Costume provençal

Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 00:00

 

Costume-de-Haute-Provence-Digne.jpg

 

Comment étaient vêtus les habitants de la Haute-Provence autrefois ? On peut s'en faire une idée grâce à deux descriptions : celle d'Abel Hugo dans "La France pittoresque" paru en 1835 et à celle de l'archiviste et historien Raymond Collier dans son livre "La vie en Haute-Provence de 1600 à 1850".

Voyons d'abord ce qu'écrit Abel Hugo : "Les hommes des Basses-Alpes portent des habits de drap grossier, longs et larges, dont les manches ont des parements garnis de boutons ; leurs vestes, qui ne se boutonnent point, descendent jusqu'à mi-cuisse sur un gilet d'étoffe blanche. Ils ont des culottes de drap et de longs bas de laine qui recouvrent le genou. Leurs chaussures consistent en de gros souliers dont l'épaisse semelle est garnie de clous énormes et d'un fer à cheval sous le talon ; l'hiver ils y ajoutent quelques crampons à glace. Ils portent les cheveux flottants sur les épaules ; un bonnet de laine que surmonte un large chapeau retroussé en pointe, forme leur coiffure". "Les femmes sont vêtues d'étoffes de laine à couleurs vives et tranchantes où dominent le rouge, le vert et le violet ; elles ont de larges jupons à plis qui forment un bourrelet autour des hanches, et donc la partie supérieure est soutenue dans un corset de drap très épais, renforcé par des baguettes de fer piquées dans tous les sens, et fermé par derrière avec des forts lacets. Leur coiffure est un bonnet de toile blanche garni de dentelles plus ou moins fines, et sur lequel se posent soit un large chapeau de paille ou de feutre, soit un mouchoir de gaze noire ou de coton de couleur".

Passons à présent à la description de Raymond Collier : Le costume des hommes du peuple du début du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle "était assez sommaire, se composant d'un chapeau, d'un justaucorps ou gilet (assez souvent), d'une veste, d'une culotte et de bas. Pas toujours de cravate, encore bien moins souvent un manteau. L'étoffe de l'habit est du cadis, du cordeillat ou même de la bure ; elle est teinte (sans doute vert bouteille, gros bleu, jaune terreux) ou reste "couleur de la bête". A peu près jamais du linge de corps, sauf la chemise. Il devait s'y adjoindre parfois la taillote (cette ceinture de flanelle que portent encore de vieux paysans".

Quant au costume des femmes, voici ce qu'il en dit : "... il apparaît que, de la fin du XVIIe siècle au début du XIXe siècle, les femmes du peuple portent la coiffe ou un mouchoir de tête, un corsage, une jupe, des bas, souvent un corset et un tablier, parfois un fichu ; pour linge de corps, uniquement une chemise de jour. Le cotillon manque souvent".

 La-vie-en-Haute-Provence.jpg

 

Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille le beau blog de mon amie Joëlle de la Malle aux trésors. Voilà le lien de la partie de son blog qui concerne le costume de Haute-Provence :

http://labastido.canalblog.com/tag/costume%20proven%C3%A7al%20de%20Haute%20Provence

Et puis comme je vous le recommande souvent, prenez le temps de visiter son blog pour y faire de belles découvertes.

 

Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Costume provençal - Communauté : Dans la vieille armoire...
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Jeudi 17 février 2011 4 17 /02 /Fév /2011 00:00

Arlesienne-detail-costume 

Provence-Costume-copie-1.jpg

 

 Les dorures sont les bijoux que les jeunes filles recevaient en dot de leur père, avec quelques pièces d'étoffes précieuses et quelques mesures de dentelle. L'histoire du bijou provençal est étroitement liée à celle du costume. La propérité que connut la Provence au XVIIIe siècle, l'intense commerce du port franc de Marseille, qui importait les plus belles étoffes de l'Orient, les toiles peintes, les indiennes, les mousselines des Indes mais aussi celui de la foire de Beaucaire (Gard) où parvenaient les dentelles de Flandres, les bijoux et les pierres de joalliers d'Amsterdam et de Paris, tout cela favorisa l'épanouissement d'un costume régional riche et élégant. Dès le XVIIIe siècle, alors que dans les autres provinces il faudra attendre la période de la Révolution et même parfois jusqu'en 1830 pour que le costume régional se diversifie. L'emploi des indiennes, les belles coiffes "à la cardeline" ou "à la chanoinesse", le simple "pletchoun" enroulé autour de la tête et le très singulier "droulet" sorte de casaquin à longues et fines basques pendant dans le dos, en fond un ravissant costume haut en couleur et si différents qu'il émerveille les voyageurs.

