Nadine de Trans en Provence




Il est tout en bas de mon blog depuis le début (dans mon pied de page) et personne ne m'a jamais demandé de quoi il s'agissait. Des personnes m'écrivent chaque jour pour me demander tout et n'importe quoi et là... rien. Pas de question sur cette drôle de construction.
J'ai toujours trouvé ça curieux.
Bon, hé bien, c'est parti pour l'explication.



Le puits aérien (carte postale - collection personnelle de Nadine)

Avez-vous déjà entendu parler du puits aérien de Trans en Provence ?
Le constructeur de cet ouvrage, un ingénieur belge, Monsieur Achille Knapen est venu à Trans vers la fin de sa vie professionnelle. Né à Mons en Belgique le 29 septembre 1860, il s'est éteint à Trans le 26 juillet 1941. Il est enterré dans le cimetière de la commune.
Lauréat de la Société des Ingénieurs civils de France, Chevalier de la légion d'Honneur, Monsieur Achille Knapen est connu dans notre village pour avoir bâti une construction unique en Europe :
le puits aérien.
Il a fallu un an et demi pour construire ce puits dont la vocation était la récupération de l'humidité atmosphérique pour fournir de l'eau potable aux contrées dépourvues de sources naturelles.
C'est lors d'un "Congrès de l'eau" tenu à Alger, en janvier 1928, qu'Achille Knapen, avait fait mention pour la première fois de son projet. Ce congrès avait fait ressortir l'importance du problème de l'eau en signalant les pertes immenses que la pénurie occasionnait périodiquement pendant les années sèches aux cheptels et aux populations.
A l'issue de ce congrès, les membres avaient donné leur feu vert à l'idée de Monsieur Knapen. Un sité algérien sur les hauts plateaux près de Chelala avait même été envisagé pour mettre cette idée à exécution. La configuration des lieux avait été jugée intéressante par rapport à la topographie. L'idée fit quelques temps son chemin mais il semble que des considérations autres que techniques ont entravé ce projet et n'ont pas permis de le mener à son terme. Monsieur Kanpen qui était d'un caractère obstiné, ne se laissa pas abattre pour autant.
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              Ilchercha
Carte postale des années 60 - collection personnelle de Nadine

Il lui fallait absolument trouver un lieu pouvant se rapprocher climatiquement des pays chauds et il le trouva à Trans. Les travaux de mise en état furent terminés fin mai 1930. Le 14 juillet, la construction de la masse centrale, en béton de grenailles, de porphyre et de mortier de ciment était achevée, contenant le puits d'un mètre de diamètre ménagé au niveau du sol jusqu'à 9 mètres de hauteur. Le 14 juillet 1931, la calotte massive de 4 mètres d'épaisseur recouvrant les voûtes et les entrées d'air supérieures, était achevée à son tour.


Les ardoises les plus hautes sont encore en place, les autres ont été cassées
(Photo internet)

Quelques jours après, on fichait 3000 ardoises obliques et de champ sur les parois de la masse centrale revêtue d'un enduit au mortier maigre de 30 millimètres d'épaisseur.
Dans le haut, un tuyau métallique traverse l'enveloppe de béton pour déboucher à l'extérieur et la dépasser de 50 centimètres afin de demeurer par son orifice supérieur, en contact permanent avec l'air libre.
Les travaux de construction du puits aérien ont bénéficié de la présence à Trans de nombreux immigrés italiens qui, pour une bonne partie d'entre eux, ont quitté leur pays entre 1922 et 1923. Ces italiens avaient une réputation de bâtisseurs. Ils étaient pour la plupart des salariés des établissements Fournial. Dans la liste de ces participants à cette construction on trouve les noms de Chiambrino père et fils, Minazzo, Garro, Ferrero, Gerbino...
Précision : le dôme extérieur est constitué de pierres calcaires assemblées par du ciment gris. Ces pierres sont abondantes sur le terroir de Trans notamment au quartier de "Terre blanche". C'est là que des carrières situées à environ deux kilomèetres du puits ont été ouvertes. Le transport était assuré par la famille Gerbino qui disposait de plusieurs chevaux de trait ainsi que du matériel de transport, les fameux "tombereaux", qui sont des sortes de charrettes basculantes destinées à transporter des matériaux en vrac et dont les côtés sont pleins et en forme d'auge. La capacité de ceux-ci, 2 mètres cube, était importante pour l'époque. Il était nécessaire d'atteler deux forts chevaux ensemble car les chemins étaient sinueux et en plus mauvais état qu'aujourd'hui. De plus, le poids des attelages formait en permanence des ornières, ce qui était encore plus difficile... Une fois transportées sur place, les roches étaient entassées non loin de là. L'un des équipiers de ces "muratori" (maçons en italien) surnommé "Baffi" (moustaches) passait ses journées à façonner les belles pierres, celles qui resteraient apparentes. Elles étaient ensuite amenées sur place parmi les éclats de la taille et servaient de remplissage de l'épaisseur des murs qui atteignait deux mètres cinquante.
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

