Métiers, Activités diverses

Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 00:00

   

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A l'époque où personne ne connaissait encore le ciment, lou gip que travaillait lou gipier n'était autre que le gypse, qui se transformait en plâtre dans les mains expertes de ce professionnel. Dans toutes la Provence, l'utilisation de ce matériau était des plus répandu du fait de la présence du minerai de gypse dans les sols, et plus particulièrement ceux de la Haute Provence et des Alpes de Haute-Provence. De nombreuses carrières généralement à ciel ouvert ont été ainsi aménagées sur les effleurements de cette roche tendre, facile à extraire. Il semble que l'usage professionnel du gypse soit né à l'époque gallo-romaine et ait perduré jusqu'au XIXème siècle et de façon plus artisanale jusqu'à nos jours. Ainsi le gipier eut une importance équivalente à celle du maçon qui travaillait la pierre et la chaux.

 

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En effet, si l'on se réfère aux archives notariales on voit que parmi les travailleurs de la terre et de la pierre, les gipiers étaient les plus importants. Leur rôle ne se limitait pas aux enduits et aux belles décorations. le premier travail de cet artisan était d'assurer l'extraction de la roche, sa déshydratation par cuisson (entre 110° et 140°) et son broyage en une mouture plus ou moins fine. Mélangé avec de l'eau et souvent chargé de sable, de chaux, de terre, de sciure ou de gravats pilés, ce plâtre lui servait alors pour le gros oeuvre et les finitions en extérieur. Pour les murs intérieurs, il laissait s'épanouir toute son habileté et son talent pour créer à la main de délicats ornements. Il utilisait alors un mélange plus souple où il avait ajouté du sel, du lait, du sang ou même de la sève de figuier. Il semble bien que comme les maçons et les tailleurs de pierre, le gipier proposait son travail en voyageant de ville en ville et en se présentant dans les villages. Quand il se voyait confier un chantier, il en devenait le responsable, parfois même de toute la construction d'un bâtiment. Il était alors à la fois architecte et maître d'oeuvre. La profession très respectée conférait à cet homme une certaine honorabilité.

 

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A Aix, par exemple, au sein de la confrérie de Notre-Dame-de-Beauvezet, qui regroupait les métiers de la pierre au sens large du terme, se retrouvaient ainsi en bonne place, les maîtres gipiers dont plusieurs firent la renommée de la ville. Avant la Première République, un jeune qui terminait son apprentissage auprès d'un de ces artisans confirmés recevait un truelle, un fil à plomb, une règle et un marteau auxquels était souvent ajoutés une auge pour gâcher le plâtre.

Au fils des siècles, est donc née une authentique culture du plâtre en Provence. Les superbes décors gypsés des nobles maisons, dont ceux des escaliers des vieilles demeures aixoises des XVIème et XVIIème siècles en restent les magnifiques témoins.

 

Source : D'après un texte paru dans l'Almanach des provençaux 2011.

En savoir plus :

  http://www.decorateurs-stucateurs.com/Untitled-10%20stucateurs.html

 

 

 

 

Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Métiers, Activités diverses - Communauté : vieux métiers
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Lundi 7 mars 2011 1 07 /03 /Mars /2011 00:00


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  La cité de Brignoles, au début du XIVe siècle, était traversée par une grande voie commerciale qui reliait Avignon à Nice en passant par Aix, Saint-Maximin  pour se poursuivre ensuite par Draguignan et Grasse.
A cette époque, elle était ceinte de hauts remparts. Au point le plus haut, s'élevaient le château et une tour qui dominaient l'agglomération. Depuis le milieu du XIIIe siècle, les comtes de Provencehabitaient le château. Des tableaux de fouage ou affouagement (voir l'explication à la suite du texte) du début du XIVe siècle recensent 802 puis 948 feux, soit environ 4000 habitants.
Les dernières années du XIIIe siècle voient apparaître un mouvement de marasme et de stagnation économique dans l'Europe entière. Ces évènements s'accélèrent à partir de 1348 à cause, en particulier, de la peste noire qui apparaît à Marseille à cette date, de la guerre et des ravages causés par les bandes armées de Raymond de Turenne (Raymond-Louis Roger, vicomte de Turenne, dit Raymond de Turenne 1352-1413). Par contre, il faut préciser que la présence des papes qui avaient établi leur résidence en Avignon était un facteur positif pour le commerce.
A Brignoles, l'industrie locale était celle des tanneries, des fabriques de draps ainsi que celle des paroirs à draps appelés également moulins à foulon. Les laines après avoir été tissées étaient travaillées dans ces parroirs (voir l'explication sur le foulonnage à la suite du texte).


