Histoire et petites histoires de la Provence

Jeudi 20 octobre 2011 4 20 /10 /Oct /2011 00:00

 


De nombreuses tablettes cunéiformes nous montrent que l’usage et le commerce du parfum étaient connus dès les Sumériens. Tous les peuples antiques en ont fait une grosse consommation, notamment les Égyptiens. Même s’il a eu aussi un usage profane, il était surtout utilisé lors de pratiques religieuses notamment pour les offrandes aux dieux et l'embaumement des corps. Les techniques de production étaient rudimentaires, et le resteront jusqu’à la fin du Moyen Âge : les produits étaient broyés, pilés, bouillis, imprégnés de matières grasses, et on utilisait surtout des écorces, des résines, des racines ou des matières animales servant de base ou de fixateurs. Un des parfums les plus utilisés a été l’encens, produit d’abord à Oman, et qui a largement contribué à la création des royaumes d’Arabie.

Le commerce du parfum a également fait la prospérité des villes phéniciennes et grecques. C’est le cas notamment de Chypre, qui passe pour la cité ayant commercialisé les flacons de parfum (aryballes et alabastres).

Les Romains ont continué à utiliser les parfums, mais on ne leur doit guère d’innovations, sinon le remplacement de la terre cuite par le verre pour la confection des flacons.



1 : Pomander en argent doré en forme de tête à double face, tête de mort sur une face, visage de jeune fille sur l'autre, art européen, XVIe siècle.
2 : Pomander en argent, Allemagne, XVIe siècle.
3 : Petits flacons de porcelaine, Chine, XVIIe-XVIIIe siècle.
4 : Flacon en ébéne et argent, Allemagne, fin du XVIIe siècle.
5 : Flacon en cristal avec monture en argent doré et couvercle orné d'un perle, France, fin du XVIIe siècle.
Le Moyen Âge chrétien ne semble guère avoir fait usage des parfums, sinon sous forme de couronne de fleurs et lors de cérémonies religieuses. Cependant, après les croisades, la consommation semble en augmenter, en particulier sous forme de boules de savon et d’eau de rose.

 
Le grand bouleversement se produit à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance, avec deux innovations : d’une part le perfectionnement de l’alambic, avec un système de refroidissement facilitant la distillation ; de l’autre la découverte de l’alcool éthylique, permettant de donner au parfum un support autre que des huiles ou des graisses. Le premier alcoolat célèbre est l’Eau de la Reine de Hongrie (XIVe siècle), préparation à base de romarin et d’essence de térébenthine.

Le parfum acquiert alors ses lettres de noblesse en Occident. On l’utilise notamment pour parfumer les vêtements, en particulier les gants, le métier de parfumeur étant alors associé à celui de gantier. La ville de Grasse dans les Alpes-Maritimes, devient la capitale du parfum, on y met au point de nouvelles techniques permettant de mieux recueillir l’essence des fleurs fragiles. Au XVIIIe siècle, on parfume tout, depuis le corps jusqu’aux vêtements et aux divers accessoires, notamment les cuirs. Mais il faudra attendre encore un siècle pour voir apparaître le vaporisateur.



La dernière révolution a lieu à la fin du XIXe siècle, avec l’essor industriel et publicitaire dont les conséquences sont considérables : conditionnement fabriqué en série, apparition des grands magasins et surtout arrivée des premiers produits de synthèse, liés au développement de la chimie organique.

C’est Aimé Guerlain, fils du parfumeur qui avait ouvert un magasin à Paris en 1828, qui crée le premier parfum à éléments de synthèse en 1889. Il contient alors de la vanilline et de la coumarine. La parfumerie moderne est née.



Matières premières végétales


Fleurs : les plus nobles sont sans doute la rose et le jasmin, auxquels on ajoutera la tubéreuse et l’iris, tout en sachant que le parfum de ce dernier n’est pas fourni par la fleur, mais par le rhizome. Les autres fleurs les plus utilisées sont la violette, la fleur d’oranger, le mimosa, les narcisses, la lavande, sans oublier l’ylang-ylang, fleur originaire des îles de l’océan Indien. La mode de ces fleurs varie selon les époques. Leurs essences sont le plus souvent reconstituées plus ou moins bien, par des mélanges de molécules aromatiques synthétiques, ce qui en diminue largement le prix.

