

- SAUVAN (féminin Sauvane) Nom de baptême = Silvain.
  Antoine Sauvan fils d'Honnorat est cité en 1613. J'ai aussi des Sauvan à Grasse dans les Alpes-Maritimes.

- SENEQUIER (féminin Sénéquière) Sobriquet provençal. Du latin : gaucher.
  En 1427, est cité Pierre Sénéquier procureur représentant la communauté. Sénéquier fait partie des plus vieux noms de la Garde Freinet. J'en ai une certaine quantité !

- SERRET (féminin Serrette) Nom de lieu. De serre : montagne allongée.

- SIGALAS ou SEGALLAS ou SEGELLAS (féminin Sigalasse) Surnom de cultivateur, vient de seigle. J'en ai pas mal aussi !

- TAXIL ou TAXY ou TASSY (féminin Taxilesse) Frédéric Mistral propose pour origine la famille romaine Taxilus. Le tassier est aussi la repousse de châtaignier qui a donné le patronyme provençal Tassi ou Tassy. Il y a également des Taxil à Trans en Provence ainsi qu'au Muy.
 
  Source : D'après le livre : La Garde Freinet - D'or et de sinople - Jacques Dalmon. Texte arrangé et agrémenté par moi-même.


 
Par Nadine - Publié dans : Patronymes, Toponymes - Communauté : Généalogie Provence-Languedoc
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 00:00


Comps-carte.jpg

Dans le pays de Comps sur Artuby qui possède de nombreuses fermes regroupées, de nombreux hameaux, nous trouvons des sobriquets particuliers à chaque endroit… L’explication et l’origine de ces dénominations n’est pas toujours aisée ni très claire.

A Saint Bayon, on appelait les habitants les "pieds gelés" parce que l’hiver, les congères sur les plateaux et la bise qui souffle ne tiennent guère chaud.

A Guent, c’étaient les "panetiers"car ils mangeaient beaucoup de pain.


Hameau-de-Chardan

Le hameau de Chardan est englobé dans le camp militaire de Canjuers (Photo internet)

A Chardan, les habitants étaient "les plaideurs" parce qu’ils étaient toujours en procès avec quelqu’un.

A l’Avelan, les "saute-mûriers". Est-ce parce qu’il y avait des mûriers à l’Avelan, pourtant pays des noisetiers ?

A Saint Laurent, on appelait les gens les "arracheurs de dents" parce que les mensonges ne leur faisaient pas peur.

A Duou, c’étaient les "brailleurs".

A Endosse, les "conjurés" ou les "toupiniers". Le toupin est un pot de terre utilisé par les guérisseurs parce qu'ils enlevaient les mauvais sorts, les refroidissements, les insolations en faisaint bouillir leur toupin et en disant des prières.
A La Souche, il y avait les "conjounglié" car ils attelaient leurs boeufs avec une sorte de joug appelé "counjoungle".
A Jabron, on fabriquait du broussin ... et on l'appréciait ! Nous avions donc les "broussiniers".
A Verjons, il y avait les "chasseurs de rats", allez donc savoir pourquoi ? Peut-être parce qu'on y faisait beaucoup de blé ?
A Duou comme à Chardan, on plaidait sans cesse "les plaideurs de Duou".
La terre du plateau de Sauvechane est rouge, ses habitants étaient donc des "pieds roux". Ou encore des "mangeurs de poires sauvages" comme dit la chanson :
"Allons à Sauvechane,
Manger les poires sauvages,
S'il n'y en a pas dessous,
Nous monterons dessus..."
Allons voir un peu en dehors de la commune de Comps à présent.
Les habitants du village de La Bastide étaient "les ganaches" parce qu'ils avaient de grosses mâchoires. On dit aussi : "A La bastide, il y a les messieurs et à La Roque Esclapon, il y a les écus".
Ceux de Brenon, c'étaient "les baveux". On sait qu'autrefois se déroulait à Brenon la foire des coups de bâtons... et que si vous n'êtes pas né chanceux, que vous êtes un peu "juste" vous pouvez toujours aller à la "fontaine du bon sens" dont l'eau rend paraît-il... intelligent !
A La Roque Esclapon, on qualifiait les habitants "d'enfumés" ou "d'étuvés" parce que leur four à pain fumait.
Les gens d'Aiguines étaient "les masques" parce qu'ils avaient le mauvais oeil, ou bien encore "les sourciers" parce que dans le temps, il étaient renommés pour trouver l'eau. On disait aussi : "Va te faire tourner à Aiguines" à quelqu'un de tordu ou disgracié, car c'est à Aiguines que se fabriquaient les boules en buis cloutées, ainsi que tous les ustensiles de cuisine en bois tourné (lire mon article à ce propos ICI).
Les habitants de Monteferrat étaient "les mangeurs de salsifis".
Et pour terminer, un proverbe bien connu qui joue sur la ressemblance entre les noms de trois villages :
"Barjols le père,
Bargème la mère,
Et Bargemon l'enfant,
Firent Brovès en passant..."

Pour lire mon article "Brovès, village sacrifié" cliquez ICI.

Source : Revue culturelle provençale Lou terraire.