Dans les transactions commmerciales, le commerce des draps représentait jusqu'à 75% des ventes. Les céréales 19%, le bétail 5% et le vin 1% seulement. Les marchands de draps étaient qualifiés de marchands drapiers. La monnaie en circulation à l'époque était le florin d'or qui était émise à Florence depuis 1252. Le commerce du drap était très florissant au Moyen Age et Brignoles en était une place de moyennne importance. Les draps pouvaient avoir pour origine le Languedoc, la France (Nota de Nadine : il ne faut pas oublier que la Provence était à l'époque un comté et qu'elle ne sera rattachée à la France qu'en 1481) et aussi les Pays-Bas. Les draps de Bruges et de Gand avaient une grande renommée sur le marché de Brignoles. Ceux qui venaient de France : de Normandie, de la région parisienne et de la Champagne étaient aussi de très bonne qualité et se vendaient aussi chers que ceux des Flandres. Les draps du Languedoc offraient l'intérêt d'une fabrication soignée pour un prix modéré. En Haute-Provence, l'élevage fournissait de la laine pour une grande variété de tissus et notamment des étoffes grossières vendues à des prix plus modestes.
Les riches bourgeois et la noblesse de la région recherchaient dans les boutiques les lourdes et belles draperies des Pays-bas ou de Normandie. Les draps plus courants étaient achetés par les artisans et les paysans de Brignoles et des alentours. Un tiers des ventes était le fait des Brignolais et des deux autres tiers étaient vendus aux habitants des cités environnantes, mais également de Saint-Maximin, Hyères, Grasse ou Gréolières. On peut dire que l'influence commerciale prépondérante se situait dans un rayon de 30 km autour de la cité comtale de Brignoles. Son activité économique était comparable à celle de la cité de Grasse, de Forcalquier ou de Riez.
Les marchands représentaient une part importante de la bourgeoisie et occupaient des fonctions municipales au sein de la communauté.
Nous sommes en 1348, la peste noire (voir l'explication sur le peste de 1348 à la suite du texte) qui arrive à Brignoles marque la fin de la prospérité commerciale et le début d'une période de grand désespoir et de grande misère.

Sources : D'après un article paru dans le livre Itinéraires-découvertes - le Var - d'Alain Raynaud. Ecrit lui-même d'après un article d'Odile Masson-Bessière - Le commerce et la société à Brignoles au milieu du XIVe siècle - Paru dans Provence historique Tome XIV - 1964. Texte arrangé et augmenté par moi-même.


Explications supplémentaires
:

 

Les tableaux de fouage étaient les tableaux d'imposition répartis par feu ou foyer. Un feu peut se traduire par famille ou foyer fiscal. Dénombrer le nombre des feux dans une cité, c'est procéder à son affouagement. Il est généralement admis qu'un feu représente 5 personnes environ. Cependant, pour affiner l'importance de la population, il faut aussi tenir compte du fait que les nobles et les religieux ne sont pas pris en compte dans cet affouage puisqu'ils ne payent pas d'impôts.

Le foulonnage consistait à dégraisser et assouplir les draps de laine dans l'eau. Pour cela, ils étaient placés dans une cuve remplie d'eau et de terre glaise, puis frappés successivement par trois paires de pilons mus par la force hydraulique. Cette opération, en feutrant les fils de laine, apportait aux draps une douceur particulière.