Matières premières animales


Six essences animales sont utilisées dans la confection de parfums, le plus souvent aujourd’hui sous forme synthétique car des questions réglementaires ou d’éthique empêchent ou freinent leur emploi. Elles jouent le rôle de fixateurs et se rencontrent surtout dans les parfums masculins, du moins pour les trois premières.

  • Le musc, sécrétion produite par un cervidé mâle appelé chevrotin porte-musc. Le musc est produit par le chevrotin du Tibet pour attirer la femelle (c’est une substance qui peut être sentie à plus de 1 km aux alentours). Pour protéger l’espèce, la chasse a été interdite et l’exportation de musc est sévèrement réglementée : autrefois il fallait tuer le chevrotin pour récupérer ses glandes et désormais les muscs de synthèse sont beaucoup moins chers.
  • Le castoréum, excrétion sébacée du castor. Le castoréum est issu des glandes situées entre l’anus et les parties génitales du castor du Canada (mâle et femelle). Cette substance est un produit huileux qui sert à imperméabiliser la fourrure du castor.
  • La civette, sécrétion de l’animal du même nom. Le produit recherché s’obtient par curetage dans la partie anale de l’animal.
  • L’ambre gris, sorte de déjection issue du cachalot, qui erre sur les flots pendant de long mois avant d’être recueillie sur les plages des océans indien ou pacifique, le plus souvent.
  • La cire d’abeille, sécrétion produite par les abeilles dans la ruche, on l’extrait sous forme d’absolue (produit final) au moyen de solvants volatils produisant une concrète qui, lavée à l’alcool donne l’absolue de cire d’abeille ou absolue de brèche d’abeille
  • L’hyraceum est produite par le daman du Cap (procavia capens), un petit mammifère d’Afrique du Sud ayant l’apparence d’un gros rongeur. L’hyraceum est de l’urine riche en phéromones déposées par les membres d’une colonie, toujours au même endroit. Après plusieurs siècles de vieillissement, l’urine est pétrifiée. Elle prend alors la forme d’une pierre d’un brun sombre. ce produit est alors traité sous forme de teinture, ou par dissolution dans des solvants comme l’alcool. L’hyraceum est utilisé en parfumerie et en médecine traditionnelle.
  • Fruits : pour l’essentiel, les fruits utilisés en parfumerie sont des agrumes. Ils constituent une famille olfactive appelée hespéridés, très présente dans les eaux de Cologne. On y trouve les diverses variétés de citrons et d’oranges, notamment la limette et la bergamote. Les autres fruits sont le plus souvent des produits de synthèse, le plus fréquemment utilisé étant la vanille.
  • Autres matières végétales : elles sont nombreuses, depuis les arbres jusqu’aux herbes les plus modestes. Dans un arbre ou un arbuste, on peut utiliser l’écorce ou le bois (cannelle, santal, cèdre, bouleau, gaïac), ou encore la résine (encens, myrrhe, benjoin, labdanum), voire les mousses qui se développent sur son écorce (mousse du chêne). Pour les plantes, on les prend telles quelles (romarin), ou bien on préfère leurs feuilles (patchouli, verveine), leurs racines (vétiver, gingembre) ou leurs graines (cardamome, coriandre, fève tonka).



Techniques de fabrication


On appelle "extraction" le processus qui permet de transformer en essence une matière première. Voici les différentes techniques utilisées :

L’expression
 : pratiquée uniquement avec les agrumes, elle permet par simple pression d’extraire l’essence contenue dans l’écorce des fruits. L’opération est aujourd’hui accomplie grâce à des centrifugeuses.
La distillation à la vapeur d’eau : la matière première récoltée est disposée dans un alambic, avec de l’eau qu’on porte à ébullition. La vapeur d’eau transporte l’essence dans un condensateur, puis dans un séparateur.
La rectification : les essences obtenues par distillation sont parfois purifiées par rectification sous vide, procédé à basse température plus respectueux des matières fragiles.
L’enfleurage à chaud : utilisé avec des pétales de fleurs pas trop fragiles (rose, narcisse), il consiste à les plonger dans un bain de graisse animale que l’on fait chauffer à plusieurs reprises. Lorsque les fleurs ont donné toute leur essence, elles sont jetées et remplacées par d’autres, jusqu’à obtention d’une graisse suffisamment saturée. La graisse est ensuite lavée avec de l’alcool, jusqu’à obtention de l’essence dite absolue.
L’enfleurage à froid : utilisé lorsque les fleurs sont trop fragiles (jasmin, tubéreuse). Le principe est le même que pour l’enfleurage à chaud, mais les pétales sont disposés sur des tiroirs remplis de graisse froide. L’enfleurage n’est plus pratiqué aujourd’hui de cette façon.
L’extraction par solvants : se fait à l’aide de solvants volatils (éther de pétrole, hexane, benzène, ce dernier n’étant plus utilisé aujourd’hui) suivi en général par une extraction à l’éthanol.
La macération : pratiquée pour obtenir les essences animales, elle consiste à laisser macérer la matière première dans de l’alcool.


