Meubles, Objets

Vendredi 19 novembre 2010 5 19 /11 /Nov /2010 00:00


Basse-Provence-Scene interieur

 

Savez-vous ce qu'est un radassié ?
Un radassié est un canapé long et confortable, parfois une banquette en maçonnerie recouverte d'un matelas et de coussins, où l'on se vautre avec bonheur.
L'origine du mot vient du verbe provençal radassa qui signifie se reposer mollement, se vautrer, fainéanter.
C'est un vocable dont les Marseillais ont tiré un autre mot imagé : une radasse, une fille facile.

Source : L'almanach de la Provence - Ed. Rivages

 

Par Nadine - Publié dans : Meubles, Objets - Communauté : Traditions et maintenance
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 00:00



Panetière en noyer ciré - Collection Museon Arlaten -
Musée départemental d'ethnographie d'Arles

Une panetière est un meuble en réduction qui servait jadis à ranger et à conserver le pain. Tombée en désuétude de nos jours, son importance était considérable dans la gamme des mobiliers régionaux.

Elle est caractéristique de la France des siècles passés et jusqu’après la Première Guerre mondiale, lorsque le pain - qui constituait l’élément principal des repas d’alors - était pétri, préparé et cuit par la famille, à la maison ou dans le four communal du village. Le pain n’était souvent préparé qu’une fois par semaine et devait donc être conservé dans les meilleures conditions possibles pour qu'il reste consommable.



Panetière (Photo Nadine au Musée des ATP à Draguignan)

On trouvait des panetières sur pied, posées sur un buffet bas ou souvent suspendues contre le mur, pour être hors de portée des rats et des souris. Elle comportait deux ou trois panneaux ajourés avec des grillages ou des colonnettes de bois tourné, afin de permettre la circulation de l’air et la meilleure conservation des miches de pain.

Les plus belles et les plus originales panetières sont celles de Provence, qui ont influencé celles du Languedoc et du Dauphiné. À l’origine, la panetière était seulement une cage de bois ajourée et dotée de pieds en escargot qui permettaient de la poser sur le pétrin avec lequel elle formait un couple indissociable. Elle a supplanté la claire-voie que l'on trouvait dès le Moyen-Age accrochée aux poutres de la maison. Ce n’est qu’à partir du XVIIIe siècle que les fuseaux de bois tourné, apparaissent et remplacent les barreaux grossiers des panneaux de bois. Sur certaines panetières, la façade commence à être équipée d’une porte par laquelle la maîtresse de maison pouvait introduire ou prendre le pain.



C’est au XIXe siècle que l’art de la panetière va prendre son essor. Elle va être posée en applique et suspendue, mais conservera toujours ses pieds. Une corniche apparaît sur le dessus toujours dans le prolongement des pieds. La panetière est-elle un objet ou plutôt un bijou ? Un bijou de finesse et de beauté faudrait-il dire. Un fronton érigé de clochetons ciselés, des candelies harmonieuses et empanachées, couronnées par un gland ou une olive sculptée, la panetière n'a rien à envier au plus subtil des mobiliers. Quant à ses chauds reflets, la panetière les doit au noyer, le bois le plus souvent employé pour sa fabrication. Un bois provenant du Dauphiné, d'où il est acheminé par flottage sur l'Isère et le Rhône, les essences locales comme l'olivier, le mûrier, l'aulne et le pin étant réservées pour les fonds et les côtés du meuble.
Les panetières vont acquérir au fil du temps une richesse des formes,
soit planes ou bombées et des décors :

  • sculptures en épis de blé, d’oiseaux se becquetant, de grappes de fruits (style Louis XVI) ;
  • sculptures denses et fines à base d’éléments végétaux, feuilles et fleurs (style fleuri) ;
  • sculptures en creux ou avec des moulures linéaires se terminant par des boucles enroulées en forme de corne de bélier ou de coquillage (style de Fourques).

Dans les autres régions, hormis le Languedoc et le Dauphiné, le décor des panetières est beaucoup plus sobre, voire inexistant.