Pour en savoir plus sur Raymond de Turenne :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_de_turenne

La peste noire de 1348 est une pandémie de peste bubonique qui a décimé la population européenne entre 1347 et 1350. Ce n'est ni la première ni la dernière épidémie de ce type, mais c'est la seule à porter ce nom. Par contre, c'est la première épidémie de l'histoire à être bien décrite par les chroniqueurs contemporains.

On estime que la peste noire a provoqué la mort de la moitié de la population européenne en cinq ans, soit environ 25 millions de victimes, et probablement le même nombre en Asie, soit globalement environ 50 millions de personnes. La peste noire eut des conséquences durables sur la civilisation européenne, d'autant qu'après cette première vague, la maladie refit ensuite régulièrement son apparition dans les différents pays touchés (par exemple entre 1353 et 1355 en France, entre 1360 et 1369 en Angleterre, etc...).
Pour en savoir plus
  http://fr.wikipedia.org/wiki/Peste_noire

 

 

 

Par Nadine - Publié dans : Métiers, Activités diverses - Communauté : vieux métiers
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Mercredi 5 janvier 2011 3 05 /01 /Jan /2011 00:00

 

Moulin-a-huile.JPG

 

En 1844, on compte 485 moulins à huile dans le département du Var. "Le moulin à huile se compose de trois parties : 1. La salle d’extraction, où se trouvent le broyeur, la presse, l’appareil à eau chaude et les enfers. 2. L’estive ou salle de repos des huiles extraites, où l’on emmagasine les huiles des propriétaires jusqu’à ce que ceux-ci puissent venir les prendre. 3. L’écurie, où se trouvent les chevaux ou mulets employés aux appareils extracteurs". (Latière, 1904).

(Nota : les chevaux ou mulets sont employés dans les moulins dits moulins à sang. De la poutre ou pivot central part un levier qui permet d’atteler l’animal, celui-ci circule autour du socle du broyeur, entraînant la rotation de la meule).

 

Moulin-a-huile-interieur

 

Il ne faut pas oublier non plus à l'intérieur du moulin, une pièce destinée au stockage des olives apportées par les propriétaires avant de procéder à la trituration de celles-ci. Après le stockage, l’opération suivante est le broyage ou trituration. Pour cela, on utilise un broyeur composé d’un socle en maçonnerie sur lequel une pierre circulaire de forte épaisseur (meule dormante), est posée à plat. Au milieu, un trou dans lequel se loge l’axe d’une poutre de bois verticale, qui porte sur le côté une meule de grande dimension (meule tournante). Cette meule effectue une rotation sur elle-même lorsque la poutre de bois est mise en mouvement. Le canal formé par les deux meules dans lequel les olives sont jetées est appelé "mare" ou encore "conque". Il est certain qu’au bout de quelques tours de meule on ne voit plus d’olives entières. Une fois écrasées, il faut récupérer la pâte formée par le broyage des olives pour la transporter et la mettre sous presse.

  Olives_sous_la_meule.jpg

 

Mise_en_place_des_scourtins.jpg

J'ai pris ces deux photos sur le site de Tourtour

 http://tourtour.village.free.fr

 

  Pour ce faire, on utilise des scourtins ou cabas qui sont des sortes de sacs en sparterie ayant la forme d’un béret. Ces scourtins étaient fabriqués au moyen de fibres diverses : alfa, coco, chanvre, crin, aloès, etc. En 1904, Latière écrit : "Les scourtins neufs colorent l’huile et lui communiquent une saveur spéciale, usagés, il faut avoir bien soin de les nettoyer et de les tenir d’une propreté absolue, car ils prennent très facilement un goût de rance qui se communique à l’huile". Dès 1911, J. Ruby proposera l’utilisation de scourtins ayant la forme d’un disque simple. Cela est aujourd’hui en pratique dans tous les moulins ayant encore des presses traditionnelles, la fibre utilisée étant conforme aux normes européennes. La presse est un élément indispensable dans un moulin. C’est là que l’on va mettre en pile les scourtins une fois remplis. La pression va permettre l’écoulement du liquide contenu dans la pâte d’olives, qui est un mélange d’huile et d’eau de végétation. Pour exécuter une forte pression, on utilisait dans l’Antiquité des pressoirs à levier et des pressoirs à vis centrale (la pression est exercée sur la pile de scourtins par une ou deux vis). C’est ce dernier système qui connaîtra au début du XXe siècle le plus de modernisation.  