 

Atelier de couture Arles-Antoine Raspal 

 Le peintre Antoine Raspal, qui décrivit si bien la petite société d'Arles de la fin du XVIIIe siècle, montre les jolies artisanes et les ouvrières de l'atelier de couture (tableau ci-dessus) portant fièrement à leur cou une croix de Malte, ou au bras droit un large bracelet, le "coulas" jonc en or de la grosseur d'un plume d'oie qui se terminait par deux boules prises l'une dans l'autre. A l'un de ces anneaux pendait une autre croix de Malte ou une lourde médaille. Ce bracelet fut porté jusqu'à la Restauration. Les "maltaises" ainsi qu'on appelait ces croix ornées de l'insigne des chevaliers de l'ordre de Malte, rappelaient la longue histoire qui liait la Provence à l'ordre depuis sa fondation par un Provençal. Elles étaient en or, décorées de motifs gravés et émaillés de blanc à l'endroit et de noir à l'envers suspendues près du cou à un ruban de velours noir sur la nuque. Les Provençales portèrent aussi de nombreuses autres croix, comme la "croix à la dévote", masse d'argent sur or qui enserrait en serti clos des "roses" de tailles décroissantes vers les extrémités des branches.   Devote.jpg

 Croix dite à la dévote (Photo internet)

 

Coulas-copie-1.jpg

  Lou coulas (Photo internet)

 

 Une autre croix était la "maintenon" où six diamants, plus un pour le coulant, étaient pris dans des cônes d'or. La "capucine" elle, était une croix d'or ornée de cinq cônes d'or surmontés de diamants, dont le coulant était en forme de croix de Saint André orné d'un cône supplémentaire  identique aux cinq autres. Enfin, la "Papillon" était une grande croix d'or et d'argent très richement découpée et ornée de pierres. Dès que cessa la mode des coiffes enveloppant le visage, comme la "cardeline" ou la "chanoinesse" à Arles, ou encore la "couqueto" à Marseille, les Provençales s'empressèrent de porter aussi des pendants d'oreilles, "poissardes" et "créoles". Les bagues étaient nombreuses à tous les doigts, ornées de roses, de grenats, de camées de corail ou d'agates. Enfin, au XIXe siècle l'usage vint d'offrir, pour fêter la naissance de chaque nouvel enfant, un long sautoir d'or aux mailles finement travaillées. Sept enfants, c'étaient autant de chaînes d'or, brillant symbole à la fois, du lien d'amour et de la servitude.

 

Source : Couleurs de Provence - Michel Biehn - Flammarion.

 

Fichu croise

 

 

Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Costume provençal - Communauté : Provence Passion
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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 00:00

 

Costume-Blason-Nice.jpg

 

 Comme partout ailleurs, les habitants du Comté de Nice, se sont habillés de mille façons au cours des siècles. Cependant, le folklore niçois a retenu son costume traditionnel en fonction de son histoire riche et tourmentée. Ce sont les Grecs qui ont fondé la cité de Nikaia (Nice) au IIIème siècle avant J.C. Ceux-ci étaient des pêcheurs et des paysans. De par leur origine et leur situation géographique, les Niçois ont perpétué ces deux activités jusqu’au XIXème siècle. C’est pourquoi le costume traditionnel porté par les danseurs lors des fêtes rend hommage aux pêcheurs et aux bouquetières d’antan.

 

Le costume masculin :

 

Le costume niçois porté par les garçons reprend l’habit traditionnel des pêcheurs niçois.
Il est généralement constitué des éléments suivants :
- une chemise en toile blanche à large col fermé par une cordelière en coton de couleur rouge.
- une culotte à la "Matelote", sorte de corsaire en toile rayée rouge et blanc retenue à la taille par une très longue ceinture en laine rouge bordée de velours noir, la taiola.
- une veste taillée court avec un col et un revers, en gros drap marron.
- un bonnet de laine rouge, bordé de velours noir.
- des espadrilles en toile blanche et semelle de sparte.
Il existe des variantes de ce costume comprenant une culotte blanche à fines rayures bleues et un foulard à carreaux bleus et blancs, noué sur la chemise blanche.
Dans ce cas, la ceinture et le bonnet sont également bleus.
Dans les villages du Comté de Nice, les hommes portent des pantalons en gros velours brun arrêtés au-dessus du genou, des bas de coton et des souliers noirs (parfois des sabots).