Le puits aérien et la villa Knapen

Hélas, le puits aérien de Trans ne tint pas ses promesses. En cherchant un climat approchant de l'Afrique, Monsieur Knapen avait songé à des températures variant la nuit de 4° en dessous de zéro à 11°. Il était loin du compte à Trans où pendant les mois d'été, les différences ne sont que de quelques dégrés. Il ne récolta donc que la valeur d'un seau dans les meilleures nuits. Le projet extrêmement valable pour la terre africaine ne connut aucune suite et c'est dommage car aujourd'hui la sècheresse y pose d'angoissants problèmes. 

 


Coupe schématique du puits aérien

(1) le haut de la cloche avec le tuyau métallique qui prend l'air à l'extérieur
(2) Cinq rangées d'ouvertures supérieures
(3) Deux rangées d'ouvertures inférieures
(4) Assise de l'ouvrage et citerne de stockage de l'eau

Document extrait de la brochure du Syndicat d'Initiative de Trans en Provence

Sources : D'après le panneau explicatif de l'Office de tourisme situé près du puits aérien et le livre de Max Lambert (un transian) - Le puits aérien de Trans en Provence Editions Campanile 2002.


Le puits aérien vu du petit jardin qui l'entoure aujourd'hui (Photo Nadine)

Si vous passez par Trans, n'oubliez pas d'aller voir le puits aérien.
Vous n'en reverrez pas un autre comme celui-là ailleurs.
Pour en savoir plus, je vous conseille ce lien :

http://www.histoire-eau-hyeres.fr/612-puits_aerien.html






Dim 30 aoû 2009 20 commentaires
Tu as eu raison, Nadine, il fallait expliquer ce qu'est cette construction bizarre et à quoi elle etait theoriquement destinée
Dommage que des vandales aient brisé la pluspart des ardoises, pour le plaisir idiot de detruire.
Cordialement,
Cerflu
Cerflu - le 26/08/2009 à 16h59
mais tout le monde devait croire que c'etait une ruche !! hi hi hi Non ! je plaisante bien sur. Ton article m'a bien interressé evidemment et je ne manquerais pas de voir cette curiosité lors d'un passage à Trans.
bisous
pat
biker06 - le 26/08/2009 à 17h20
C'est de la qualité, et en plus esthétique, ce qui se fait rare de nos jours. Bisous Nadine. Babou xxx
babou - le 26/08/2009 à 21h49
Bonjour nadine,ton article est très intéressant,c,est dommage qu'il ne soit pas en Afrique.
Bonne journée et au plaisir de te revoir car il y a longtemps que je ne suis pas venue mais je suis toujours abonnée à ton blog.
nadia-vraie - le 27/08/2009 à 05h02
Bonjour Nadine ;  ce puits se trouve à quel endroit de Trans ? je ne l'est jamais vu

il est pourtant visible à voir c'est une grande  bâtisse
mamiegigi - le 27/08/2009 à 18h37
Bonsoir Nadine,
merci pour ces superbes photos, et pour les explications sur cet exceptionel édifice, que j'ai pris bêtement pour un énorme pigeonnier, eh oui, pourquoi pas, alors que, mais c'est bien sûr, c'est bien un puit aérien, Lol
Continue, ton blog est chaque semaine plus merveilleux.
Bises
   Daniel
Daniel Tertian - le 27/08/2009 à 21h59
Bravo pour votre blog qui m'a permis un bien sympathique voyage aux couleurs de la Provence
Didier - le 28/08/2009 à 14h55
coucou nadine

tu sais  que quand on lit l'article on va pas  jusqu'en bas du blog ...  mdr

c'est un magnifique ouvrage et tu as raison de le mettre en vedette ..

j'espère que tu vas bien ..

je viens de rentrer  de chez fiston ...c'est dur  de retirer 4 couches de papier peint dans toutes les pièces  mdr ..gros bisouss
marie thé - le 28/08/2009 à 17h46
bonjour Nadine
merci pour tes superbes photos . Je ne manquerai pas d'allée voir cet édifice a Trans quand je passerai parla merci bisou de Flassans ninou83
ninou83 - le 28/08/2009 à 18h31
ça fait un quart d'heure que j'essaie de te mettre un com'! quelle barbe! Bon anniv' en retard! je ne savais pas! ma maman était du 26 août....Ce puits est une véritable merveille! et Quinson, quel magnifique village! merci Mme la GUIDE!!!! tu nous fais découvrir plein de choses! mille bises!mémé
mounic - le 29/08/2009 à 00h39