Panetière et pétrin (Photo internet)

Du buffet à la panetière, les meubles provençaux sont reconnaissables par la luxuriance et la spécificité de leur riche décoration. Ce sont les sculpteurs Pierre Puget et Bernard Toro qui mettront au point le plus beau répertoire rocaille qui soit, s'inspirant de l'architecture des villes du Midi d'alors. C'est d'ailleurs au XVIIIe siècle que le mobilier provençal connaît son apogée. A la rocaille s'allie le baroque, tout en rondeurs et en volumes galbés. Le style dit "mouvementé" se multiplie, pare les crédences, les courbes et les contre-courbes ne cessent de s'entrelacer, de se couper. L'exubérance foisonne entre Nîmes, Arles et Fourques, les trois plus grands centres de production. Des ateliers des fustiers sortent des panetières qui n'ont pas leur pareil. Si leur style fait d'abord songer au Louis XV, il n'en est rien des fines sculptures végétales qui envahissent les corniches et les traverses. Le panier de fruits en ronde-bosse le dispute à la branche d'olivier, à la coquille sage, ou encore à la corbeille de vagues et de ressacs parée.
De nos jours, au niveau du marché de l’art, les panetières les plus recherchées sont évidemment celles de Provence, avec des prix variant selon l’ancienneté du meuble, sa structure, la qualité et la densité du décor, l’état de conservation de celles-ci, la qualité et l’authenticité des ferrures.


Pétrin (Photo Nadine au Musée des ATP à Draguignan)

L'inséparable pétrin

Le pétrin est aussi appelée mastro ou pastiero en provençal.
C'est une auge en trapèze, dont le plateau est amovible, et qui repose sur un piètement en quatre montants reliés par une entretoise ou une base pleine. Il reprend fréquemment le style composite de la panetière, affirme la même volubilité dans ses rameaux feuillagés comme dans ses lyres et ses coquilles découpées.
Il faut encore citer le moulin à bluter, ou tamisadou, qui sert à séparer le son de la farine, et la trilogie du pain sera complète. Encore appelé blutoir, le moulin à bluter est un tamis cylindrique qui est actionné par une poulie. Il faut préciser que différentes toiles (coton ou soie) pouvaient être utilisées pour tamiser en fonction de la grosseur de la farine souhaitée.


Blutoir (Photo Nadine au Musée du Moulin dit
d'Alphonse Daudet à Fontvieille - Bouches-du-Rhône)

Nota
: Sur le dessus du meuble, vous voyez des mesures à grain et à l'intérieur, des tamis ou cribles à grain. Ces tamis servaient à débarrasser le grain des impuretés. En remuant l'instrument à la main par un mouvement circulaire, le grain passait par les petits trous.

Source : D'après un article paru dans le magazine "Pays de Provence" Terroirs, Patrimoine, Art de vivre - Numéro de mars-avril 2004 - et Wikipédia l'encyclopédie libre. Texte composé à partir de ces deux sources ainsi que des explications trouvées aux musées où j'ai fait mes photos.


Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Meubles, Objets - Communauté : Traditions et maintenance
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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 19:00


Une balade à Ampus, joli petit village du Haut-Var m'a permis de découvrir ce pressoir et de le prendre en photo pour vous le montrer.
Retapé et mis en valeur, il trône sur une placette du village.
Une renaissance pour lui après toute une vie passée à écraser le raisin et surtout une façon de ne pas disparaître.
Si vous voulez passer voir le blog de mon amie Rosette d'Ampus :
http://villageampus83.blog.lemonde.fr/



"Et nettement tiendra-on les pressoirs durant l'année, afin que le vin
passant par là en sorte bon sans scrupule".

Olivier de Serres (1539-1619)


Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Meubles, Objets - Communauté : Petit patrimoine
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 00:00



Carte des Gorges du Verdon


Aiguines - Vue générale (Photo Nadine)

Connaissez-vous le village d'Aiguines ? C'est un des joyaux du Haut Var, posé au-dessus du lac de Sainte Croix, à l'entrée des gorges du Verdon. C'est un petit village traditionnel, qui s'enorgueillit de son château aux toits de tuiles vernissées, de ses maisons provençales, et de ses places animées. Bâti à 820 mètres d'altitude, il ouvre l'unique route qui longe la rive gauche des gorges du Verdon.
Je précise qu'Aiguines était la deuxième plus vaste commune de France avant de perdre successivement 7 500 ha cédés au camp militaire de Canjuers (j'en parle dans mon article : Brovès, le village sacrifié ICI) et 150 ha qui ont été engloutis dans le lac de Sainte-Croix par la construction d'un barrage EDF. Allez sur le lien et vous apprendrez beaucoup de choses sur les Salles et le construction du barrage.
http://www.lessallessurverdon.com/
Ce lac a une superficie de 2 200 ha et s'étend sur 10 km de long pour une largeur de 3 km. Sa mise en eau en 1974 a noyé le village des Salles, en contrebas d'Aiguines. Il a été reconstruit au-dessus des rives du lac (aujourd'hui les Salles sur Verdon), tandis que les villages voisins de Bauduen et de Sainte-Croix, anciennement perchés, se sont retouvés tout à coup au bord de l'eau. De villages ruraux, ils sont devenus des stations balnéaires ! Aiguines est situé également au début du plus grand et du plus célèbre canyon d'Europe : les gorges du Verdon.
Les Gorges du Verdon constituent sur une bonne distance, la frontière entre les départements du Var au sud et les Alpes-de-Haute-Provence au Nord. Ces Gorges sont étroites et profondes : de 250 à 700 m de profondeur, pour 6 à 100 m de largeur au niveau de la rivière du Verdon, et 200 à 1500 m d’un versant à l’autre au sommet des gorges.