 

Juan-les-Pins

 

Le costume féminin :

 

Le costume niçois porté par les filles est celui des bouquetières.
Il se compose de :
- une jupe en toile avec des rayures rouges et blanches et bordée de deux rangées de velours noir.
- une chemisette blanche agrémentée de dentelles anciennes, avec des manches bouffantes.
- un corset de velours noir fermé sur le devant par un passement noir.
- un tablier et un châle en satin noir brodés.
- un grand chapeau rond et plat en paille tressée, appelé "capelina".

- des chaussures noires de modèle ancien.
Les avant-bras sont recouverts par des mitaines noires. Les dessous comportent un jupon et un pantalon serré au genou par des rubans, ainsi que des bas de coton blanc.

 

Source : D'après "Costumes niçois - Des vêtements populaires du XIXe siècle aux costumes folkloriques actuels" Dominique Veux-Rocca.

 

 
Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Costume provençal - Communauté : Dans la vieille armoire...
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Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 00:00

 

Velaux est un village des Bouches-du-Rhône. L’association "L'estrambord" a vu le jour officiellement en février 1973 sous l’impulsion de son créateur, malheureusement aujourd’hui disparu, Jean-Luc Gabalda. Sa maman, Marcelle Gabalda, en assura la présidence pendant de longues années, avant d’être relayée par Gabriel Melih. Mireille Julien est désormais l’actuelle animatrice de L’Estrambord.
Affilié à la fédération folklorique méditerranéenne, à la confédération des groupes folkloriques français, reconnu d’utilité publique, la mission que s’est fixée le groupe est de conserver et de défendre tout ce qui, dans la vie propre de Velaux, peut se rattacher à la Provence et à ses traditions en faisant revivre le passé grâce aux archives municipales magnifiquement conservées et aux musées régionaux.
Avec 40 membres actifs, de 4 à 75 ans, l’Estrambord qui signifie "Joie de vivre, enthousiasme" croit en cette maxime de l'écrivain Yvan Audouard :
"On ne peut pas avoir d’avenir si on n’a pas de passé".

http://www.velaux.net/article.php3?id_article=238

 

J'ai trouvé ce défilé de costumes vraiment très intéressant et j'ai voulu vous en faire profiter. Est-ce que cela vous plaît ? 

  


Défilé de costumes provençaux
envoyé par provencetv.

Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Costume provençal - Communauté : Dans la vieille armoire...
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Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /Mai /2010 00:00

   

Comtadine-dans-les-oliviers.jpg 

En Provence, quand les jeunes filles commençaient à chercher dans leur entourage un galant qui pût répondre à leurs aspirations, les jeunes provençaux avaient un bon moyen de connaître les sentiments de celles-ci à leur égard. Ils utilisaient le langage des foulards, ce carré de soie ou de coton aux couleurs vives qu'ils achetaient dans les foires et qu'ils portaient plusieurs dimanches de suite. Lorsque l'un d'eux rencontrait une jeune fille qu'il aimait sans jamais le lui avoir avoué, il lui offrait un foulard.
Si la belle acceptait le foulard pour le porter, l'amoureux avait déjà gagné sa sympathie. Plus encore, si la jeune fille acceptait d'échanger ce foulard contre le sien, elle prenait vis-à-vis de son galant un engagement que la petite communauté prenait en compte.
Les marchés, les foires, les romérages (fêtes religieuses) étaient donc autant d'occasions pour la jeunesse provençale de faire des rencontres et de déclarer publiquement ses amours. Car on vivait jadis de manière plus collective qu'on ne le fait aujourd'hui, et lorsqu'un jeune homme s'éprenait d'une jeune fille, il se devait de le déclarer publiquement, tant vis-à-vis de ses parents que de ses amis. D'ailleurs, les choses de l'amour passaient difficilement inaperçues dans nos petits villages !

Source : D'après l'Almanach de la mémoire et des coutumes - Provence -
Claire Tiévant - Editions Albin Michel
 

 

Foulard-lecture.JPG

 

Foulard-copie-2.jpg

 

Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Costume provençal - Communauté : Dans la vieille armoire...
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