Moulin 2

 

Au XVIIIe siècle, la construction caractéristique des "chapelles", logement des presses dans un mur aménagé à cet effet, va se répandre dans le Var. Dans l’épaisseur des murs des moulins ont été façonnées des niches voûtées. Au pied de chaque niche se trouve une maie rectangulaire, au bas de la voûte, sur les côtés, un renfoncement pour loger la poutre recevant la vis, au sommet de la voûte un trou pour que la vis puisse monter au maximum, sur les côtés, une rainure dans laquelle glissera la planche posée entre les scourtins et la tête de la vis. A la fin du XIXe siècle, les industriels de la métallurgie proposent des presses entièrement en métal avec des systèmes démultiplicateurs facilitant le pressage. Puis enfin, l’arrivée de la presse hydraulique supprimera ce travail épuisant.

  

Decantation.jpg

 

Le jus des olives, mélange d’eau de végétation (60 à 65%) et d’huile (20 à 25%) coule de la presse vers un ou plusieurs cuviers. Après quelques instants de repos, les deux liquides se séparent naturellement et avec une casserole ou une plaque ronde en fer blanc appelée "feuille", on enlève la matière grasse. Dans tous les moulins à huile de la contrée, l’huile vierge, soit, celle que l’on obtient sans l’emploi d’eau bouillante est recueillie dans des baquets mobiles qu’on place sous l’appareil de pression, et l’huile entraînée par la seconde pression avec le secours de l’eau bouillante est recueillie dans les mêmes baquets et versée avec l’eau dans des cuviers ou par le repos elle monte à la surface. Cette séparation exige un certain laps de temps après lequel les eaux du cuvier s’écoulent dans des réservoirs connus sous le nom d’enfers. Les enfers sont de grands bassins en maçonnerie placés en cascade, souvent situés à l’extérieur. Ces bassins, de trois à six, voire davantage selon l’importance du moulin, recueillent les eaux grasses : eau de végétation, eau ayant servi au nettoyage des scourtins et des ustensiles. Ces eaux chargées de matière huileuse vont lentement se décanter, le moulinier pourra ainsi prélever pour son compte cette huile non consommable, mais recherchée par les industries.

 

Source : D'après "L’olivier en terre varoise" – Yves Fattori – Edisud.

   

 

Moulin à huile de Carcès (Var)

 

 

Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Métiers, Activités diverses - Communauté : Provence Passion
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Dimanche 2 janvier 2011 7 02 /01 /Jan /2011 00:00

  

Je dédie les trois articles que je passe en suivant et qui sont consacrés aux oliviers, à la cueillette des olives et aux moulins à huile, à mon papa.

   ************************

Un aïeul pour la planter, un père pour le tailler et toute une descendance pour le récolter.

Proverbe ancien

 

La Provence de mon père, c’est la civilisation de l’olive, rien ne se fait sans elle et sans les herbes de la colline.
Jean Giono

 

Je rapportais à la maison notre cueillette, qui fit l’admiration de tous.
Mon père en profita pour nous apprendre que l’olive est une "drupe", comme la prune ou la pêche. Ce mot me parut triste et dur, mais je fus charmé par "olivaison", qui nomme la saison des olives.

Marcel Pagnol

 

  "Qui laboure ses oliviers les prie de donner du fruit, qui les fume le demande, qui les taille, l’exige".

Proverbe ancien

 

Oliviers-restanque

 

Oliviers-mur.JPG 

L’olivier compte parmi les plus vieux arbres d’Europe. Au détour d’un muret, ses rejets se multiplient, s’enchevêtrent, se soudent, tronc noueux multiforme à la circonférence troublante, magma éternellement renaissant de la terre.