Bauduen les pieds dans l'eau (Photo Nadine)

Dès le XVIe siècle, Aiguines a developpé une activité qui était celle de la boule cloutée. Il y avait de nombreux tourneurs sur bois qui fabriquaient des objets usuels, des outils, des articles de ménage et des boules de bois cloutées.
Pour la fabrication de ces boules, les tourneurs avaient besoin de la racine du buis, qu'ils trouvaient dans les collines. La végétation est moins dense que dans la forêt, le buis poussait plus facilement et l'ensoleillement était bien plus important. Sur ces collines il poussait sous forme de buisson, qui produisait des racines très dures.
Les tourneurs cherchaient des buissons appropriés, puis avec un couteau de poche ils coupaient les branches. Ensuite, ils déterraient les racines avec une pioche appelée 
"la pitche". Les racines étaient nettoyées directement sur place pour réduire la charge du transport jusqu'au village. Les tourneurs dans leur atelier dégrossissaient les racines avec la scie à ruban, on reconnaissait déjà la forme de la boule. Puis sur un tour à bois, ils lui donnaient la forme définitive de la boule qui était cloutée ensuite. Le travail de cloutage ou de ferrage était réservé aux femmes.

Pour le cloutage, il fallait un marteau et un billot de bois (lou cepoun en provençal). Au centre du cepoun une bague en métal maintenait la boule pendant l'usinage. Il existait deux différentes manières de cloutage : le cloutage en écailles et le cloutage juxtaposé.


Le cloutage en écailles


On utilisait uniquement des clous à tête ronde et plate en acier, en laiton ou en cuivre. Le cloutage suivait une ligne en spirale. Le deuxième clou enfoncé dans la boule en bois recouvrait de moitié le premier clou et la rangée suivante. Le dernier clou enfoncé se retrouvait en face du premier clou. Il fallait avoir l'oeil et le tour de main pour cette réalisation minutieuse. Par le cloutage en écaille, la surface était parfaitement lisse et cachait entièrement le bois de la boule d'origine. Cette facon de clouter servait surtout pour les boules de petit diamètre (de 70 à 90 mm) avec lesquelles on jouait à la pétanque et au jeu provencal. On ne pouvait réaliser que des dessins simples comme des lettres, des initiales ou des symbole sur les boules.


Le cloutage juxtaposé

       
Il était surtout utilisé pour les boules de gros diamètre (de 90 à 110 mm). Sur la boule brute, on appliquait un modèle et pour le cloutage on suivait la ligne de ce dessin. Il y avait des clous à tête carrée, ronde et plate, ronde et cylindrique ou à six pans. Ces clous étaient soit en cuivre, en laiton ou en acier. Le cloutage d'une boule comportait des clous ayant tous la même forme de tête. Par les différentes matières, il était possible de faire des dessins fantastiques. A Aiguines on arrêta la fabrication des boules en bois en 1933.

Un musée des Tourneurs sur bois est installé à Aiguines. Il présente des collections de tours à bois, d'outils, d'objets tournés et de boules cloutées.
Si vous passez dans le coin, allez le visiter.

Le château d'Aiguines (Photo Nadine)


Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Meubles, Objets - Communauté : Petit patrimoine
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Samedi 12 avril 2008 6 12 /04 /Avr /2008 00:00

 


Le savon de Marseille est un type de savon particulièrement efficace par son pouvoir nettoyant, utilisé essentiellement pour l’hygiène du corps. La formule de ce savon, contenant 72 % d’acide gras (provenant du mélange d'huiles et de soude) a été fixée sous Louis XIV au XVIIe siècle. Au XIXe siècle, Marseille avec près de 90 savonneries possède une industrie florissante qui connaît son apogée en 1913 avec près de 180 000 tonnes produites. Après 1950, l'arrivée des détergents de synthèse précipite son déclin.
En France, le savon est utilisé depuis l'Antiquité. Dans son Histoire naturelle, Aurélien Vezier rapporte que les Gaulois emploient un produit à base de suif et de cendres pour se teindre les cheveux en roux. Le savon leur sert de décolorant pour les cheveux.
L'origine du savon de Marseille provient sans doute du savon d'Alep existant depuis des milliers d'années. Le mode de fabrication originaire de la ville d'Alep en Syrie, est à base d'huile d'olive et de laurier et s'est répandu à travers tout le bassin méditerranéen, à la suite des croisades, en passant par l'Italie et l'Espagne, pour atteindre enfin Marseille.
Marseille possède des manufactures de savon à partir du XIIe siècle qui utilisent comme matière première l'huile d'olive qui est produite localement. La soude (à l’époque le mot "soude" désignait le carbonate de sodium) provenait des cendres de la combustion d'une plante ayant pour nom la salicorne. C'est Crescas Davin qui est au XIVesiècle le premier savonnier officiel de la ville. En 1593, Georges Prunemoyr, dépassant le stade artisanal, fonde la première fabrique marseillaise.