Comps

Comps sur Artuby (Photo internet)

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Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Patronymes, Toponymes - Communauté : Provence Passion
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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 00:00


Prise de La bastille

A la suite des événements du 14 juillet 1789, certaines communes du Var changèrent de nom.
Il devenait nécessaire alors d'effacer tout ce qui pouvait rappeler la tyrannie, la royauté et la religion.
Toute appellation faisant allusion à un château, à une famille noble ou à un saint fut alors bannie. Les décrets de changement de noms de lieux et de communes, s'étalèrent de septembre 1792 à août 1794.
Le golfe de Grimaud devint golfe de Simbracit, Grimaud : Athenople, Entrecasteaux : Entremontagnes.
Châteaudouble se nomma Mont-Double, La Roquebrussane : Roquelibre, puis Roquevineuse,
Saint-Julien-le-Montagnier : Mont-Rocher, Saint-Martin des Pallières : Roc Torpeien, Sainte-Maxime devint Cassius, Saint-Maximin : Marathon. Toulon : Port-la-Montagne.
Saint-Nazaire qui n'était pas encore Sanary : Sénari-Beauport. En hommage à Barras, Saint-Raphaël s'appela Barraston. Saint-Tropez devint Héraclée, Saint-Zacharie : Théoule-Bien-Aimé, Saint-Paul-en-Forêt se nomma Paul du Var et la Sainte-Baume : Les Thermopyles.
Bien évidemment, tous les gens de la mer durent aussi supprimer le qualificatif de saint ou sainte inscrit sur leur bateau et n'en conserver que le nom.

Source
: Almanach pittoresque et pratique du Var

Par Nadine - Publié dans : Patronymes, Toponymes - Communauté : Généalogie Provence-Languedoc
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Jeudi 23 avril 2009 4 23 /04 /Avr /2009 00:00


Les noms de lieux portent le nom de toponymes. Je vais vous parler aujourd'hui des noms de lieux du terroir dracénois, mais en fait, ces termes se retrouvent un peu de partout en Provence et peuvent comme vous allez le voir se décliner sous différentes formes car ils ont évolué au cours du temps et se sont déformés.

  Les noms de lieux ruraux appartiennent dans une très grande majorité à la langue provençale. Ce sont des noms communs à l'origine, ils ont acquis une personnalité en se fixant à un endroit déterminé. Ils se sont formés à une époque ancienne car la plupart sont antérieurs au XVème siècle. On peut les trouver cités dans les cadastres anciens (les terriers).

Les plus nombreux noms de lieux ont trait surtout au relief et à la nature du terrain. Ce sont les mots : MONT, COUALO, PUEY, PEY, SERRE, PLAN, CLOT, ADRET et HUBAC que je vais tenter d'expliquer ci-après :

MONT
: Ce mot s'applique à des collines quelquefois plus élevées ou plus voyantes que les autres. C'est ainsi que MONTMEYAN (le Mont du Milieu) est loin d'être une montagne, mais il se détache sur un plateau environnant. A Draguignan : le MALMONT, soit le Mauvais Mont, ainsi nommé sans doute à cause de son aridité.

COUALO
: En provençal signifie colline. D'où COLLE BASSE, les COLETTES, la COLLE, le COLLET, le COULET.

PUEY ou PEY
: Dérivé du latin PODIUM et apparenté au français PUY c'est un terme voisin de
COUALO par le sens, d'où : le PUY, PEYGROS, PEYCAU, PEICAL à Trans en Provence (Colline Chaude).

SERRE
: Terme utilisé pour désigner une crête ou un sommet. A Draguignan, BEAU SARRET,
anciennement BEU SERRE.

PLAN et PLAINE : Les deux formes se rencontrent à Draguignan.

CLOT ou CLOS : Terme qui désigne un terrain uni (CLAUS en provençal). A Draguignan : CLOS DE
REILHE, on trouve aussi CLAUX.

ADRET
: C'est le côté exposé au soleil et à l'HUBAC qui est tourné vers le Nord. Comme les ADRETS, ADRECH, ADRECHS.

Un terrain bien placé a donné à Draguignan le nom de BEAUCAIRE (BEU CAIRE) : le beau côté.

Si la vue est belle, c'est BEAUVEZER (BEU VEZER) soit BEAUVOIR en français. Par exemple, la chapelle Notre-Dame de Beauvoir à Moustiers.

Un passage difficile s'appelle MAUPAS (le mauvais passage). Comme MALPASSET.

ARENIERS
: Les ARENIERS qualifient un endroit sablonneux (ARENO, du latin ARENA est le nom
du sable en ancien provençal).

Les CLAPES
: Ce sont des amas de pierres, d'où CLAPIER, CLAPPIER ou CLAPIERS.

Les NEGADIS
: Désignent des terrains marécageux où tout se noie (en provençal NOYER se dit NEGA). Le quartier des Négadis à Draguignan.
 
Source : Je me suis inspirée de la revue provençale "Lou Terraire" et j'ai ajouté à cet article mes propres connaissances.

Par Nadine - Publié dans : Patronymes, Toponymes - Communauté : Provence Passion
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