Une fois les diverses essences obtenues, c’est au parfumeur qu’il conviendra de les mélanger, par de savants dosages dont lui seul a le secret. Le parfumeur utilise pour cela un orgue à parfum qui est un boîtier ou une étagère en forme d’orgue contenant une sélection des extraits à mélanger. Puis le parfum obtenu sera mêlé à un excipient, en principe de l’alcool, mais également de l’eau et d’autres solvants avec une concentration plus ou moins forte selon le produit que l’on veut obtenir.

Je ne peux terminer cet article sans parler des "nez" car mon arrière grand-père Joseph Séverin Consolat né en 1867 à Cannes, issu d'une longue lignée d'ancêtres grassois, était chimiste en parfumerie. Il a travaillé notamment pour la parfumerie Bigeon à Bordeaux.


Un nez, un créateur de parfum

Un nez, c’est le surnom par lequel on désigne les créateurs de parfums. À l’origine, les parfumeurs étaient des artisans qui vivaient exclusivement de leur art, tels Jean Marie Farina, François Coty ou la famille Guerlain. Mais le XXe siècle a vu apparaître des parfums liés aux maisons de couture, dont le plus célèbre reste le N°5 de Chanel. Au fil du temps, les parfumeurs se sont effacés derrière des marques de plus en plus puissantes et sont devenus des prestataires au service de la griffe prestigieuse pour laquelle ils créent, mais à laquelle ils ne sont plus exclusivement attachés. Aujourd’hui et à de rares exceptions (Chanel, Guerlain, Patou, Hermès, Cartier ont tous les cinq leur propre "nez"), les parfumeurs sont salariés de groupes chimiques internationaux. Si les sociétés de parfumeurs étaient historiquement situées à Grasse comme le français Mane SA, les plus grandes d’entre elles sont aujourd’hui suisses comme les genevois Firmenich et Givaudan ou américains comme la société IFF. Quand une marque décide de lancer un nouveau parfum, les parfumeurs sont mis en compétition. Au final, après de multiples tests auprès des consommateurs, un seul parfum sera retenu et lancé sur le marché, portant le nom de la marque et non plus celui de son créateur.

Source : D'après Wikipédia - l'encyclopédie libre.

 

Par Nadine - Publié dans : Histoire et petites histoires de la Provence - Communauté : Passion Histoire
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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 00:56

 

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Le blason d'or à quatre pals de gueule est celui de la Provence depuis le mariage célébré le trois février 1112 de Douce, (héritière par sa mère Gerberge du Comté de Provence) avec Raymond Bérenger III dit le Grand.

La légende veut que, lors d'un combat contre les Normands, Geoffroy-le-Velu, père de Raymond Bérenger, fût blessé. Le roi Charles le Chauve (823 - 877), voulant lui témoigner son affection lui offrit des armoiries en traçant de sa main rougie du sang de la blessure de Geoffroy quatre traits sur son bouclier d'or.

La dynastie des Bérenger, jusqu'en 1246, année du mariage de Béatrice de Provence avec Charles 1er d'Anjou, recouvre la période la plus prospère : apogée de la civilisation provençale en matière de langue, de législation, de commerce, de liberté municipale.

Tout naturellement, les félibres et les régionalistes en général adoptèrent ces armes très anciennes, celles de Catalogne au détriment du "lys" d'Anjou.

Ce choix s'explique par les liens historiques et littéraires qui unissent Provence et Catalogne et par le sentiment d'appartenance plus fort qu'avec les comtes angevins.