Si la légende veut que la déesse Athéna en ait fait don à la ville d’Athènes, l’olivier a été vraisemblablement introduit en Provence par les Grecs, après la fondation de Marseille, en 600 av. J-C. L’arbre existerait depuis l’âge de pierre et il se serait répandu au gré des échanges commerciaux. On le signale en Egypte 6 000 ans av. J-C et il existe des témoignages de son exploitation en Crète dès 3 500  ans avant notre ère. Les Grecs puis les Romains se chargent d’étendre sa culture sur le pourtour du Bassin méditerranéen : on utilise l’huile d’olive pour le bain, la cuisine, l’éclairage. Cette implantation représente aujourd’hui 90% des surfaces d’Olea europea (olivier d’Europe) cultivées dans le monde. Parfois millénaire, il est productif de sept à cent cinquante ans environ. On dit même de lui qu’il est immortel car lorsque le tronc meurt, des rejets repoussent à sa base, prêts à former un nouvel arbre. L'olivier peut dit-on vivre jusqu'à 5 000 ans ! L’olivier limite son extension à des conditions climatiques spécifiques : altitude de 300 à 800 m, exposition ensoleillée à l’abri des vents et des fortes gelées, températures de 16° à 30°C. Il s’est adapté à des sols pauvres, caillouteux, pentus et secs que les hommes ont retenu par des restanques, les transformant en oliveraies verdoyantes et mythiques.

 

Olivier-tronc 

 Sa feuille lisse et brillante aux reflets argentés enchante le paysage. Laissé à l’état naturel, l’olivier peut atteindre 10 à 15 m de haut et de 3 à 5 m lorsqu’il est taillé et cultivé. Sa récolte est biennale, l’arbre produisant une année du bois et l’autre année des fruits : c’est la taille de l’arbre qui régule sa production. L’huile d’olive est utilisée dans la nourriture, les onguents, le parfum… La saveur des fruits varie en fonction du terroir et de la date de la cueillette, la tradition voulant que plusieurs variétés soient cultivées dans la même oliveraie. Les olives des Baronnies, l’aglandau et la verdale, sont pressées pour l’huile ; l’olive des Nyons, ou tanche, est récoltée dans la Drôme et le nord du Vaucluse ; l’olive des la Vallée des Baux est communément appelée grossanne noire ou verte et l’olive de Salon, la salonenque ; l’olive de Nice, la cailletier petite et noire ainsi que la principale variété, la picholine verte fine et allongée, sont un véritable délice. Certaines sont cueillies tournantes, lorsque leur robe verte devient juste violette.

 

Si l'olive fait partie intégrante de la gastronomie méditerranéenne, il faut aussi rappeler que le fruit, les feuilles et l'huile présentent également des bénéfices pour la santé. L'olive est un antioxydant, riche en vitamines A et E, qui contient des polyphénols ainsi qu'une grande variété d'éléments minéraux dont le calcium et le potassium.
Participant aux effets positifs du régime crétois, les huiles d'olive ont une valeur universellement reconnue, puisqu'il est désormais admis que leur usage peut contribuer à abaisser le taux de cholestérol et participe à la diminution des risques et troubles nerveux et de maladies circulatoires.

 

Olives.jpg

 

L’olivaison

 

Dès septembre, on cueille les olives vertes ou olives cassées, mais la pleine saison de la récolte se déroule lorsque l’huile est dans l’olive, c’est-à-dire à partir de la Sainte-Catherine au mois de novembre. Il existe un dicton qui dit "Per santo catherine l'oli es dins l'oulivo" soit : "Pour sainte-Catherine l'huile est dans l'olive". La récolte est réalisée essentiellement à la main et une seule personne peut cueillir jusqu’à 60 kg d’olives par jour, il faut 5 kg à 6 kg d’olives pour faire 1 litre d’huile (selon les qualités des olives). Riondet en 1894 écrit dans un article : "La cueillette des olives est un grand travail, qui donne de l’occupation aux femmes et aux enfants pendant une partie de l’hiver, je l’ai vu se prolonger quelques fois pendant cinq ou six mois, depuis le mois d’octobre jusqu’au mois de mars". Cette affirmation est bien réelle puisque les oliveraies sont nombreuses et possèdent un grand nombre d’oliviers de forte taille, portant beaucoup de fruits. De plus, à la lecture des registres d’appel journaliers des écoles communales, on constate que pendant cette période hivernale de nombreux élèves sont portés absents avec la mention "aux olives".

