Nadine de Trans en Provence

  


La fin juin voyait l'arrivée des grands travaux liés à la moisson. Nos campagnes ne connaissent plus ce moment vital où nos ancêtres récoltaient le blé conditionnant l'année à venir.

Jusqu'au 19ème siècle, on moissonnait en Provence, à la faucille (voulame en provençal), outil se composant d'un fer recourbé très tranchant pouvant atteindre 70 centimètres. Le moissonneur s'avançait la tête tournée vers le grain à couper. Il saisissait le chaume, de la main gauche, tenait bien la javelle pour qu'aucun grain ne se perde. En même temps, il engageait sa voulame et, en tirant à lui le tranchant de son outil, il coupait la poignée de tiges. Recommençant ainsi les gestes séculaires décrits par Homère dans l'Iliade "les ouvriers moissonnent la faucille à la main. Des javelles tombent à terre, les unes sur les autres, le long de l'andain*. D'autres sont liées avec des attaches par des botteleurs". Les Provençaux résistèrent à l'usage de la faux car cet outil cher et s'usant vite convenait mal par ailleurs aux champs empierrés.

Les moissonneurs travaillaient en groupe de quatre, trois coupeurs et une lieuse des gerbes. Ces dernières étaient regroupées en tas plus ou moins importants qu'on laissait sécher dans les champs avant le foulage.




LE FOULAGE   Les rouleaux de pierre que l'on peut encore voir au bord des anciennes aires de battage ne datent que du XIXème siècle. Jusqu'à cette époque, on foulait, moisson après moisson, de la même façon que dans l'Antiquité.

Par beau temps, on déliait les gerbes que l'on répandait sur des aires pavées de grosses pierres et on faisait tourner dessus pendant des heures les bêtes de somme dont on disposait. Le fermier ou sa femme activait cette ronde, tandis que les batteurs remuaient les gerbes, les retournant et poussant sans cesse le blé sous les sabots. Sous ces piétinements la paille se brisait et le grain s'en détachait. Quand on estimait que l'opération avait assez duré on enlevait la paille à la fourche et on remplissait les sacs avec le grain encore mêlé de brins de paille.

  LE VANNAGE   On passait tout d'abord au crible le grain ramassé sur l'aire de façon à éliminer les débris d'épis pris avec le grain. Jusqu'à la fin du siècle dernier les femmes effectuaient le vannage au moyen de tamis. Elles s'installaient dans le courant d'air et secouaient le van rempli de blé. La paille soulevée était entraînée par le vent et les grains tombaient sur l'aire où souvent des draps étalés les recueillaient. Le lavage achevait les travaux de la moisson.   LE LAVAGE   Les grains recueillis passaient au lavage pour éliminer les derniers déchets qui pouvaient rester : ceux plus légers que le grain montaient à la surface de l'eau et étaient entraînés par le déversoir de la fontaine où avait lieu cette opération. On séchait ensuite le grain sur des toiles. Puis, mis en sac, il prenait, à dos de mulet, le chemin du moulin. On conservait une partie de la récolte à la maison pour la fabrication du pain, aliment de base du Méditerranéen.   Source : Almanach pittoresque et pratique du Var - 1992.

Nota: *Andain : En agriculture, l'andain est une bande continue de fourrage laissée sur le sol après le passage d'une faucheuse ou d'une andaineuse. Cependant le terme s'applique à différents types de produits étalés sur le champ, par exemple la paille derrière une moissonneuse-batteuse, les résidus de végétation derrière un gyrobroyeur, ou encore les blocs rocheux issus de l'épierrage de la parcelle.






Lun 14 avr 2008 20 commentaires
Ton texte est très bien documenté ma belle, sur les semences autrefois, j'en ai appris beaucoup.

Tes textes sont intéressants et instructifs, merci.

Bon lundi et bisous de ta p'tite cousine du Québec.
Rosie - le 14/04/2008 à 05h22
Je reviens te poster un com, car je viens de lire sur le blogue d'Olivier, Carpe Diem, que la maladie et la mort d'Amandine, c'était une grosse supercherie, qu'il n'y a rien de vrai là-dedans, le blogue est aussi fermée.

Comprend pas trop, pourquoi les gens qui font des supercheries pareilles agissent ainsi.

Bon lundi et bisous de ta p'tite cousine du Québec.

Rosie - le 14/04/2008 à 06h57
...très bien ton texte, très interessant, nous qui venons de la terre nous apprécions ! mais nous ne connaissions pas le foulage, chez nous les céréales étaient battues au fleau !
très joli aussi le diaporama final ! bonne semaine chère Nadine et bisous ...
Jeanine et René - le 14/04/2008 à 07h45
Bon lundi ! et plein de gros bisous

biker06 - le 14/04/2008 à 09h48
ton texte est très ineressant, et de plus ce diaporama magnifique avec ces photos d'autrefois
je te souhaite une bonne journée, aujourd'hui et demain je m'occupe de ma petite fille et nous allons l'après midi à la piscine
bisous Mamy ANNICK
MAMY ANNICK - le 14/04/2008 à 10h42
Nadine,

un beau diapo pour ce texte qui nous rappelle de beaux souvenirs ! dans l'Oise, papa a travaillé beaucoup dans les champs, comme son papa. Je n'ai pas vu de blés dans le Var pendant ces quelques années :( que des vignes et des lacs manquant d'eau !

Bises et bonne journée.


Joël.
Joël - le 14/04/2008 à 12h58
j'ai regardé  le savon de marseille  ..un régal cet article   et maintenant ce diapo...c'est superbe ...

les gens étaient plus heureux  avant et pourtant ils en bavaient les pauvres mais un rien leur suffisait ..

j'espère que tu as bien Nadine et je t'envoie toute ma tendresse et de gros bisouss.. et un bisou pour ta petite maman ..
marithé :010: - le 14/04/2008 à 14h47

Mille et un bisous de la mer rouge ! @nne marie
soleil51 - le 14/04/2008 à 15h00

Super ta diapo. Le blé et vraiment réussi, très net, bravo. Bonne semaine

nounn - le 14/04/2008 à 15h31
Comme j'aime venir chez toi, c'est toujours si interessant.  Merci
Bises
Christiane - le 14/04/2008 à 17h02