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Par Nadine - Publié dans : Histoire et petites histoires de la Provence - Communauté : Provence Passion
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Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 00:00



C'est à la fin de l'Antiquité, quand le pouvoir central disparaît que se constituent les féodalités. Ainsi vont se structuer et se développer les communautés d'habitants, c'est-dire, un ensemble formé par des hommes et des terres réunis autour d'un seigneur et d'une paroisse.
Progressivement, ces communautés s'affranchissent de la tutelle du seigneur et obtiennent des libertés, des franchises et des octrois. Ces communautés, afin de régler les problèmes d'organisation, se dotent de conseils avec à leur tête, des syndics et des consuls. Chaque communauté instaure son propre règlement qui fixe le mode de recrutement du conseil municipal et ses attributions, l'électorat et les mesures de police. Les communautés ont une personnalité juridique qui leur est propre : sceau, milice, représentants, élus municipaux.
En 1481, après quatre siècles d'indépendance, le comté de Provence intègre le royaume de France. Désormais, le pouvoir royal développe une tutelle administrative exercée par des viguiers qui contrôlent les délibérations des conseils municipaux. Les vigueries sont au nombre de onze : Aix, Aups, Barjols, Brignoles, Castellanne, Draguignan, Hyères, Lorgues, Moustiers, Saint-Maximin, Toulon. Cependant, au XVIe siècle, les guerres de Religion vont perturber cette administration. Il faut armer, loger et approvisionner les troupes, ce qui entraîne des dépenses considérables. Elles sont obligées d'emprunter pour acheter les denrées alimentaires nécessaires à leur survie car les terres sont ravagées et les habitants massacrés par des bandes de pillards. Au XVIIe siècle, cette précarité financière s'accentue avec les guerres menées par Louis XIV. Les communautés ne cessent de s'endetter. Par ailleurs, l'autorité royale se fait plus pesante avec le prélèvement d'impôts nouveaux et la nomination d'un intendant de la province, la création dans toutes les villes d'un office de maire, ce qui grève souvent le budjet municipal pour des décennies.


Au XVIIIe siècle, c'est l'intendant, représentant du Roi, qui gère et contrôle les communautés. Les cahiers de doléance réclament une administration communale gérée par des syndics libres choisis par les habitants et non plus par le seigneur. C'est la Révolution, qui mettra un terme à cette administation dont les français ne veulent plus.
Désormais, toutes les communautés d'habitants ont à leur tête, un maire et des conseillers municipaux. La loi du 14 décembre 1789 va transformer les communautés d'habitants de l'Ancien régime, en communes. En 1790, cette nouvelle organisation administrative s'accompagne de la création des départements. Le Var qui s'étend jusqu'au fleuve "Var" et qui forme une frontière avec celui-ci, regroupe les communes situées à l'est de la Provence. Les communes sont réparties en cantons, eux-mêmes répartis en neuf districts qui correspondent à peu près aux anciennes vigueries : Barjols, Brignoles, Draguignan, Fréjus, Hyères, Saint-Maximin, Toulon, Grasse, Saint-Paul du Var. L'année 1795 voit la disparition des districts et les cantons acquirent plus d'importance. En 1800, les cantons sont regroupés en quatre arrondissements : Brignoles, Draguignan, Grasse et Toulon.
Le chef-lieu du département est d'abord Toulon en 1790, mais en 1793, la ville trahit la République au profit des anglais. C'est ainsi que l'on va tansférer le chef-lieu à Grasse puis à Brignoles en 1795, ensuite à Draguignan en 1797.
En 1860, le comté de Nice est rattaché à la France et constitue le nouveau département des Alpes-Maritimes auquel est intégré l'arrondissement de Grasse. Désormais, le fleuve "Var" ne coulera plus dans le département qui porte son nom.
Draguignan demeure le chef-lieu de préfecture du Var jusqu'en 1974, année au cours de laquelle la préfecture est transférée, non sans heurts, protestations et manifestations diverses, à Toulon.


Aujourd'hui, le Var compte 153 communes, regroupées en 43 cantons, répartis en trois arrondissements : Toulon, Draguignan, Brignoles. Six communes ont disparu depuis 1800 :
Candumy supprimée en 1839 et rattachée à Flassans-sur-Issole, Meinargueitte supprimée en 1838 et rattachée à Mazaugues, Bézaudin supprimée en 1840 et rattachée en Varages, La Bastidonne supprimée en 1840 et rattachée à Barjols, Favas supprimée en 1844 et rattachée à Bargemon, Brovès, de nos jours, Brovès en Seillans, rattachée à Seillans en 1970. D'autre part, quinze communes ont été crées : Saint-Paul-les-Fayence, c'est-à-dire de nos jours, Saint-Paul-en-Forêt détachée de Fayence en 1823, Saint-Cyr-sur-Mer détachée de La Cadière en 1825, Tanneron détachée de Callian en 1835, La Crau détachée de Hyères en 1853, Les Mayons détachés du Luc en 1863, Les Adrets, actuellement, les Adrets de l'Estérel, détachés de Montauroux en 1867, Carqueiranne détachée de Hyères en 1894, Le Pradet détaché de la Garde en 1894, La Londe, de nos jours, La Londe les Maures, détachée de Hyères en 1901, La Lavandou détaché de Bormes en 1913, Cavalaire détachée de Gassin en 1929, La Croix-Valmer détachée de Gassin en 1934, Le Rayol-Canadel détaché de La Môle en 1949, Saint-Mandrier détaché de La Seyne en 1950 et Saint-Antonin détaché d'Entrecasteaux en 1954.
  