 

Cueillette-des-olives-5.jpg

  Cueillette-des-olives-9.jpg

 

 On distingue trois modes de cueillettes des olives. On attend pour cueillir les olives qu’elles tombent naturellement de l’arbre, et comme cela n’arrive que peu à peu, on est obligé de revenir souvent sous le même arbre. Ou bien, lorsque les olives sont parvenues à une maturité suffisante, après avoir cueilli une ou deux fois celles qui sont tombées, on abat à grands coups de gaules celles qui sont encore sur les arbres. Enfin, on peut cueillir les olives à la main dans des corbeilles pendues devant soi ou ce qui est plus facile encore, les faire tomber à la main dans de grands draps étendus à terre. Pour atteindre les branches situées en hauteur, on utilise un chevalet ou un escalasson (ou encore escarasson). "Au début de la récolte, les olives laisseront plus difficilement échapper l’huile qu’elles contiennent, celles-ci sera plus fruitée ou plus verte, à la fin au contraire, et alors que les olives seront plus mûres, la fabrication sera plus facile, les huiles seront plus neutres et plus jaunes, mais dans les deux cas il ne faut pas d’exagération, il ne faut pas récolter les olives presque vertes car on obtiendrait des huiles âcres, fortes et en petites quantités, ni des fruits trop mûrs car on ne gagnerait pas en quantité et on y perdrait en qualité. Il ne faut pas oublier que les grands froids du mois de janvier peuvent porter atteinte à la production et qu’alors il y a intérêt à faire la cueillette dès que la maturité des fruits commence à se dessiner. Les olives sont d’ordinaire placées dans des sacs de jute mais il vaut mieux les mettre dans des caisses ou des corbeilles pour éviter les meurtrissures qui sont la cause de mauvaises fermentations".

 

 Source : Provence et Méditerranée – Mille visages de la France – Sélection du Reader’s Digest et L’olivier en terre varoise – Yves Fattori – Edisud. Agrementé de mes propres et modestes connaissances et du diaporama de cartes postale anciennes.

 

Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Métiers, Activités diverses - Communauté : Provence Passion
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Dimanche 29 août 2010 7 29 /08 /Août /2010 02:00


Je poste pour ma nouvelle communauté : Dans la vieille armoire.

Si vous voulez y participer, inscrivez-vous dans mes communautés,

dans la colonne du blog.

Dans la vieille armoire en noyer, j'ai trouvé ces trois belles cartes

postales anciennes colorisées qui représentent trois types de femmes marseillaises. J'ai inscrit sous les cartes ce que dit chacune.

Il y a :
- La Présidente des Dames de la Halle.
- La Présidente du Syndicat des Poissonnières.
- Une poissonnière.


- La Présidente des Dames de la Halle -
C'est Flaissières, lou rei dei maire, qu'il nous faut !
C'est Flaissières, le roi des maires qu'il nous faut !


- La Présidente du Syndicat des Poissonnières -
Chèro camarado, sé lou Bon Diou voou ; qué l'an qué ven
Nous nous retrouvions tous ici et qué siègui toujou vouestro Présidento
Chères camarades, si le Bon Dieu veut ; que l'an qui vient
Nous nous retrouvions tous ici et que je sois toujours votre Présidente.


- Poissonnière -
Ils ne sont pas frais mes poissons !
Vous sias pas regardado caricaturo... An coumo vous, alors
Ils ne sont pas frais mes poissons !

Vous ne vous êtes pas regardée caricature... Ils ont comme vous, alors.


Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Métiers, Activités diverses - Communauté : Dans la vieille armoire...
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