 


Pour aller voir le complément que j'ai fait sur cet article, veuillez cliquer sur la pièce de savon ci-dessus (il y a notamment des publicités anciennes).

Au début du XVIIesiècle, la production des savonneries marseillaises peut tout juste satisfaire la demande de la ville et du terroir. Le port de Marseille reçoit même des savons de Gênes et d'Alicante. Mais la guerre bloquant l'approvisionnement avec l'Espagne, les savonniers marseillais doivent augmenter leur production de façon à pouvoir alimenter le nord de la France et les acheteurs hollandais, allemands et anglais.

En 1660, on compte dans la ville sept fabriques dont la production annuelle s'élève à près de 20 000 tonnes. Sous Louis XIV, la qualité de la production est telle que "le savon de Marseille" devient un nom commun. Il s'agit alors d'un savon de couleur verte qui se vend principalement en barre de 5 kg ou en pains de 20 kg.

Le 5 octobre 1688, un édit de Louis XIV, signé par le fils de Colbert, secrétaire de la Maison du Roi, réglemente la fabrication du savon. Selon l'article III de cet édit : "On ne pourra se servir dans la fabrique de savon, avec la barrille, soude ou cendre, d'aucune graisse, beurre ni autres matières ; mais seulement des huiles d'olives pures, et sans mélange de graisse, sous peine de confiscation des marchandises". Les manufactures de savon doivent cesser leur activité l’été car la chaleur nuit à la qualité du savon. Cette réglementation assure la qualité du savon qui fait la renommée des savonneries marseillaises.

Dans le même temps, des fabriques de savon se répendent dans la région provençale, à Salon-de-Provence, Toulon ou encore Arles. En 1786, il existe 48 savonneries à Marseille qui produisent 76 000 tonnes, emploient 600 ouvriers et 1 500 forçats prêtés par l’arsenal des galères du Roi.

Après la crise due à la Révolution française, l'industrie marseillaise continue à se développer jusqu'à compter 62 savonneries en 1813. La soude est alors obtenue à partir d'eau de mer grâce au procédé inventé par un chimiste, Nicolas Leblanc (procédé qui portera son nom).

C'est à partir de 1820 que de nouvelles matières grasses sont importées et transitent par le port de Marseille. Les huiles de palme, d'arachide, de coco et de sésame sont utilisées pour la fabrication du savon. Les savonneries marseillaises subissent la concurrence des savonneries anglaises ou parisiennes, ces dernières emploient du suif qui donne un savon moins cher mais de moins bonne qualité.

Au début du XXe siècle, la ville de Marseille possède 90 savonneries. François Merklen, un chimiste d'origne alsacienne établi à Marseille, fixe en 1906 la formule du savon de Marseille : 63 % d’huile de coprah ou de palme, 9 % de soude ou sel marin, 28 % d'eau. Cette industrie est florissante jusqu'à la Première Guerre mondiale où la difficulté des transports maritimes des graines porte gravement atteinte à l'activité des savonniers. En 1913, la production est de 180 000 tonnes pour tomber à 52 817 tonnes en 1918.

Après la guerre, la savonnerie bénéficie des progrès de la mécanisation bien que la qualité du produit reste due à l'emploi des procédés anciens et la production remonte jusqu'à atteindre 120 000 tonnes en 1938. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Marseille assure toujours la moitié de la production française mais les années qui suivent deviennent extrêmement désastreuses. Le savon est supplanté par les détergents de synthèse et les savonneries marseillaises ferment les unes après les autres. Le glas de cette florissante industrie a sonné : il ne reste de nos jours que trois savonneries qui continuent à fabriquer le savon à l'ancienne (dont la célèbre savonnerie Marius Fabre établie à Salon-de-Provence). Pour visiter le site Marius Fabre, cliquez sur la marque ci-dessous.

Par Nadine - Publié dans : Meubles, Objets - Communauté : Dans la vieille armoire...
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