Source : D'après le Guide des Archives du Var - Archives départementales.




Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Histoire et petites histoires de la Provence - Communauté : Passion Histoire
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Lundi 6 juin 2011 1 06 /06 /Juin /2011 00:00


On disait autrefois : "Le Parlement, le Mistral et la Durance sont les trois fléaux de la Provence. Avec le canal d'Adam de Craponne, on put répliquer : "Sans la Durance, point d'abondance".

 
Portrait d'Adam de Craponne

Les Craponne étaient originaires de Naples, puis de Pise, où l'un d'eux, Frédéric, se rangea sous les drapeaux de Charles VIII et le suivit en France pour s'établir à Montpellier. Son petit-fils, Adam, naquit à Salon en 1526. Ingénieur, maître dans l'art des mathématiques et celui du nivellement, il eut l'idée de dériver les eaux de la Durance jusqu'à Salon pour irriguer les plaines arides de la Crau. C'était en 1554.
Il investit l'argent gagné au service du roi, vendit les terres familiales, obtint une promesse de prêt par la communauté de Salon, dont son frère était le premier consul, et l'engagement des particuliers à lui acheter l'eau d'arrosage...
Puis il entreprit à ses frais les travaux.
Le dimanche 13 mai 1577, accompagné de toute la population, il se rendit à la porte de la ville. Comme son canal côtoyait des montagnes et des collines, certains jugeaient qu'il était plus haut que sa prise et que l'eau n'arriverait jamais ; d'autres juraient le contraire. L'eau brusquement apparut, l'exploit était réalisé. Mais il fallait aménager des issues pour le canal : une branche vers Pelissanne jusqu'à Cornillon et la Touloubre. Un autre fossé fut réalisé du côté d'Eyguières, traversant la Crau du nord au midi jusqu'à l'étang de Saint-Chamas  et la Méditerranée. L'inauguration définitive n'eut lieu que le 30 avril 1579, mettant l'eau "à l'usage d'infinis moulins et d'innombrables, plaisants et fructueux arrosements." Dès lors, les habitants enlevèrent les cailloux, plantèrent et ensemencèrent, et la Craux se mit à produire quantité de blé, d'huile d'olive et de fourrages. Plus tard, Craponne assécha les marais pestilentiels de Fréjus dans le Var (les paluds) et imagina, sans pouvoir le réaliser, le futur canal du Midi.
Envoyé par Henri II à Nantes pour inspecter des fortifications en construction, il trouva de graves malfaçons. Les entrepremeurs se vengèrent en l'empoisonnant en 1576. Sa statue oeuvre de Ramus s'élève depuis 1854 sur la fontaine qui distribue les eaux de la Durance à Salon de Provence.


La fontaine de Salon-de-Provence

Source : Almanach de la Provence - Pierre Echinard - Editions Jacques Marseille

 

Pour en savoir plus sur le canal si vous êtes curieux, je vous propose ces liens : http://www.asainfo.fr/doc/doc/Res-these_MBonfillon.pdf

http://www.salondeprovence.com/ville/crau/craponne.htm

 

Par Nadine - Publié dans : Histoire et petites histoires de la Provence - Communauté : Provence Passion
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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 00:00



Statue de Raymond Bérenger V

A la fois souvenain de Provence et de Forcalquier, le comte Raymond Bérenger V de Barcelone (fils d'Alphonse II, comte de Provence et de Garsende de Sabran, comtesse de Forcalquier) aimait mieux Forcalquier que son palais d'Aix (Aix-en-Provence). Mieux encore, son château de Saint-Maime, près des villages de Dauphin et de Mane (Alpes-de-Haute-Provence), où naquirent et grandirent les quatre filles qu'il avait eu de sa femme, Béatrice de Savoie. Lorsqu'il mourut, le 12 août 1245, deux d'entre elles étaient déjà reines, et les deux autres le furent par la suite, grâce au génie diplomatique de son sénéchal, Romée de Villeneuve, (de la famille des seigneurs de Trans dont je vous ai déjà parlé) qui donna ainsi quatre reines à Forcalquier.


