Nadine de Trans en Provence
C'est Francis, un ami généalogiste qui m'a donné l'autorisation de publier son récit après l'avoir un peu arrangé.
Le village de Carcès (Photo internet)
"Entre les deux guerres dans mon village : Carcès dans le Haut-Var, je me
souviens de trois marchands ambulants qui circulaient avec une petite charrette à bras qu'on appelait charreton. Ils faisaient à pied la tournée des six villages qui forment le canton. Soit :
Carcès, Correns, Cotignac, Entrecasteaux, Montfort-sur-Argens, et Saint-Antonin-du-Var. Il y avait :
- le marchand d'anchois, avec son petit tonneau sur la charrette et son papier gris qui lui servait à emballer sa marchandise.
Son cri "anchoio" signifiait : "anchois" en langue provençale, celle de mon enfance.
- le marchand qui vendait du fromage et criait "froumagi couyen", en français : "fromage cuit " c'était une préparation de restants de fromages de toute nature qui cuisaient littéralement dans de
l'eau-de-vie et des aromates, c'était très fort au goût
(Nota de Nadine : je pense que c'est ce que nous appellons ici
le broussin. Mon ami blogueur Jupiter de Cotignac nous donne quelques explicationx supplémentaires à ce sujet à la fin du texte).
Les ménagères le faisaient également en mettant tous les bouts de fromage du
mois dans une terrine en terre cuite ou une petite jarre, elles ajoutaient bien sûr une bonne rasade d'aigo-ardènt, littéralement : eau ardente (eau-de-vie de marc de raisin) et enfin par dessus
un voile de gaze pour isoler des mouches.
- Le marchand d'échaudés, une sorte de brioche, très
légère, aérienne, à la pâte succulente enrobée de sucre et parfumée à l'eau de fleur d'oranger ou à l'anis. Il chantait le couplet suivant, toujours en langue provençale :
- C'est moi qui les fait ;
- C'est moi qui les vend ;
- C'est ma femme qui bouffe l'argent ! ! !
Cette dernière phrase avec une conviction teintée de souffrance.
Mais ce qui m'a le plus marqué c'était lorsque les transhumants faisaient
étape sur la place de la Capelette, le soir les bergers fouillaient au
milieu du troupeau de moutons pour débusquer les lièvres qui transhumaient également avec eux. Je me souviens aussi de l'âne avec ses paniers en osier disposés de part et d'autre de ses flancs.
Ils servaient à transporter les agneaux nés durant le trajet.
A la tête du troupeau, le bouc (en provençal : lou menoun) avec sa grosse cloche ouvrait la marche. Il ne faut pas oublier les chiens également qui rabattaient les bêtes qui s'écartaient du
troupeau.
Je ne peux pas terminer sans parler de la distillerie ambulante qui se tenait sous une grande tente avec cette agréable odeur de moût de
raisin qui titillait les narines.
Ni sans citer le cinéma muet ambulant aménagé dans une salle faite de
draps tendus. Je me souviens de deux films, : Judex et Lagardère. Ils étaient de
teinte sépia ou verdâtre. Voilà ce que je garde comme souvenirs de mon enfance, ça devait être dans les années 1933 à 1940. Après la guerre, rien n'a plus été pareil !"
Auteur : Francis Pelotier
Explications supplémentaires de Jupiter (pour voir son blog c'est ICI) sur le fromage couyen : Le couyen est une forme des fromages "Cachats" que l'on retrouve dans toutes les
régions de France. Ici (à Cotignac et dans la région), nous l'appelons le fromage couyen ou couillen. Le départ du fromage se
fait avec des restes de fromage de brebis. Les anciens versaient de l'eau-de-vie avant de s'en servir pour tuer d'éventuels asticots. Ils le tartinaient sur de grosses tranches de pain qu'ils
mettaient à rôtir devant la cheminée, ça sentait mauvais, mais qu'est-ce que c'était bon ! Par contre, méfiez-vous si vous en faites parce que c'est très fort ! Il y a encore une personne à
Varages qui en fabrique mais je ne la connais pas. A Cotignac, j'ai des amis qui en font aussi, mais ils ne veulent pas me donner la recette car ils l'ont héritée de leurs
parents.
Nota de Nadine : Ce genre de chose c'est commes les coins à champignons ou à asperges sauvages, ça ne se dit pas !
Je trouve ça charmant
Le seul ambulant dont je me souviens c'est les aiguiseurs de couteaux mais dans un vague souvenir
J'aime beaucoup ce que dis ce marchand de brioche, son refrain m'a fait rire
Elles sont jolies ces terrines en terre
Merci pour ton reportage
Je te fais de gros bisous et je te souhaite un bon lundi
BISOUS ET BONNE SEMAINE
PAT
Bisous Nadine, amitiés, Flo
bonjour NADINE , vraiment tu me gâtes , mais rassures toi , le succès de ton blog je n' y suis pour pas grand chose , juste au départ un petit coup de pouce et puis c' est toi qui a fait tout le reste , c' est tellement interessant et pui tu racontes comme les conteurs d' autrefois qui passaient dans les villages et c' était eux en fait qui étaient le journal parlant . Continue c' est très beau et passionnant et très interessant , et puis tu vois les gens participent c' est ça le plus beau côté de la chose .
Pleins de bons voeux pour ton nouveau départ , maintenant je ne parle plus de toi , je suis sure que tu n' en a plus besoin.
Ton amie RENEE et son cricri d' amour CHRISTIAN qui te font de gros bisous de bonne chance et puis pour couronner le tout un mot célébre avant de te quitter MERDE (tu pardonnera , mais il est de circonstance .
- le 31/03/2008 à 13h45
le temps d'une pose pour me reposer jen né besoin en se moment gros bisoux je pense a vous
Nadine,je viens de regarder plusieurs de tes articles, tu mérites plus de monde avec le travail que tu fais ! J'ai envoyé un petit mot à Amandine, ne la connaissant pas mais je veux bien mettre un lien bien que mon blog soit tout neuf aussi :( avant, j'avais plus de monde que ça. Je vois que Jupi est dans tous les coups du Var :))) J'aimerais revoir mes ami(e)s cet été !
Bises et bonne soirée.
Joël.
Reçu le 31/3 à 00:15.
Je t'imagine, devant ton moniteur, tapotant febrilement ton clavier, à l'heure où tout le monde dort, pour être certaine que le lendemain de bonne heure, en ouvrant leur bécane, tes lecteurs profitent de ton travail, merci de la peine que tu te donnes pour nous distraire!
Cordialement,
Cerflu