Marguerite de Provence

Née en 1221, l'aînée, Marguerite, épousa en 1234, à douze ans, le roi de France Louis IX (que nous connaissons mieux sous le nom de Saint-Louis). Sa beauté charma les troubadours catalans d'Avignon et le troubadour Rambaud d'Orange avant qu'elle suive pendant six ans son époux à la septième croisade en 1248 (je précise de Louis IX est mort au cours de la huitième croisade le 25 août 1270 sous les remparts de Tunis). Sa femme, Marguerite de Provence lui survivra encore vingt-cinq ans et mourra en Anjou en 1295.


Eléonore de Provence

La deuxième fille, Eléonore, devint à quatorze ans, en 1235, la femme d'Henri III, roi d'Angleterre. Savante, musicienne, poète, elle créa à la cour d'Angleterre un foyer provençal. Après la mort d'Henri III en 1272, elle se retira dans un monastère et mourut en 1276.
La troisième, Sancie, épousa en 1242, à Westminster, Richard, comte de Cornouailles et du Poitou, frère d'Henri III, proclamé roi des Romains et empereur d'Allemagne en 1257 à Aix-la-Chapelle. Douce et lettrée, elle était ouvertement trompée par son mari, elle enviait sa dernière soeur, Béatrix demeurée en Provence, qui pouvait encore se promener, entre le château de Saint Maime et la ferme des Encontres, sur le chemin campagnard qu'on appelle encore le Chemin des Reines.
Béatrix se maria en 1246 à Charles Ier d'Anjou, frère de Saint Louis, qui devint ainsi comte de Provence puis, roi de Naples et des Deux-Siciles. Elle fut chantée par les troubadours Gaucher, Guilhen de Grasse, Aymeric de Peghuilan.

Source : D'après l'Almanach de la Provence - Collection Pays et Terres de France


Forcalquier

Quelques explications sur l'Histoire de Forcalquier

Forcalquier a pour devise, "Pus aut que les Aups" "Plus haut que les Alpes" et, pour surnoms, la "Cité des quatre reines" ou encore la "Cité comtale", en souvenir du XIIe siècle ou elle fut capitale du comté de Forcalquier. Au milieu du Moyen Âge, Forcalquier était une possession des comtes de Provence, qui échut au comte Foulques Bertrand, qui s’intitula comte de Forcalquier et fit de Forcalquier sa ville principale. Au XIIe siècle, le comté de Provence, possession indivise entre plusieurs comtes, fut partagée et l'une des trois parties revint à la comtesse Adélaïde, veuve d'un comte d'Urgel, qui prend le titre de comtesse en 1110. Pendant plus d'un siècle, les comtes de Forcalquier font de leur ville la capitale d'un comté qui s'étendait des sources de la Durance aux portes de Cavaillon, et qui dont les villes principales étaient Embrun, Gap, Sisteron, Manosque, Pertuis, Apt et Sault. Le Xlle siècle est l'âge d'or du Pays de Forcalquier, comme en témoignent les nombreux édifices romans de la région. En 1125, Forcalquier devient la capitale du comté qui comprenait les diocèses d'Apt, de Sisteron et une partie de ceux de Gap et d'Embrun.

Le mariage de Gersende de Sabran et d’Alphonse II de Provence allie finalement les maisons comtales de Forcalquier et de Provence, et Forcalquier devient une de leurs résidences. Après la crise économique et démographique du Xllle siècle, Forcalquier souffre des passages de Charles de Duras et de Raymond de Turenne.

Le siècle suivant est marqué par les grandes épidémies de peste. Faute d'héritier au dernier comte de Provence, le roi René, le comté est réuni à la France, mais le titre de comte de Forcalquier est porté par les comtes de Provence et ensuite les rois de France jusqu'à Louis XVIII. Le rattachement a lieu en 1481 : Louis XI hérite du comté, mais doit assiéger Forcalquier, qui résiste trois semaines avant de tomber le 21 juillet, puis est mise à sac.

Source : Wikipédia, l'encyclopédie libre


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